samedi 8 août 2020

Pologne : Le retour !

 

De retour en France en octobre 2019, jamais nous n’avions envisagé de rester aussi longtemps sédentaires. Tout au plus 3 ou 4 mois le temps de quelques soins médicaux pour nous et la Citrouille.

Et bien rien ne s’est passé comme prévu…d’abord nous avons (re)découverts les joies d’un parcours santé en France : plus d’un mois pour avoir un rendez-vous avec un dentiste et je ne parle pas d’un ophtalmo ou d’un spécialiste.

Quand à la Citrouille, après des dizaines d’échanges par mail et téléphone aux 4 coins de France nous somme arrivés à la conclusion que rajouter des lames de suspension à l’arrière et 4 amortisseurs pneumatiques était à coup sûr une mission impossible. Entre ceux qui t’expliquent que tu as déjà 5 lames (alors que non nous sommes devant le camion et qu’il y en a bien 4), ceux qui te demandent 4300€ pour 2 boudins pneumatiques sans te dire ni la marque ni les caractéristiques techniques, et ceux qui te disent que c’est impossible, la solution est venue de… Pologne ! Nous y étions en avril dernier me direz vous mais, bon c’est l’occasion de reprendre la route. Ce que nous faisons fin février juste histoire de se faire bloquer avant la frontière et de revenir en France pour cause de confinement Covidien.

A ce jour, les destinations envisagées initialement comme l’Afrique ou l’Australie sont encore fort compromises mais les frontières européennes ont réouvert et nous ne n’avons pas trainé pour reprendre la direction de la Pologne, où nous avons rendez-vous chez Intrack à Varsovie pour mettre à niveau la Citrouille. En route, un petit stop à Mardore pour faire une surprise à l’amie Laurence et à ses Popos et une halte express à Dijon pour nos rendez-vous chez un ophtalmo. Bizarre en habitant à Narbonne d’aller si loin pour voir un ophtalmo mais faute de rendez-vous à moins de 8 mois de délais j’ai regardé sur internet les opportunités dans les villes sur notre itinéraire et hop coup de bol à Quétigny (à côté des tchéchènes !) c’est possible. On marche sur la tête !

Quand tu arrives chez les Popos, c'est déjà  un petit paradis !



En Pologne, quand tu es sur un parking routier et que tu as une urgence...


Entre temps grâce à Pawel, un polonais actuellement sur les routes grecques, qui roule aussi en Iveco 5t5, Lukacz nous attend pour faire un super boulot sur les suspensions en une semaine. Pendant ce temps nous allons restons chez Anna et José (sans oublier Maya et Josito), une enclave mexicaine au sud de Varsovie. Des amis que nous avons beaucoup plaisir à retrouver et chez qui nous mangeons les meilleurs tacos et le meilleur guacamole de Pologne ! Et nous repartons en plus avec la succulente vodka au citron préparée par le papa d’Anna (et aussi une bouteille de son whisky distillé maison).

Le King du bbq mexicain

je vous rassure nous sommes 4 à table !


Fete mexicaine au son des mariachis pour notre arrivée en Pologne : quel exotisme !



Juste le temps de refaire un tour dans le vieux Varsovie, de se poser au Bambino Milk Bar pour un dej couleur locale, de se perdre dans l’immense parc Lazienki… Pour tous ceux à qui la Pologne ne parait pas une destination qui vend du rêve je dirais qu’ils se trompent. Au-delà de Krakow qui rafle la palme du tourisme, Varsovie est une capitale qui mérite un long week-end, et la campagne polonaise recèle de nombreux trésors.



Bambino Bar : un repas pour moins de 7€ mais tu ne sais pas quoi... menu affiché en polonais !




Parc de Piaczesno, avec vaporisation d'eau de mer !

Déposé lundi matin nous avons récupéré la Citrouille vendredi midi et super forme ! Son comportement s’est bien amélioré, nous voilà donc prêts pour la tester et faire un tour en Mazurie la région des 1000 lacs aux frontières de la Lituanie et de Kaliningrad.  Anna nous aurait bien entrainé avec la famille vers Gdansk mais la Cote d’Azur polonaise au mois d’Aout ne nous semble pas l’endroit idéal avec une grosse citrouille.


Notre premier bivouac en bord de rivière est l’occasion de tester le nouveau crochet de remorquage et les super manilles que Lukasz nous a installé. Un papy et son épouse se sont méchamment plantés le nez dans un fossé et sont tout heureux que nous ne soyons pas loin. 10 minutes, une avalanche de remerciements et 3 signes de croix plus tard ils repartent soulagés et heureux chez eux.

Nous, on traine un peu et finalement le lendemain sera l’occasion d’un grand rangement des pièces détachées et caisses à outils. Faut ce qui faut… allez hop en route pour un mois et demi. Ca fait du bien de rouler et de respirer !


Nous cabotons de bords de lac en bord de lac avec stop au soleil, baignade et bivouacs au bord de l’eau. Enfin quand je dis baignade je parle pour moi car le Lion se contente de bains de soleil. Le camping « sauvage » est assez facile, même au mois d’août et même si les polonais sont restés au pays.  Certaines communes ont aménagé des plages gazonnées avec tables de pique-nique et emplacement pour faire un feu sur lesquelles il est possible de rester quelques jours. C’est sur l’une d’entre elle, alors que nous avions l’impression d’être au bout du monde, que nous retrouvons Miro, sa famille et ses amis. Nous avions rencontré Miro plus d’un an auparavant sur le bateau entre Odessa et Batoumi et ses conseils avaient été précieux pour découvrir la Géorgie. Miro est guide de raid 4x4 avec comme destination privilégiées la Géorgie et la Jordanie. L’occasion de passer une soirée à griller des saucisses autour du feu, le monde est réellement petit.




Jolie rencontre du matin

Après Pisz, Gizycko, nous allons encore un peu plus au nord pour voir ce que fut le « Repaire du Loup », une ville « secrète » de bunkers construite par Hitler entre 42 et 44. L’un de ses généraux décrivait le lieu comme un hybride de monastère et camp de concentration. Il y résida ainsi que tout son état-major pendant plusieurs mois et c’est là-bas que l’une des multiples tentatives d’assassinat, Opération Walkyrie, échoua. Bon j’ai aussi compris pourquoi ce malade était parano, il y a eu 40 tentatives d’assassinat à son encontre entre 33 et 44. Aujourd’hui la forêt a repris ses droits recouvrant l’ensemble de ses immenses monuments de béton éventrés d’une épaisse couche de mousse. L’ampleur titanesque de ce site retranscrit bien toute la mégalomanie de ce fou, nous en restons bouche bée et le visiter sous la pluie (le seul jour de pluie que nous ayons eu) n’a fait que rajouter à l’ambiance dramatique du lieu.

Ancienne écluse du Canal de Mazurie... un monument de béton !




Des bunkers aux murs de 3,5m d'épaisseur... meme pour le salon de thé et le "casino"

Toujours impossible de passer la frontière avec l’enclave de Kaliningrad sans visa russe, nous nous dirigeons donc vers Ryn, Mikolajki, Mragowo et Olsztyn… histoire de prendre quelques bains de foules inattendus. Ils sont là les polonais ! Les lacs se couvrent de bateaux, pédalos et jet-ski, les plages sont noires de familles avec gamins et bouées monstrueuses. Et la bière coule à flot ! Nous venons donc de trouver refuge dans un camping à la ferme au bord d’un lac, histoire de revoir notre itinéraire et tenter de retrouver un peu du côté sauvage que nous avions tant apprécié. Ce sera vers l’Ouest, sans doute Poznan et la côte baltique mais après Leba qui marque la fin de la Cote D’usure polonaise. 



Pédalos mode NY à Ryn


Quelques belles pistes nous éloignent des touristes polonais et allemands !

Bref on vous tiendra au courant !

Enormes bisous à tous !

mardi 29 octobre 2019

Quand la Citrouille rentre à la base !


Pour certains c’est un scoop alors que d’autres sont déjà au courant mais les Onzeroad et leur Citrouille sont de retour en France depuis maintenant…un peu plus de 15 jours. Et oui, après un long (mais alors très très long) temps de réflexion nous en sommes venus à la conclusion qu’il était temps pour nous et la Citrouille était de revenir en France afin de préparer la suite.
Nous vous avions laissé en train de farnienter sur la plage de Paralia en Grèce et bien nous y sommes restés presqu’un mois. Si d’aucun associent la Grèce à l’Histoire (avec un grand H), aux grands Hommes (avec un grand H aussi), aux Monuments, aux Dieux et aux Légendes, nous nous sommes contentés de la petite histoire, des petits poissons, de la compagnie des pêcheurs et de l’amitié des 4 poilus qui nous ont temporairement adoptés. Bref après des mois sur les routes nous avions besoin de nous poser/pauser pour organiser notre retour et surtout pour se faire à l’idée. Car même si ce n’est qu’un passage et si la perspective de revoir famille et amis nous ravit, nous ne sommes pas enchantés de renouer avec un monde, un rythme et une société qui ne nous a pas manqué du tout. Oui je le reconnais avec la France c’est loin des yeux, loin du cœur ( enfin pour moi, le Lion trouve que je suis un peu dure…).


Sur la plage, face à la Mer Egée nous avions vraiment la sensation de « vivre autours du monde » et non plus de voyager. La nuance est peut-être subtile mais très sensible pour nous. Pas de tourisme, pas de visites mais juste du quotidien, des rencontres, des ballades, une douce insertion dans un milieu existant et ses petites découvertes.

Merci à Vassily qui nous a montré comment il pêche le poulpe, et qui nous a aussi permis de mieux comprendre comment vivent les grecs entre boulots officiels, système D et initiatives personnelles pour compléter le tout. Vassily a vécu 10 and en Allemagne ou il était dépanneur sur autoroute, aujourd’hui il travaille dans un entreprise qui vend et installe les système de chauffe-eau solaire (700€ le système posé pour 200l) mais il cultive aussi les kiwis (hormis que la concurrence bulgare rend le produit grec invendable) élève des perroquets en liberté sur son terrain, fait de la pêche sous-marine et vend le produit à un ami restaurateur… bref multiplie les activités. Grâce à lui nous avons mangé du poulpe, et ramené en France plus de 10 kilos de kiwis. Nous avons aussi savouré des délicieuses baies de cassis et des cerises sauvages.  Et surtout nous avons passé de chouettes moments.

 


Merci aussi aux pêcheurs de la plage grâce à qui nous avons appris comment faire les esques qui nous servaient d’appât et par la même occasion nous avons aussi découvert où et comment ramasser les tellines pour l’apéro. Dans les 2 cas c’est légèrement différent de ce que nous connaissions. Et si vous manquez d’exotisme allez donc acheter les esques chez le marchand… elles viennent directement de chine !


Notre activité favor
 
 

 


Merci à Ratatouille d’être venu squatter la cabine sans avoir mangé les fils du camion. Pour ceux qui auraient des doutes sur la compréhension, je confirme nous avons hébergés quelques jours (on suppose) une souris qui, heureusement, s’est cantonnée au poste de pilotage et se carapatait par un trou entre les pédales dès qu’elle nous entendait. Le Lion a bien essayé de la piéger mais elle a totalement ignorée nos chausses-trappes, se contentant de signifier sa présence par quelques crottes. Heureusement, rien de grignoté !

Préparation des appats à Ratatouille... raté !
Et puis merci aussi à Hercule, Spartacus, Aphrodite et leur copain Benhur, les 4 poilus qui nous ont adoptés dès notre arrivée. Avides de caresses ils ne nous ont pas quitté et dormaient dans un trou dans le sable au pied de l’escalier voire sous le camion en cas d’orage. Après plus de 24 h non-stop à nos côtés on a fini par craquer et les nourrir avec les moyens du bord à savoir pain+lait + sucre au petit dej, riz au bouillon de bœuf et reste de repas. Bon soyons honnêtes ils n’étaient pas maigres du tout et comme dans beaucoup de pays que nous avons traversé les locaux leur apportent à manger et les restos de bord de plages sont aussi assez généreux. Mais bon, ils savent y faire et leur regard énamouré est juste irrésistible.

Le quatuor dans l'ordre: Aphrodite, Spartacus, Hercule et au fond Benhur

Hercule
Spartacus
A la bouffe !



Il nous a donc fallu un peu de temps et de courage pour se décider à prendre nos billets de bateau Igoumenitsa-Ancone. Nous aurions sans doute préféré rentrer par la route mais cela n’aurait pas été très prudent compte tenu du silentbloc en perdition de la Citrouille. Alors il a fallu les premiers orages pour nous décider à réserver les billets de bateau… pour 72h après, mais le matin même du départ le soleil brille et on décide finalement de rester 3 jours de plus. Coup de téléphone à la compagnie et en moins d’une heure tout est reprogrammé. Ouf ! C’est pas grand-chose mais si vous saviez ce que l’on a profité de ces 3 jours de pêche, de soleil et farniente. Même si l’organisation du retour et les plans de ce que nous devons faire en revenant nous occupe beaucoup l’esprit.






Se ré-installer en sédentaire est une drôle de perspective qui ne nous ravit pas, surtout dans un petit village… Et puis il faut faire le bilan après 2 ans dans notre Citrouille et lister tout ce qui doit être revu et améliorer. Globalement la fonction lieu de vie est parfaite mais reste la partie mécanique… Vous pouvez faire confiance au Lion pour tenir à jour depuis longtemps un fichier récapitulatif, mais avoir identifier ce qu’il faut faire évoluer ne signifie pas que le sujet est traité et le problème résolu. C’est bien souvent une prise de tête pour tout concilier… et va savoir pourquoi c’est toujours la nuit que les engrenages cérébraux se mettent à grincer. Mais bon, on va y arriver.

Jour J nous quittons Paralia direction Ingoumenitsa pour un touchdown vers 17h. Nous sommes censés partir à minuit mais en allant chercher nos billets nous apprenons que le bateau a un « léger » retard : le départ se fera le lendemain à 10h du mat ! Bon, ben voilà une chouette nuit en perspective sur le quai d’embarquement coincé entre camping-cars et poids lourds réfrigérés dont la clim fait un raffut d’enfer.

Au coeur des beurk beurk ( private joke !)

Ancone 6h du mat... dur dur !
La suite c’est une arrivée à Ancone à 6h du mat le jour suivant ( 15 h de retard en tout), ce qui nous donne une bonne journée de conduite pour rallier le 1er stop du retour chez les amis à Roquefort-Les-Pins. On redécouvre les embouteillages, les péages et le carburant à plus d’1€40. Le temps où nous le payions 30 cts le litre nous parait si loin…
Bon, tout est une question d’organisation et nous ne perdons pas de vue la raison pour laquelle nous sommes rentrés : mettre la Citrouille à niveau et nous mettre aussi à niveau question santé histoire de repartir sur des bases saines. Et puis nous ne perdons pas de vue non plus que nous allons pourvoir vous retrouver, boire un verre et ça c’est vraiment chouette !



Alors oui on va bouger pour voir la famille et les amis, mais si vous avez envie de venir nous rendre visite vous êtes les bienvenus à Bize Minervois ! Et c’est pas le bagne non plus ( photos à l'appui !) !




Bisous à tous les p'tits loups ! A bientôt !