vendredi 22 avril 2022

Bienvenue en Republika e Shqipërisë


Nous voilà aux « pays des Aigles » depuis presque 3 semaines et nous avons repris un rythme de déplacement un peu plus soutenu. De prime abord quand on pense tourisme ce n’est pas vraiment l’Albanie qui vient à l’esprit mais détrompez-vous, quand on découvre les immenses complexes touristiques le long de la Riviera albanaise on devine aisément que la saison estivale doit être haute en couleur. Après un passage de frontière on ne peut plus fluide, 10 minutes max montre en main et un douaner avec un sourire jusqu’au képi, nous arrivons sur la route qui longe la Riviera et notre objectif est de la remonter jusqu’à Fier avant d’aller faire un tour à l’intérieur des terres. La Riviera Albanaise c’est un peu plus d’une centaine de kilomètres de côtes au bord de la Mer Ionienne entre Sarandë et Vlorë. Quelques longues plages, des falaises, des criques, des villes balnéaires encore endormies au mois de d’avril mais toujours une eau bleu turquoise impressionnante. Cependant on sent que l’activité s’apprête à reprendre : on repeint les façades ici, on nettoie là les chambres d’hôtels, on replante les jardins et on ressort les tables des restaurants. D’ici un mois tout devrait être prêt pour accueillir les estivants de tout bord : locaux, allemands et italiens principalement. 

Premier stop à Ksamil




Réparation du treuil avant l'orage...

2eme stop a Sarandë




La vertigineuse Llogara Pass

Mais en haut... une mer de nuages



En attendant, nous, on peut encore se poser n’importe où et les albanais nous réservent un accueil super chaleureux. A notre grande surprise les personnes que nous rencontrons en nous baladant où en faisant nos courses parlent toutes plus ou moins anglais (au moins les plus jeunes), sont particulièrement serviables et sont très curieuses de savoir qui nous sommes et d’où nous venons. Elles cherchent le contact ce qui est fort sympa même si la langue albanaise ne facilite pas les choses. Le moindre mot est long, compliqué et imprononçable : Bonjour = përshëndetje, Au revoir = mirupafshimfe et merci = faleminderit. Franchement, retenir trois mots demande un bel effort et je crois que le Lion y a très tôt renoncé. Du coup il marmonne à chaque fois un truc en yaourt qui donne l’illusion phonétique et me fait beaucoup rire. Heureusement certains mots sont plus simples : on trouve des garazh, des stations de lavazh pour voitures et camions, des gomerista avec des montagnes de pneus neufs et usagés. 

La Citrouille passe au lavazh !

Et puis il y a aussi les mots liés à la nourriture. Une carte de restaurant vous proposera toujours des sallatat, des omëletë ou des piceri… Si vous avez un doute sur le 3ème mot il s’agit de la pizza. En fait la cuisine albanaise est aussi bien influencée par la Grèce ( beaucoup de tzatziki, de salades avec feta, tomates et concombre, feuilles de vignes ou des Gyros) que par la Turquie (les boulettes Kofte sont légions, comme les kebabs ou les böreks ) avec quelques spécialités locales comme les intestins et la panse de moutons ou le fameux Fërgesë Bishqemi un sorte de crème de poivrons rouges, tomates mixée avec un cottage cheese albanais le tout servi dans une cassolette en argile avec du pain au maïs. Bien sûr au bord de mer les poissons grillés sont légion mais aussi les pâtes au fruit de mer car l’Italie est très présente. Je n’ose penser que ce soit un reste de l’occupation fasciste de la 2nde guerre mondiale, mais plutôt la proximité géographique car quand vous êtes à Vlorë vous pouvez presque apercevoir Brindisi. Bref vous l’aurez compris après avoir été un peu frustré en Grèce où tout était fermé et où nous n’avons même pas pu manger une moussaka en 3 mois, ici on en profite d’autant que les prix sont bas et qu’il y aussi plein d’épiceries partout qui vendent de magnifiques fruits et légumes locaux… on a attaqué la saison des fraises à mon plus grand bonheur.

Une soupe locale... mais on ne sait tjs pas a base de quoi


Et voila les intestins de mouton... pas mauvais du tout !


On découvre également qu’il n’y a pas qu’au travers de la cuisine que l’Italie est présente mais aussi parce que les vieux albanais parlent italiens et que les plages sont littéralement couvertes de parasols soigneusement alignés les uns à côté des autres sur 4 ou 5 rangs façon Rimini. Une fois de plus je ne suis pas sûre d’avoir envie de voir ce que ça donne en Juillet. Mais la mer est d’un bleu turquoise superbe et les abords ne sont pas trop sales. Bon attention tout est relatif, on arrive de Grèce qui est une décharge à ciel ouvert donc si les poubelles ne débordent pas et que l’on ne bivouaque pas dans un océan de lingettes et de bouteilles en plastique, finalement on trouve que c’est propre. 

Ils nous prêtent un bout de terrain !



Beaucoup d'oliviers en Albanie


Monastère Shën Mërisë sur une petite île


On ne se plaint pas de la vue depuis notre fenêtre...

Une des premières choses qui surprend en arrivant en Albanie ce sont ces « champignons » de bétons qui sont partout présents le long des routes, dans les champs et même dans les rues en ville. Il s’agit de bunkers… et oui Enver Hoxha (le tristement fameux dictateur communiste qui a réduit l’Albanie en esclavage de 1945 à 1985) en avait fait un symbole et a fait construire 170 000 casemates pour la grandeur de la République Populaire Socialiste d’Albanie. Cela représente quand même 6 bunkers au kilomètre carré… qui n’ont servi à rien si ce n’est à épuiser les ressources du pays. Evidemment à la chute du communisme en 1990 les bunkers furent abandonnés et seuls certains sont réutilisés à ce jour en café, entrepôts ou cabanes de jardin. A Tirana, 2 d’entre eux ont été réhabilité en musés pour dénoncer les horreurs de ce régime. Autre particularité de l’Albanie : son parc automobile composé à 45% de Mercedes. Officiellement c’est parce que les routes sont mauvaises et la Mercedes est très résistante. Dans les faits si toutes ne sont pas de première jeunesse, on n’a jamais croisé un aussi grand nombre de Mercedes G, V8, et même des Maybach. Et je ne parle pas des Cayennes ou Range Rover sport. Comme quoi, même si le pays n’est pas riche il n’y a pas que des pauvres…et comme dirait le Lion s’il faut 10 000 pauvres pour faire un riche, ici il y a tellement de pauvres que c’est plus facile de devenir riche. 

Le bunker urbain...


Parmi les impasses du développement albanais il y a les routes. Tant que vous restez sur les « nationales » tout va bien mais si l’envie vous prend de suivre quelques routes secondaires alors tout est possible : trous (version nids d’autruche), étroitesse des files (il faut croiser les doigts pour ne croiser personne) voir arrêt brutal du goudron au profit d’une piste de terre totalement défoncée. Nous en avons fait les frais en voulant suivre le canyon d’Osumi. On a dû renoncer à la boucle initialement prévue sur google maps car après 50km d’un goudron plus ou moins correct on a débouché sur 25 km de pistes au travers des montagnes sans aucune garantie que l’on puisse passer. Avec un 4x4 généralement pas de problème mais sans indication et avec un camion de 6t et 3m5 de haut même 4x4… rien ne garantit que l’on ne reste pas coincé. Comme dit le Lion tout va bien mais il suffit de 10m pour être dans la panade (et je suis polie). Bref, demi-tour et retour sur Berat. La ville, classée au patrimoine de l’UNESCO, est juste superbe et vaut vraiment que l’on s’y arrête. Dominée par une citadelle escarpée elle est surnommée la ville aux 1000 fenêtres ou plus exactement la ville « des fenêtres sur fenêtres » en albanais. C’est en regardant les vieux quartiers de Gorica et de Mangalem que l’on comprend pourquoi. Nous posons la Citrouille au bord de la rivière et commençons notre exploration. Une atmosphère paisible en cette fin de matinée les terrasses des bars sont pleines d’hommes qui boivent du café et qui s’attroupent dans le parc pour jouer aux dominos ou aux échecs. Assis sur des bancs, les tables en pierre sont couvertes d’un morceau de carton sur lesquels ils font bruyamment claquer les pièces. Vers midi, le Muezin lance son appel du haut du minaret qui fait face à l’Eglise orthodoxe. Ici l’Islam est très modéré, pas de femmes voilées et on n’a pas l’impression d’être en plein Ramadan. Lentement on se dirige vers la citadelle, mais pour y accéder c’est la montée de la mort qui tue ! Une ruelle qui n’en finit pas de monter et dont les panneaux 10% de côte nous font bien rigoler (jaune). Mais lentement et surement on rejoint le château qui est en fait une citadelle, un vrai quartier de vie à l’intérieur des fortifications avec d’étroites ruelles pavées bordées de maisons en pierre d’un autre âge. Franchement la vue du haut de la citadelle vaut la grimpette. On domine la ville basse traversée par l’Osumi, entourées de collines verdoyantes parsemées de maisons blanches et cernée par les montagnes encore enneigées. Et puis la descente est plus simple et en bas c’est le moment de déjeuner ou de boire un verre le long de Bulevardi Republika, grande avenue piétonne qui le soir venu se remplie d’une foule fort sympathique ou familles et groupes d’adolescents déambulent. C’est à Berat que nous rencontrons Elodie, Jake et Maloa, une famille de français qui voyage en poids lourd. Elodie fait aussi partie du groupe FB Les filles du Bitumes et nous nous suivons plus ou moins depuis la Roumanie. On a souvent échangé des bons plans de spots pour se poser mais jusqu’ici nous nous étions ratés. Retard rattrapé puisque l’on va aussi se retrouver à la réserve de Divjake à la recherche des Pélicans frisés (ils sont supposés être là mais impossible des apercevoir) et à Tirana où nous passerons un chouette soirée autour d’un cocktail (voir 2). 

Berat quartier ottoman de Gorica

Et là, en face, le quartier chrétien de Mangalem

Les parties de dominos sont très disputées et le public présent !

Ca grimpe !


dans la citadelle...


En route pour le Canyon d'Osumi




il fait beau on en profite !

Le lion a une nouvelle copine !


Et maintenant la Lagune de Divjakë: mais où sont les pélicans ?




Pas pratique comme méthode de pêche...


Ils sont par là mais où?


Tirana… comme à chaque fois, la question de la Capitale c’est où se poser avec la Citrouille. Cette fois ci nous tentons de trouver un hôtel avec parking. On envoie une batterie de mails en règle aux hôtels supposés avoir un parking en précisant bien les dimensions de la bête. Sur les 6 envois, 2 me répondent que ça ne va pas être possible. Un 3eme me dit que c’est ok mais qu’il faudra passer par derrière l’hôtel. En arrivant sur place on comprend pourquoi : l’accès au parking se fait au travers d’un portique à moins de 3m. Bon on commence à faire le tour du quartier mais plus on avance plus on découvre que sorti des grandes avenues on arrive aussitôt sur un dédale de ruelles bordées de voitures posées en vrac de partout. Xtian fait tout son possible pour ne pas toucher, rentre les rétroviseurs, serre les fesses. Malheureusement impossible de tourner dans la dernière impasse pour accéder au parking de l’hôtel. Trop étroit et avec un morceau de balcon que l’on manque de démonter en frottant le pare branche (qui lui va s’en souvenir). Maintenant il nous faut faire marche arrière sans emboutir les voitures. On se dirait dans un souk c’est juste l’enfer et par 2 fois on va se retrouver tout simplement coincés sans pourvoir avancer ni reculer. Par chance à chaque fois un mec a pu bouger une voiture pour nous sortir de là et le Lion ne perd pas son sang-froid. Direction le deuxième hôtel…qui nous a dit avoir de « big places de parking » : rebelote, on se retrouve dans les ruelles mais on décide de s’arrêter sur une place et de partir voir le parking à pied. Moyennant une savante marche arrière ça devrait passer mais le dernier virage est quasiment impossible à négocier, on va arracher le pare-choc d’un voiture « garée » dans le virage. Là encore pour s’en sortir il nous faut éviter les fils électriques qui pendent en travers de la rue et monter sur le trottoir enfin libéré. Tout ça pour accéder à un couloir derrière l’hôtel où peuvent s’enfiler 3 voitures les unes derrière les autres. Problème il y en a déjà une et du coup on déborde sur le trottoir. Ça n’a pas l’air de déranger le gars de l’hôtel donc nous non plus. Quant à celui qui est garé devant… il devra patienter s’il veut sortir. Ouf ! On gagne notre chambre et on commence à décompresser. Xtian active la télécommande de la TV car son plaisir est de mater les chaines locales sans sous-titre. Raté, rien ne marche. Je redescends à la réception (ben oui il n’y a pas de téléphone dans la chambre) pour demander de l’aide quand le jeune homme à la réception me dit que c’est normal c’est 6€ par nuit de supplément pour avoir la TV. Vous y croyez vous ? C’est la première fois de ma vie que je dois payer un supplément TV à l’hôtel. Bon au final après avoir bien râler, c’est pas grave on s’en passera d’autant qu’on a un forfait internet avec data illimitées. Nous voilà prêts à découvrir la capitale. Pour être honnête il n’y a pas grand-chose à voir à Tirana en terme de monuments, mis à part le Musée de l’espionnage qui montre comment toute la population était surveillée durant la Dictature ou les 2 bunkers réhabilités pour dénoncer les exactions de ce régime communiste particulièrement rude. C’est assez impressionnant d’imaginer que la chute de la dictature n’a eu lieu qu’en 1990 et qu’à ce moment-là le pays n’avait pas vraiment évolué depuis la 2nde Guerre Mondiale. Aujourd’hui Tirana est en pleine mutation, les anciens bâtiments communistes sont en rénovation pour les valoriser comme patrimoine touristique, il y a des chantiers de gratte-ciel à tous les coins de rue et un nombre de bars et restaurants branchés à faire pâlir d’envie les parisiens. Notre hôtel est à 2 pas du quartier de Blloku, ce quartier autrefois fermé était réservé à l’élite du parti et Enver Hoxha y avait sa résidence. Aujourd’hui on y trouve des dizaines de restaurants tendance, des bars à cocktails, et des boutiques chics et branchées. J’ai même pu y trouver une boutique de thé digne du Palais des Thé ou de La Companie Coloniale, le patron y parlait un français parfait et l’ambiance sonore c’était France Culture. Alors on ne va pas cracher sur un ou deux mojitos accompagnés d’une plancha charcuterie fromage tout à fait succulente. Et même si les prix y sont élevés pour le pays, on est loin de rivaliser avec le moindre bar à vin français. En même temps à 2 pas de là, autour de la Mosquée Et’hem Bey on se croirait dans le souk d’Istanbul. Une myriade d’échoppes collées les unes aux autres vendent des valises Louis Vuitton, des T-Shirts Gucci, des survêtements Lacoste et même des foulards Hermes (si si avec une vraie étiquette). Moi, j’y ai trouvé une paire de Converse (avec le vrai logo ) pour 11€. Que du bonheur ! Sinon une petite visite au marché nous a permis d’acheter une bouteille de Raki artisanal à la prune. Le Raki c’est l’alcool national qui est bu en toute occasion. Il s’agit d’une eau de vie distillée avec tous les fruits disponibles, le plus souvent du raisin et on a une bonne grappa, nous on a choisi du Raki Kumbelle c’est-à-dire une eau de vie de prune très parfumée et absolument succulente. Indispensable pour digérer la tripe de moutons… En résumé, 2 jours et demi à Tirana c’est amplement suffisant pour voir une autre facette du pays. 



Mère Theresa, l'îcone albanaise


Le monument de l'Amitié

La place Skanderbeg, le symbole de Tirana avec l'Opera

La villa de Even Hoaxha très années 70 au coaur de Blloku

Rien de tel qu'un mojito au Radio bar avec des potes.

Cathédrale Orthodoxe "Résurrection du Christ"

                                               



Au marche, du tabac au poids comme les tomates


Et pour finir un peu de street art albanais.











Départ ce matin pour un retour sur la côte au bord de la Lagune de Patok. On a pu quitter le parking de l’hôtel sans problème (ouf !) et l’automobiliste à qui nous avions arraché le pare-choc n’est pas venu se manifester, comme quoi ce genre de désagrément ne doit pas être si rare. Mais il nous a fallu plus d’une heure pour se sortir des embouteillages sans se faire accrocher par automobilistes albanais qui n’ont peur de rien, s’arrêtent n’importe où sans prévenir, changent de file à tout bout de champs et forcent le passage à chaque carrefour. Une épreuve nerveuse pour le Lion qui retrouve ses esprits, posé au bord de l’eau… mais avec un vent à décorner les bœufs. Pour la suite on va continuer vers le Nord… et on vous racontera dans un prochain post !


Bisous à tous !


mardi 5 avril 2022

Un long hiver en Grèce…

 


Et bien nous revoilà, certains se sont inquiétés de notre silence, d’autres nous ont envoyé des messages, alors on vous rassure nous allons parfaitement bien mais nous sommes passés en mode hibernation durant tout cet hiver. Non pas que nous ayons fait vœux de silence mais notre rythme s’est passablement ralenti et notre aventure avec Monsieur Chat nous a bien occupé. 


Lors du dernier post je vous racontais notre rencontre avec le plus merveilleux des félidés. Un chat/chien qui nous a adopté en un éclair et qui a pris ses quartiers dans la Citrouille. Je vous disais aussi que ce matou était enrhumé et malheureusement 48h après nous effectuions notre première visite chez le vétérinaire. Ce ne fut pas la dernière car Monsieur Cat était atteint du Typhus, du Coronavirus des chats et d’une gardiose (parasite intestinal). Bref un trio mortel qui l’a contraint de passer une semaine sous perfusion chez le vétérinaire. 

Un temps mis à profit pour visiter la région mais aussi pour avoir notre 3ème dose de vaccin. Aucun souci ici, après avoir obtenu notre numéro de sécu local temporaire, en 48h nous avions un rendez-vous au centre de santé et 48h après on retournait au customer service pour se faire imprimer le certificat. 





8 jours plus tard Monsieur Chat est un warrior et il s’en est sorti. Nous avons alors tout fait pour l’emmener avec nous et en faire un warrior aventurier. Un mois à se déplacer dans la région, à tester les bivouacs, à voir s’il s’habituait à la vie en camion. Hélas, alors que nous croyions que ce rêve devenait réalité, Monsieur Chat a soudainement été pris de crises d’angoisse proche de l’hystérie. Il s’est mis à avoir peur de tout (de son ombre, d’un lacet, de la taie d’oreiller, du pied de la table…) et à stresser un max. Une ultime visite chez le vétérinaire nous a confirmé qu’il n’y avait pas de problème physique mais « juste » comportemental. Nous avons alors mis Monsieur Chat sous anxiolytiques pendant 5 jours pour qu’il retrouve de la sérénité puis un traitement de fond sur plus de 2 semaines que nous avons décidé de suivre en retournant sur la plage où il était né et où nous l’avions rencontré. Il a tout doucement repris confiance dans son fief mais malheureusement nous avons aussi réalisé que tout allait bien parce que nous étions « sédentaires ». Et la perspective d’une récidive loin de son coin de Grèce nous a fait comprendre que ce serait très difficile pour lui et pour nous. L’idée de le perdre dans un endroit où il ne serait pas chez lui avec tous les risques qu’il aurait à affronter nous a fait réfléchir et après avoir encore passé plus d’une semaine à être sûr qu’il était en pleine forme nous l’avons rendu à sa liberté. Je ne vous cache pas que j’en suis encore traumatisée et que j’ai passé des jours à pleurer et des nuits à entendre son fantôme miauler derrière la porte. Mais malgré une immense culpabilité, nous avons repris la route au bout de 2 mois. Je lui souhaite une longue vie !





Voilà vous savez maintenant ce qui nous a occupé et je dois aussi avouer que les jours qui ont suivis ont été très tristes et jusqu’à aujourd’hui il m’était impossible de raconter cette aventure.

Direction le sud donc, enfin le sud de la Grèce septentrionale car nous avons décidé de ne pas aller dans le Péloponnèse. Après 2 mois dans le Kalkidiki, nous longeons la côte de la Mer Egée, jusqu’au Golfe Pagasétique (hi hi hi j’imagine les plus courageux d’entre vous le nez dans Google maps). L’occasion pour nous de repasser par la plage où nous étions restés plus d’un mois en 2019 et de rendre une petite visite au super garagiste qui nous avait soudé le réservoir auxiliaire. En effet la durite entre le bouchon de remplissage et le réservoir auxiliaire a rendu l’âme. Le Lion a bricolé une réparation de fortune pour pouvoir y remettre 20l de gasoil et donc avoir de l’eau chaude (ben oui sans ça c’est chauffage de l’eau à la casserole). Mais là, nous ne sommes pas déçus du service. En l’espace de 2 heures, le garagiste démonte la durite existante (ce qui signifie démonter tout le bouchon de remplissage), se procure la bonne durite qui résiste au gasoil et à la bonne dimension et nous remonte le tout. Le temps pour nous de déjeuner, de prendre un café et nous voilà repartis. 

Longer la côte en plein mois de mars n’est sans doute pas l’idée du siècle, les paysages sont très beaux, la météo oscille entre grand soleil et pluie diluvienne mais tous les villages que nous traversons sont morts ! La Grèce est apparemment un pays qui vit à mi-temps : l’été ça vibre de la présence d’une foule de touristes, bars et restaurants pleins et l’hiver… même le supermarché est fermé en hibernation. Trouver du pain peut se révéler être un challenge, du coup Le Lion s’est remis à en faire et je dois avouer que c’est un vrai plaisir. A Achilleio, Dimitri nous explique que le restaurant est « peut-être » ouvert à partir de 6h mais il n’en est pas sûr (après être passé devant, nous non plus d’ailleurs) du coup il revient quelques heures après nous apporter de la salade de son jardin. C’est sympa mais je dois avouer un peu dépriment parfois. Notre objectif est de rejoindre Thermopiles où Lise (notre copine en Bulgarie) nous a recommandé les sources chaudes. Comme nous ne sommes pas pressés un petit détour par l’île d’Eubée nous séduit bien. Nous y arrivons le lundi 7 mars et on s’interroge sur la présence de tant de monde aux terrasses et sur les plages. En fait il s’agit du Lundi Pur, un jour férié pour fêter la fin du Carnaval et le début de la période de Carême jusqu’à Pâque. Il semble que la tradition soit de faire voler de petits cerfs-volants et de pique-niquer sur les plages. On profite donc de cette ambiance et on ne le regrettera pas… dès le lendemain et en 3 jours il tombera plus d’un mètre de neige et les routes (où devrais je dire LA route) qui traverse la montagne et n’est déneigée que sur une seule file. Pas facile avec la Citrouille et on croise les doigts pour ne rencontrer personne (je sais, vous nous trouvez incohérents une fois on veut du monde et le lendemain on souhaite ne croiser personne). Par contre les paysages sont sublimes et voir les oliviers recouverts d’une épaisse couche blanche est assez inhabituel, sans parler des voitures garées devant les maisons qui ont disparues sous la neige. 

sous la neige : le sable !







Alors c’est beau mais c’est froid et nous, en mars on a quand même hâte d’être au printemps. Heureusement à notre arrivée à Thermopiles le soleil est revenu et nous pouvons profiter de cette rivière fumante. L’eau coule ici à 38°, et les voyageurs font volontiers une halte en remontant du Péloponnèse sur la route des Météores. Nous sommes plusieurs fourgons, camions et autre camping-car à en profiter, l’ambiance est bon enfant du matin au soir. Après avoir profiter pendant 3 jours des piscines naturelles nous reprenons la route du Sud au travers des Monts Parnasses. 







Le grand vainqueur de la bataille de Thermopiles : le roi Leonidas !

Prochain objectif le Golfe de Corinthe, puis Patras avant de remonter le long des côtes de la Mer Ionienne. Là nous sommes surpris par un vent qui aurait pu décorner tous les taureaux de Camargue et malheureusement la porte côté passager va en faire les frais. Il va nous falloir trouver un Iveco ou un carrossier si je ne veux pas faire la fin du voyage en passant par le côté conducteur. Ce sera fait à Agrinio, où nous avons rencontré quelqu’un qui connait un garagiste qui connait un carrossier qui nous règle ça en moins de 15 minutes. Le plus long aura été de l’identifier et de le trouver derrière un marchand de pneus caché en contre bas à partir de la 2ème moitié de la contre-allée.


Quand il y a trop de vent tu te caches derrière l'Eglise !

Ca y est on peut continuer vers Lefkada, une charmante ville avec un joli port et tout plein de bars, de restaurants, des magasins et même de vieux moulins abandonnés sur la plage. Ca sent le printemps et ça fait du bien de voir du monde, de boire un café dans une rue piétonne, de se balader, même si côté bivouac on préfère se retirer au cœur des marais et loin du parking à camping-car. 






D’ailleurs nos prochains bivouacs seront particulièrement isolés au milieu du Golfe Ambracique à Koronisia. Impossible de vous décrire l’endroit je préfère vous mettre une photo de la carte mais c’est juste magnifique, avec une belle balade pour aller boire un café dans le seul bar du village ouvert face à la mer. La encore nous sommes surpris par le monde en terrasse pour un vendredi… et c’est bien normal car il s’agit du 25 mars, Jour de la Fête Nationale Grecque. Bon à Koronisia les festivités sont limitées mais le soleil est au rendez-vous et on profite dignement avant de décider de retourner passer le reste du week-end à Prevenza. Parce qu’au bout du monde c’est calme mais question réseau c’est pas ça, hors le Tournois des VI Nations et le grand prix F1 d’Arabie Saoudite n’attendent pas. Prevenza dispose d’une Marina digne de celles de la Côte d’Azur. Les catamarans luxueux sont alignés le long du quai et le petit personnel s’agite pour les préparer avant l’ouverture de la saison. Entre deux coups de chiffons sur les chromes, certains en profitent pour boire un verre ou un café sur le ponton arrière à la manière de leurs richissimes propriétaires. Les tavernes dans les rues piétonnes sont pleines de touristes locaux et c’est vrai que manger des calamars grillés en buvant de l’ouzo en terrasse nous donne l’impression que les beaux jours arrivent. Enfin presque parce qu’une petite veste n’est pas superflue quand même.  







Nous arrivons doucement à Igoumenitsa, notre dernière étape grecque, plus de 3 mois et demi déjà que nous sommes arrivés. Alors Igoumenitsa c’est généralement là que les ferries en provenance d’Italie arrivent et c’est tout près de Qafé Boté la frontière avec l’Albanie. Nous sommes censés y trouver un Iveco pour faire la révision du camion mais comme de bien entendu le livret du constructeur n’est pas à jour et il y a belle lurette qu’Iveco n’existe plus là-bas. On a donc recours au bouche à oreille afin de trouver le garagiste qui connait le garagiste qui saura nous faire une révision, pas le plus simple pour un camion. Là encore coup de chance puisque nous trouvons un électricien auto qui va passer tous les coups de téléphones nécessaires pour nous dégoter la perle rare introuvable sans aide là encore, car perdu sur une ancienne route quasiment inutilisée depuis l’ouverture de l’autoroute et sans enseigne. Mais le garagiste est super sympa, dispose de tous les filtres et les huiles nécessaires. La Citrouille quittera donc la Grèce au mieux de sa forme et nous on est prêt à entamer une nouvelle étape vers les terrae incognita albanaises.

Parga sur la route d'Igoumenitsa


On est bien au milieu des oliviers centenaires

Pas trop de monde sur la plage, c'est bon pour la sieste.

Verification de l'huile de pont ! Check !

A bientôt les amis !

Yassas !