Et bien nous revoilà, certains se sont inquiétés de notre
silence, d’autres nous ont envoyé des messages, alors on vous rassure nous
allons parfaitement bien mais nous sommes passés en mode hibernation durant
tout cet hiver. Non pas que nous ayons fait vœux de silence mais notre rythme s’est
passablement ralenti et notre aventure avec Monsieur Chat nous a bien occupé.
Lors du dernier post je vous racontais notre rencontre avec le plus merveilleux
des félidés. Un chat/chien qui nous a adopté en un éclair et qui a pris ses
quartiers dans la Citrouille. Je vous disais aussi que ce matou était enrhumé
et malheureusement 48h après nous effectuions notre première visite chez le
vétérinaire. Ce ne fut pas la dernière car Monsieur Cat était atteint du Typhus,
du Coronavirus des chats et d’une gardiose (parasite intestinal). Bref un trio
mortel qui l’a contraint de passer une semaine sous perfusion chez le
vétérinaire.
Un temps mis à profit pour visiter la région mais aussi pour avoir
notre 3ème dose de vaccin. Aucun souci ici, après avoir obtenu notre numéro de
sécu local temporaire, en 48h nous avions un rendez-vous au centre de santé et
48h après on retournait au customer service pour se faire imprimer le certificat.





8 jours plus tard Monsieur Chat est un warrior et il s’en est sorti. Nous
avons alors tout fait pour l’emmener avec nous et en faire un warrior
aventurier. Un mois à se déplacer dans la région, à tester les bivouacs, à voir
s’il s’habituait à la vie en camion. Hélas, alors que nous croyions que ce rêve
devenait réalité, Monsieur Chat a soudainement été pris de crises d’angoisse
proche de l’hystérie. Il s’est mis à avoir peur de tout (de son ombre, d’un
lacet, de la taie d’oreiller, du pied de la table…) et à stresser un max. Une
ultime visite chez le vétérinaire nous a confirmé qu’il n’y avait pas de problème
physique mais « juste » comportemental. Nous avons alors mis Monsieur
Chat sous anxiolytiques pendant 5 jours pour qu’il retrouve de la sérénité puis
un traitement de fond sur plus de 2 semaines que nous avons décidé de suivre en
retournant sur la plage où il était né et où nous l’avions rencontré. Il a tout
doucement repris confiance dans son fief mais malheureusement nous avons aussi
réalisé que tout allait bien parce que nous étions « sédentaires ».
Et la perspective d’une récidive loin de son coin de Grèce nous a fait
comprendre que ce serait très difficile pour lui et pour nous. L’idée de le
perdre dans un endroit où il ne serait pas chez lui avec tous les risques qu’il
aurait à affronter nous a fait réfléchir et après avoir encore passé plus d’une
semaine à être sûr qu’il était en pleine forme nous l’avons rendu à sa liberté.
Je ne vous cache pas que j’en suis encore traumatisée et que j’ai passé des jours
à pleurer et des nuits à entendre son fantôme miauler derrière la porte. Mais
malgré une immense culpabilité, nous avons repris la route au bout de 2 mois. Je
lui souhaite une longue vie !




Voilà vous savez maintenant ce qui nous a occupé et je dois
aussi avouer que les jours qui ont suivis ont été très tristes et jusqu’à aujourd’hui
il m’était impossible de raconter cette aventure.

Direction le sud donc, enfin le sud de la Grèce
septentrionale car nous avons décidé de ne pas aller dans le Péloponnèse. Après
2 mois dans le Kalkidiki, nous longeons la côte de la Mer Egée, jusqu’au Golfe
Pagasétique (hi hi hi j’imagine les plus courageux d’entre vous le nez dans
Google maps). L’occasion pour nous de repasser par la plage où nous étions
restés plus d’un mois en 2019 et de rendre une petite visite au super garagiste
qui nous avait soudé le réservoir auxiliaire. En effet la durite entre le bouchon
de remplissage et le réservoir auxiliaire a rendu l’âme. Le Lion a bricolé une
réparation de fortune pour pouvoir y remettre 20l de gasoil et donc avoir de l’eau
chaude (ben oui sans ça c’est chauffage de l’eau à la casserole). Mais là, nous
ne sommes pas déçus du service. En l’espace de 2 heures, le garagiste démonte
la durite existante (ce qui signifie démonter tout le bouchon de remplissage),
se procure la bonne durite qui résiste au gasoil et à la bonne dimension et
nous remonte le tout. Le temps pour nous de déjeuner, de prendre un café et nous
voilà repartis.

Longer la côte en plein mois de mars n’est sans doute pas l’idée
du siècle, les paysages sont très beaux, la météo oscille entre grand soleil et
pluie diluvienne mais tous les villages que nous traversons sont morts !
La Grèce est apparemment un pays qui vit à mi-temps : l’été ça vibre de la
présence d’une foule de touristes, bars et restaurants pleins et l’hiver… même
le supermarché est fermé en hibernation. Trouver du pain peut se révéler être
un challenge, du coup Le Lion s’est remis à en faire et je dois avouer que c’est
un vrai plaisir. A Achilleio, Dimitri nous explique que le restaurant est « peut-être »
ouvert à partir de 6h mais il n’en est pas sûr (après être passé devant, nous
non plus d’ailleurs) du coup il revient quelques heures après nous apporter de
la salade de son jardin. C’est sympa mais je dois avouer un peu dépriment
parfois. Notre objectif est de rejoindre Thermopiles où Lise (notre copine en
Bulgarie) nous a recommandé les sources chaudes. Comme nous ne sommes pas pressés
un petit détour par l’île d’Eubée nous séduit bien. Nous y arrivons le lundi 7
mars et on s’interroge sur la présence de tant de monde aux terrasses et sur
les plages. En fait il s’agit du Lundi Pur, un jour férié pour fêter la fin du
Carnaval et le début de la période de Carême jusqu’à Pâque. Il semble que la
tradition soit de faire voler de petits cerfs-volants et de pique-niquer sur
les plages. On profite donc de cette ambiance et on ne le regrettera pas… dès
le lendemain et en 3 jours il tombera plus d’un mètre de neige et les routes (où
devrais je dire LA route) qui traverse la montagne et n’est déneigée que sur
une seule file. Pas facile avec la Citrouille et on croise les doigts pour ne rencontrer
personne (je sais, vous nous trouvez incohérents une fois on veut du monde et
le lendemain on souhaite ne croiser personne). Par contre les paysages sont
sublimes et voir les oliviers recouverts d’une épaisse couche blanche est assez
inhabituel, sans parler des voitures garées devant les maisons qui ont
disparues sous la neige.  |
| sous la neige : le sable ! |
Alors c’est beau mais c’est froid et nous, en mars on
a quand même hâte d’être au printemps. Heureusement à notre arrivée à
Thermopiles le soleil est revenu et nous pouvons profiter de cette rivière fumante.
L’eau coule ici à 38°, et les voyageurs font volontiers une halte en remontant
du Péloponnèse sur la route des Météores. Nous sommes plusieurs fourgons,
camions et autre camping-car à en profiter, l’ambiance est bon enfant du matin
au soir. Après avoir profiter pendant 3 jours des piscines naturelles nous
reprenons la route du Sud au travers des Monts Parnasses.
 |
| Le grand vainqueur de la bataille de Thermopiles : le roi Leonidas ! |
Prochain objectif le
Golfe de Corinthe, puis Patras avant de remonter le long des côtes de la Mer Ionienne.
Là nous sommes surpris par un vent qui aurait pu décorner tous les taureaux de
Camargue et malheureusement la porte côté passager va en faire les frais. Il va
nous falloir trouver un Iveco ou un carrossier si je ne veux pas faire la fin
du voyage en passant par le côté conducteur. Ce sera fait à Agrinio, où nous
avons rencontré quelqu’un qui connait un garagiste qui connait un carrossier
qui nous règle ça en moins de 15 minutes. Le plus long aura été de l’identifier
et de le trouver derrière un marchand de pneus caché en contre bas à partir de
la 2ème moitié de la contre-allée.
 |
| Quand il y a trop de vent tu te caches derrière l'Eglise ! |
Ca y est on peut continuer vers Lefkada, une charmante ville
avec un joli port et tout plein de bars, de restaurants, des magasins et même
de vieux moulins abandonnés sur la plage. Ca sent le printemps et ça fait du
bien de voir du monde, de boire un café dans une rue piétonne, de se balader, même
si côté bivouac on préfère se retirer au cœur des marais et loin du parking à
camping-car.
D’ailleurs nos prochains bivouacs seront particulièrement isolés au
milieu du Golfe Ambracique à Koronisia. Impossible de vous décrire l’endroit je
préfère vous mettre une photo de la carte mais c’est juste magnifique, avec une
belle balade pour aller boire un café dans le seul bar du village ouvert face à
la mer. La encore nous sommes surpris par le monde en terrasse pour un vendredi…
et c’est bien normal car il s’agit du 25 mars, Jour de la Fête Nationale Grecque.
Bon à Koronisia les festivités sont limitées mais le soleil est au rendez-vous
et on profite dignement avant de décider de retourner passer le reste du week-end
à Prevenza. Parce qu’au bout du monde c’est calme mais question réseau c’est pas
ça, hors le Tournois des VI Nations et le grand prix F1 d’Arabie Saoudite n’attendent
pas. Prevenza dispose d’une Marina digne de celles de la Côte d’Azur. Les
catamarans luxueux sont alignés le long du quai et le petit personnel s’agite
pour les préparer avant l’ouverture de la saison. Entre deux coups de chiffons sur
les chromes, certains en profitent pour boire un verre ou un café sur le ponton
arrière à la manière de leurs richissimes propriétaires. Les tavernes dans les
rues piétonnes sont pleines de touristes locaux et c’est vrai que manger des
calamars grillés en buvant de l’ouzo en terrasse nous donne l’impression que
les beaux jours arrivent. Enfin presque parce qu’une petite veste n’est pas
superflue quand même. 





Nous arrivons doucement à Igoumenitsa, notre dernière étape
grecque, plus de 3 mois et demi déjà que nous sommes arrivés. Alors Igoumenitsa
c’est généralement là que les ferries en provenance d’Italie arrivent et c’est
tout près de Qafé Boté la frontière avec l’Albanie. Nous sommes censés y
trouver un Iveco pour faire la révision du camion mais comme de bien entendu le
livret du constructeur n’est pas à jour et il y a belle lurette qu’Iveco n’existe
plus là-bas. On a donc recours au bouche à oreille afin de trouver le garagiste
qui connait le garagiste qui saura nous faire une révision, pas le plus simple
pour un camion. Là encore coup de chance puisque nous trouvons un électricien
auto qui va passer tous les coups de téléphones nécessaires pour nous dégoter
la perle rare introuvable sans aide là encore, car perdu sur une ancienne route
quasiment inutilisée depuis l’ouverture de l’autoroute et sans enseigne. Mais le
garagiste est super sympa, dispose de tous les filtres et les huiles nécessaires.
La Citrouille quittera donc la Grèce au mieux de sa forme et nous on est prêt à
entamer une nouvelle étape vers les terrae incognita albanaises.
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| Parga sur la route d'Igoumenitsa |
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| On est bien au milieu des oliviers centenaires |
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| Pas trop de monde sur la plage, c'est bon pour la sieste. |
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| Verification de l'huile de pont ! Check ! |
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| A bientôt les amis ! |
Yassas !