lundi 20 octobre 2025

Travaux à J+ 7 mois : on est encore vivants… et pas chauves !

 


Je vous avais promis de revenir pour le toit… j’ai un peu de retard et devant les questionnements parfois inquiets de certains, je vous rassure tout va bien, on avance.

On a maintenant quelque chose qui ressemble à une maison dans laquelle on arrive presque à se projeter. En résumé :

1/ On a des murs intérieurs et extérieurs… à la bonne place et à la bonne hauteur. Avec des joints entres les pierres de Meru de la bonne couleur.


2/ On a un toit en mabati (tôle ondulée) qui repose sur une charpente



3/ On a un enduit sur les murs et une dalle de ragréage




4/ On a une installation de plomberie qui semble tenir la route. Tout du moins avec des évacuations et des arrivées d’eaux qui semblent être au bon endroit.





5/ L’électricien à posé les câbles et les boîtes d’encastrement pour prises et interrupteurs. Bon va falloir qu’il les retrouve parce que l’équipe qui a fait l’enduit sur les murs les a entièrement recouvertes. Mais il parait qu’elles sont pleines de papier et que donc si on tape sur l’enduit ça ne « sonne pas pareil ». On vous dira si on valide la méthode kikuyu dans quelques jours.

Quand l'électricien est un jeune femme... 

6/ On a une fosse sceptique avec sa zone d’épandage… le tout creusé à la main (enfin pelle et pioche) par notre ami Kirimi à lui tout seul. C’est un mec super sympa qui ne parle que 3 mots d’anglais et qui te broie les doigts chaque matin quand tu lui tends la main pour dire bonjour. La fosse est bétonnée et ils ont tout bien rerempli avec des cailloux et la terre… sauf que les tuyaux depuis la maison ne sont pas encore installés que donc ils vont devoir enlever une partie de la terre et des pierres pour finir l’installation. Quand on vous dit faire et défaire… mais ça ne les choque absolument pas et nous de moins en moins ( si si je vous promets meme plus on s'énerve)

Et c'est que le début du trou !

Trop fier de son job Kirimi !


7/ On a des fenêtres et même que d’ici la fin de la semaine il y aura des vitres installées dessus Vous allez me dire que c’est mieux pour des fenêtres mais ici c’est 2 corps de métiers différents, un soudeur qui fait les fenêtres et un vitrier qui pose les carreaux. Vous oubliez Lapeyre, ici ça marche pas pareil. D’ailleurs ça a pris du retard parce que le vitrage était censé être de 5mm comme c’est écrit sur le descriptif mais bon vous connaissez l’histoire… il a été livré du 4mm. Retour à l’envoyeur !

Préparation du mastic même pas peur de produits chimiques



8/ On a une quantité astronomique de regards tout autour de la maison pour pouvoir intervenir sur les tuyaux d’évacuation des eaux noires et grises, mais aussi les tuyaux d’évacuation des eaux de pluie (vers le réservoir de 70 000l sous la terrasse) et aussi pour fermer les arrivées d’eau à l’entrée de chaque pièce de manière indépendante (en cas de fuite). Tout est fait pour faciliter l’intervention en cas de problème : débouchage, fuite… par sûre que je trouve ça très rassurant moi.


9/ Xtian a défini notre installation solaire et a fini par sélectionner le fournisseur.  Le bon côté de l’histoire c’est qu’il a réussi à gratter quelques milliers d’euros mais en contre partie il y a passé des heures et des heures. A chaque échange de mail, une erreur de corrigée et 2 nouvelles conneries qui apparaissent. Des dizaines de whatsapp avec des photos du technicien en train de visser le panneau solaire, du technicien penché sur une pile de batteries, du technicien posant fièrement à coté du convertisseur (pas la bonne marque mais pas grave) et malgré tout un nombre conséquent de visites de chantiers de référence… en panne. Ben oui quoi, même pas peur.

10/ L’abri pour la Citrouille a été relevé. Comme ça elle aura une place de parking dédiée à l’abri mais pour l’instant on reste dehors car on a besoin du soleil sur les panneaux et surtout on se tient éloigné du boucan du générateur et des ouvriers qui ont élu domicile sous l’abri. Lieu idéal pour faire la sieste couché dans les brouettes.


11/ La conversion des containers en « staff quarter » (logement pour les personnes qui travailleront pour nous) a commencé. Le 1er abritera 2 chambres et le 2ème une pièce à vivre avec toilette et WC. La terrasse couverte existe déjà, il y a l’eau, reste à transformer les boîtes et creuser fosse et zone d’épandage dédiée. Et à isoler l’intérieur avec du placo… ce qui a fait l’objet d’une « discussion » avec Françis (notre constructeur) qui ne voyait pas l’utilité de mettre de l’isolation. Xtian de lui expliquer en ces termes « c’est parce qu’ils sont noirs qu’il faut qu’ils habitent dans des boîtes de conserve ». Xtian 1-constructeur kikuyu 0 !


12/ On a trouvé et acheté tous les sanitaires et carrelage…à Nairobi. Un grand moment ! Quand je dis grand moment c’est pas rien… tu fais l’effort de regarder tous les sites internet en avance, tu repères ce que tu veux mais à l’arrivée…il n’ont pas le modèle en magasin. La bonne blague ! Et surtout pas facile de trouver des toilettes qui ne ressemblent pas au trône de Louis XIV avec poignées dorées incorporées.


Alors pour en arriver là autant vous dire que tout n’a pas été simple. Mais on apprend à rester zen et surtout à faire avec la méthode kényane : faire, défaire et refaire c’est toujours travailler.

Parmi les grands moments nous avons eu la modification du toit et de la façade. Ben oui trop simple sinon… on savait depuis le début que l’archi avait volontairement « zappé » un problème de jonction entre 2 pentes de toit. Mais comme le constructeur n’avait pas regardé les plans il n’avait pas anticipé non plus et c’est donc avec l’arrivée de l’équipe de charpentier que le problème est clairement apparu. Sur nos plans initiaux, sur la façade de l’entrée on a 2 pentes de toits différentes car la largeur de la maison entre cuisine et living n’est pas la même. Mais l’espace intérieur est un seule grange pièce et c’est là que ça merde… car comment opérer la jonction entre les 2 pentes de toit sans mettre de poutre et de mur de soutènement au milieu. Sur le dessin aucun problème, ça marche nickel mais dans la vrai vie …impossible. C’est con non ? Heureusement on a eu une équipe de charpentiers au top (si si je râle suffisamment de leur méthode de travail pour reconnaitre quand ils sont ingénieux) On a harmonisé les 2 pentes de toit en relevant le mur de façade mais … et oui il y a un mais, ce haut mur ne nous plaisait pas. Qu’a cela ne tienne, Françis nous a rajouté une fenêtre qui est du meilleur effet. Voilà voilà 2 jours de réflexions et on est ok. A quoi bon avoir pris une architecte ? Qui n’en est pas une.




L’équipe de charpentiers vient de la banlieue de Nairobi hors de question pour cette équipe d’équilibristes de perdre du temps, donc ils travaillent aussi le samedi jusqu’à 14h et comme le samedi le « cuistot » n’est pas là, nous voilà en train d’apprendre à faire l’african tea pour la sacro-sainte pause de milieu de matinée. En fait c’est simple tu fais bouillir 2/3 lait et 1/3 eau AVEC le thé et avec une énorme quantité de sucre. Quand tout a bouilli pendant 5 bonnes minutes tu filtres et tu sers. Le fait qu’une mzungu leur prépare le thé les amuse beaucoup et comme ils sont très polis aucun d’eux ne s’est plaint. Même si c’est pas ça




Pendant ce temps on apprend aussi tout le vocabulaire nécessaire à comprendre et se faire comprendre : les rafters, trusses, beams, hip roof et gable n’ont plus de secret pour nous. Charpente validée et toit posé sans encombre majeur.

En parallèle les électriciens nous demandent les mesures exactes pour passer les câbles avant de poser le mabati. Ils sont drôles eux…ça signifie que tu sais déjà quels éclairages tu veux et donc quel mobilier tu mets où. Une vraie prise de tête mais comme ils posent le contre-plaqué sur les poutres et avant la couverture de toit, pas le choix.

C’est là que tu découvres qu’une fois de plus le constructeur n’a pas lu son devis… il me parle de la peinture à mettre sur le contre-plaqué… euh je crois qu’on t’a expliqué 40 fois que dans la partie centrale de la maison il y a du placo au plafond entre les poutres et du makuti dans les ailes (le makuti ça ressemble à des canisses). Là il te regarde interloqué :  ah bon ???? Mais oui mon gars, il n’y a pas d’isolation ok mais hors de question d’avoir un bout de contre-plaqué peint au plafond. Xtian s’énerve mais on ne lâche pas l’affaire… au final la pose du placo a été faite cette semaine.

Autre sujet d’étonnement l’enchainement des étapes… Au programme initial : pose du placo PUIS pose du scotch de masquage sur le placo et enfin peinture des poutres. Euh, et pourquoi on peint pas d’abord les poutres avant de mettre le placo ? Hein pourquoi ? Ben parce qu’il n’y avait pas pensé, simplement. Moi j’dis ça j’dis rien mais bon, Francis est d’accord on « economisera » le scotch. Je ris mais moi je vais surtout économiser mes nerfs parce que vu la délicatesse des peintres et leur souci des finitions. Ca va pas être simple.







Et puis dans la foulée Françis veut installer les gouttières sur les fisherboards ( interpétation locale des fascia board… les bardages sur lesquels sont fixés les gouttières) Là on fait remarquer que peut être ça serait pas mal de les peindre AVANT d’y mettre les gouttières, mais bon c’est juste une suggestion, qui éviterait au peintre de se faire chier et à nous de nous arracher les cheveux. Suggestion validée (ouf !) mais nous sommes alors dans l’urgence pour trouver la bonne couleur de vert. Après 4 tentatives on arrive enfin à ce qu’on veut. Au passage chaque échantillon ici c’est un litre de peinture… Faut pas trop hésiter quand même, sinon tu as de quoi ouvrir une annexe de Castorama, mais bon comme dit le slogan «  If you like it , crown it » ( Crown c’est la marque incontestée de peinture, le Ripolin local).

La semaine prochaine plusieurs ateliers (j’ai l’impression de parler d’un programme de colonie de vacances): l’équipe qui a fait les enduits revient pour le « skimming » des murs et du sol. C’est l’étape qui consiste à polir les murs et les sabler avant la peinture ( pas de plâtre ici). En parallèle une autre équipe va faire le marouflage du placo, et la dernière va poser les briques réfractaires de la cheminée.  Dehors une autre va poser les gouttières… Et évidemment les fenêtres vont recevoir leur vitrage en 5mm, et ca c’est pas mal parce que nous sommes maintenant dans la petite saison des pluies (je précise que c’est la saison qui est petite pas les pluies) et que tous les matins grand beau alors que tous les après midi orage. Beurk !

Du coup impossible de faire venir les camions de terre pour préparer les extérieurs. Interdit de faire circuler les gros camions dans le conservancy par temps de pluie. Et on comprend pourquoi quand on voit le résultat du passage des 40t sur les chemins de terre. De méchantes ornières pour ne pas dire tranchées infranchissables


On n’est pas au bout de nos peines mais on avance… si on en croit Françis en décembre on peut acheter les meubles. Ca tombe bien ici en fin d’année il y a les soldes.

Voilà voila mais on vous rassure on fait aussi des trucs funs comme aller voir des rallyes auto dans la région du Laikipia avec nos copains. Pas mal de voir passer les voitures une bière a la main avec les éléphants en arrière-plan. Je vous rassure ces bestiaux (zèbres, éléphants ou girafes) en ont strictement rien à faire de nous.

 









Et puis on a aussi eu le plaisir de la visite de Nico et Nadia des copains qui eux aussi voyagent autour du monde en Iveco. Une semaine à rigoler, échanger, boire l’apéro et manger en parlant français pas mal non ?

On en profite pour fêter l'anniversaire du Lion


Soirée cocktail au Coffee Bench "Home of the Free and the Brave

Et enfin on a passé presque 3 semaines dans une vraie maison, celle de notre copine Sylvie qui est rentrée en France et nous, on a gardé sa maison enfin on a surtout tenu compagnie aux 4 chiens et à la Princesse (la chatte).

Ah si, j’ai failli oublier de vous dire qu’on a accueilli un nouveau membre dans la famille : le Chameau IVème du nom. Un magnifique Defender de 30 ans d’âge et 340 000km au compteur. Un ado à peine rodé quoi… Et demain on va chercher la carte grise à mon nom. Aboutissement de plusieurs jours de démarches administratives, un vrai jeu de patience.



Allez on vous tient au courant et promis on revient vers vous avant la fin de l’année pour inscrire votre visite au planning 2026 !

En attendant on vous quitte avec quelques photos de nos compagnons de tous les jours... normal on les nourrit alors il doivent trouver que l'adresse est bonne.

Cordonbleu à joues rouges  merci Nadia)


Un tisserin

Gobemouche à lunettes ( merci Nadia)

Cordonbleu violacé ( merci Nadia)
 
Il y a du monde !

Quand tu crois donner à manger aux oiseaux

Bisous a tous ! 






lundi 30 juin 2025

Que l’aventure continue !

 

L'heure du sundowner (apéro en anglais)

4 mois que les travaux ont commencé et fait extraordinaire on a encore quelques cheveux sur la tête.

Entre 2 visites nocturnes d’éléphants à Balungi et les soiréese au son des cris de hyène, on avance !

Pause thé et mandazi
D’aucun dirait à chaque jour suffit sa peine ici c’est plutôt à chaque jour suffit sa « connerie ». Une par jour c’est un bon rythme et heureusement jusqu’ici rien d’irréparable mais quelques nuits blanches pour Xtian et un long apprentissage de la méthode africaine : Système D et « à peu près » sont les 2 mamelles de la construction kenyane.

3 mois pour les fondations : délai tenu ! Un immense trou creusé (30x18x3,5 m !!) et rempli à nouveau avec des murs de soutènement, des cailloux et du tout-venant (2x150 camions).  Le tout en 3 étapes : 4 rangées de pierre, on remplit les trous avec des tonnes de terre et cailloux, puis encore 3 ou 4 rangées de pierre et on reremplit et enfin 3ème série de rangées de pierres et remplissage final d’abord avec de la terre puis avec des gros cailloux que les ouvriers s’empressent de concasser à grand coups de masse et on remplit les espaces avec du gravier (taille ¾ de pouce) avant de couler la dalle. Les jours de livraison de terre et graviers c’est un ballet de camions de 40t qui s’organise de manière à ne pas avoir à se croiser n’importe où entre la carrière et la maison. Vu l’étroitesse de la piste il vaut mieux. Et à l’arrivée il y a une armada de « petites mains » qui a pour mission de répartir la livraison sur tout le chantier. Pelles, brouettes et en avant ! Quand tu vois la montagne de terre tu te dis qu’ils ne vont jamais en finir, mais si. Alors 1er truc qui te laisse perplexe quand ils recouvrent le chantier de terre ils recouvrent tout et du coup dans la foulée il y a un autre groupe de petites mains qui va devoir chercher et dégager les murs de fondation ensevelis qu’il faut continuer de monter.  A coups de pioches… A la 3ème session de remplissage j’ai fini par suggérer à Francis (notre constructeur) qu’on gagnerait du temps s’il faisait venir une petite pelleteuse pour étaler la terre partout. A 1ere vue je n’ai pas dit une connerie puisque le lendemain le JCB était là et tout est allé plus vite.


Le seau ça marche aussi pour déplacer le tas de terre 



Ca y est couche finale de cailloux


Echelle suspendue pour finir l'enduit

Mise à l'épreuve du water tank de 90000l

Puis arrive le moment où se prépare la dalle. Il y a donc une grosse poutre de béton qui doit d’abord être coulée au-dessus de tous les murs et qui relient les poteaux entre eux. Ca s’appelle la Ring Beam et il y en aura une 2ème plus tard en haut des murs de la maison. La poutre est coulée et Xtian se dit que c’est le moment de faire un check des mesures… et plus particulièrement de la hauteur de la maison qui doit être sur une butte de 1m. Tadaaaam !

  

C’est pas bon ! En fait non seulement la maison n’est pas à la bonne hauteur mais en plus si on coule la dalle comme ça : ça penche !!!! Grand moment de « discussion » entre le Lion et Francis. Un qui s’énerve grave en disant mais c’est pas possible que vous ne vérifiez rien (sachant que ce point là avait déjà fait l’objet de vérifications) et l’autre qui dit mais ne t’inquiète pas on fera ta maison comme tu le veux. Ca nous parait un minimum mais apparemment le kikuyu local aurait tendance à laisser faire le constructeur. Raté, pas nous ! Au final ils vont devoir couler une seconde poutre sur un coté de la maison pour la rehausser … 50cm !

Fort de ce moment de stress, on reprend l’ensemble des mesures au sol et nouvelle surprise un mur du salon encastré (en contre bas par rapport à la pièce) n’est pas au bon endroit… normal le « structural engineer » a mis les murs de soutènement à la mauvaise place mais Xtian avait corrigé et refait le plan. Sauf que personne dans ce pays ne lit les plans. Il semble que ce soit une pure formalité pour obtenir le permis. 2ème « discussion » pour s’entendre dire ne t’inquiète pas on va refaire un muret à la bonne place et s’est reparti !

S’en suivent 2 jours avec l’électricien et le plombier pour qu’ils posent leurs tuyaux et conduits avant de couler le béton. Un grand moment surtout qu’il n’y a pas de plan de plomberie, mais on a anticipé en annotant nos plans avec les mesures pour les robinets, les toilettes et autres douches. A nouveau marquage au sol des murs intérieurs à la poudre de craie et tu pries pour qu’il n’y ait pas d’orage durant la nuit. On te dit que les conduits c’est pour les prises et que les interrupteurs seront alimentés par le plafond. Là, tu rappelles que tu as des murs qui ne vont pas jusqu’au plafond… c’est écrit sur le plan. Donc des fils qui pendent c’est pas une bonne idée. Alors oui je vous entends : faire des murs qui s’arrêtent à mi hauteur c’est chercher la merde. Mais bon ils sont censés avoir lu le plan… Donc rajout de conduits dans la dalle pour les interrupteurs. Chaque fois que tu t’inquiètes de « l’à peu près » de la mesure on te répond : « pas d’inquiétude » on affinera avec les murs les tuyaux sont souples. Blurps !

Marquage des murs interieurs à la craie... si tu te trompes tu effaces.



Précis l'emplacement de l'îlot central !



Briefing !
Arrive le jour J celui où on coule la dalle. Francis nous dit qu’il va y avoir beaucoup de monde ( il veut tout faire dans la journée) et du bruit… pas de souci c’est un mercredi jour où je donne mon cours de français et où donc nous ne sommes là que le matin.  Ce fameux matin, beaucoup de monde effectivement mais on entend au ton de Francis que tout ne va pas bien. Même si on ne parle pas kikuyu… puis une phrase fatidique « it’s clear and simple and if you don’t agree, the gate is wide open » (traduction : c’est clair et simple et si vous n’êtes pas d’accord le portail est grand ouvert) et là on voit passer devant nous 1, puis 2, puis 3…. Puis 11 gars qui se barrent à pieds.  Euh je suis blême, on essaie de comprendre ce qui se passe mais Francis regarde son équipe (16 ouvriers) et distribue les rôles. En un temps record la bétonnière se met en marche et c’est parti ! On ne saura jamais trop le fin mot de l’histoire on intuite que ce sont les journaliers embauchés au village voisin qui voulaient être plus payé. Mais on ne met pas la pression sur le chef aussi facilement… pas content ? Ouste ! Du coup Xtian décide de rester toute la journée et je prends un taxi pour aller à l’école. Fin de journée la dalle est finie à l’arrache à18h, les ouvriers sont morts de fatigue et le degré de finition s’en ressent. Mais pas de catastrophe elle est « brute » mais plate !  Alors il faut savoir que les ouvriers qui ont charrié les brouettes pleines de béton toute la journée ont été payés 14€. Je précise 14€ la journée pas l’heure… Ca laisse pensif.




Le lendemain petite équipe juste là pour peaufiner les rebords et arroser. Et oui pour sécher correctement une dalle doit être mouillée tout le temps et ce pendant 2 semaines.

Prochaine étape le montage des murs… et revoilà le mètre ruban à l’œuvre. Moya ( le supervisor) dit à haute voix que le couloir est 1m70 de large. Xtian sursaute : Non c’est pas 1m70 c’est 1m40. Situation d’urgence d’où viennent ces 30 cm ? Ben de la pièce d’à coté qui ne fait plus 3m30 mais 3 m. Non non non… mais « c’est pas grave on mettra le mur à la bonne place, ne vous inquiétez pas ». Sauf que si et nous voilà repartit avec le mètre pour comprendre pourquoi il y a une erreur possible comme ça. On perce rapidement le mystère : le bord de la dalle (et donc le futur mur extérieur) n’est pas droit et il manque 30 cm à une extrémité de la maison. On ne rit pas !!!! Tout est réparable, les ouvriers sur place vont donc creuser le long de la dalle pour faire de la place afin de percer des trous dans la dalle à l’horizontale tous les 20cm et y mettre du ferraillage, refaire un coffrage et couler un complément de dalle. Même pas peur !


3 jours se passent à arroser la dalle mais c’est tout, puis arrive le grand moment celui où on passe à l’étape 2 du projet : monter les murs et le toit. Alors les murs sont en pierre de Meru (une ville située à une heure au nord Nanyuki) et ces pierres font 20cm de largeur sur 35/37/38 cm de long. Pour plus de précision… pas possible. En façade elles seront apparentes et à l’intérieur il y aura plâtre et peinture. Comme d’hab on voit arriver les camions de pierres et je vois aussi se mettre en place une cuve au pied du camion. Chaque pierre doit être lavée avant d’être posée. Il y a donc une équipe qui plonge les pierres une à une dans l’eau et les frotte avec un sac en fibre pour enlever la poussière. Sans ça le ciment adhère à la poussière et pas à la pierre. On aura une maison toute propre !

La lessive avec le sourire !

Team lavage des pierres !

L’équipe de maçons commence à monter les murs et notre gentil supervisor fait les marquages des murs intérieurs avec la poussière de craie comme d’hab. La confiance règne, de notre coté on reprend notre mètre ruban et on y va pour refaire les mêmes mesures que la semaine précédente… et bien croyez nous ou pas elles ne sont pas bonnes d’un côté de la maison. Notre aile a rétréci de 8cm. Je suis juste furieuse car je ne vois pas comment ils vont rattraper ça. Mais une fois de plus Francis reste calme prend son mètre et recommence à mesurer depuis le côté opposé de la maison. On a bien 8 cm en moins mais ils sont sur la terrasse. Tout va bien, on va les récupérer… Grrr ! A cette occasion, on découvre aussi un truc qu’on n’avait pas réalisé : quand nous avions demandé à l’archi l’épaisseur des murs elle nous avait dit 20 cm. On s’est donc basé la-dessus pour les dimensions. Erreur ! 20 cm c’est l’épaisseur de la pierre et il faut rajouter 2,5 cm de ragréage et de plâtre. C’est ballot !



Alors quand tu dis au constructeur que sur le plan il y a écrit 5m en dimension intérieure et pas 4m95 il te dit oui mais il y a aussi écrit 5m40 en dimension extérieure et ça c’est bon. Ils ne tiennent compte que des mesures extérieures dans leur calcul et ce que tu écris une fois de plus ils s’en foutent !

On est quitte pour passer en revue les pièces et quand c’est possible on met des pierres de 15 cm d’épaisseur au lieu de 20 pour regagner ces 5 cm de ragréage. Bon ça c’est quand tu as fait comprendre au maçon que si tu mets une pierre plus fine c’est pour gagner des centimètres à l’intérieur de la pièce et donc s’il décale le mur pour combler les centimètres perdus avec l’épaisseur de la pierre on ne gagne rien… à refaire !

Déjà 4 rangs de pierre !

Voilà voilà, ceci n’est qu’un florilège de ce que l’on découvre tous les jours. On vous passe les ouvertures de fenêtres pas bonnes, la dalle qui déborde légèrement alors pour l’aligner avec le mur : marteau + burin et huile de coude. Entre 2 séances de débroussaillage (ce qui nous occupe aussi pas mal ) Xtian passe son temps à anticiper la prochaine connerie. Il y réussit pas mal quoi qu’il manque un peu d’imagination sur ce coup-là. Et surtout c’est pas parce que tu anticipes et avertit qu’ils percutent.

Admirez le manche de la scie... Systeme D kenyan, incassable !

Pas le temps de s’ennuyer et on comprend pourquoi les copains nous avaient dit que vivre sur le chantier c’est bien pour éviter les conneries mais c’est mauvais pour le cœur et les nerfs.  On l’aura notre maison, et on pourra dire qu’on la connait sur le bout des doigts, au centimètre près.

Vue de la future chambre

Bon parce qu’il ne faut pas pour autant tout oublier et surtout pourquoi on est au Kenya, on est allé passer 2 jours au bord du Lac Naivasha avec des amis. Histoire de souffler, de s’aérer et de voir quelques zèbres, bulls et waterbucks.












Version vacances !

Bisou les copains rendez-vous pour le toit !

Version journée bricolage pour réparer le compresseur