lundi 30 juin 2025

Que l’aventure continue !

 

L'heure du sundowner (apéro en anglais)

4 mois que les travaux ont commencé et fait extraordinaire on a encore quelques cheveux sur la tête.

Entre 2 visites nocturnes d’éléphants à Balungi et les soiréese au son des cris de hyène, on avance !

Pause thé et mandazi
D’aucun dirait à chaque jour suffit sa peine ici c’est plutôt à chaque jour suffit sa « connerie ». Une par jour c’est un bon rythme et heureusement jusqu’ici rien d’irréparable mais quelques nuits blanches pour Xtian et un long apprentissage de la méthode africaine : Système D et « à peu près » sont les 2 mamelles de la construction kenyane.

3 mois pour les fondations : délai tenu ! Un immense trou creusé (30x18x3,5 m !!) et rempli à nouveau avec des murs de soutènement, des cailloux et du tout-venant (2x150 camions).  Le tout en 3 étapes : 4 rangées de pierre, on remplit les trous avec des tonnes de terre et cailloux, puis encore 3 ou 4 rangées de pierre et on reremplit et enfin 3ème série de rangées de pierres et remplissage final d’abord avec de la terre puis avec des gros cailloux que les ouvriers s’empressent de concasser à grand coups de masse et on remplit les espaces avec du gravier (taille ¾ de pouce) avant de couler la dalle. Les jours de livraison de terre et graviers c’est un ballet de camions de 40t qui s’organise de manière à ne pas avoir à se croiser n’importe où entre la carrière et la maison. Vu l’étroitesse de la piste il vaut mieux. Et à l’arrivée il y a une armada de « petites mains » qui a pour mission de répartir la livraison sur tout le chantier. Pelles, brouettes et en avant ! Quand tu vois la montagne de terre tu te dis qu’ils ne vont jamais en finir, mais si. Alors 1er truc qui te laisse perplexe quand ils recouvrent le chantier de terre ils recouvrent tout et du coup dans la foulée il y a un autre groupe de petites mains qui va devoir chercher et dégager les murs de fondation ensevelis qu’il faut continuer de monter.  A coups de pioches… A la 3ème session de remplissage j’ai fini par suggérer à Francis (notre constructeur) qu’on gagnerait du temps s’il faisait venir une petite pelleteuse pour étaler la terre partout. A 1ere vue je n’ai pas dit une connerie puisque le lendemain le JCB était là et tout est allé plus vite.


Le seau ça marche aussi pour déplacer le tas de terre 



Ca y est couche finale de cailloux


Echelle suspendue pour finir l'enduit

Mise à l'épreuve du water tank de 90000l

Puis arrive le moment où se prépare la dalle. Il y a donc une grosse poutre de béton qui doit d’abord être coulée au-dessus de tous les murs et qui relient les poteaux entre eux. Ca s’appelle la Ring Beam et il y en aura une 2ème plus tard en haut des murs de la maison. La poutre est coulée et Xtian se dit que c’est le moment de faire un check des mesures… et plus particulièrement de la hauteur de la maison qui doit être sur une butte de 1m. Tadaaaam !

  

C’est pas bon ! En fait non seulement la maison n’est pas à la bonne hauteur mais en plus si on coule la dalle comme ça : ça penche !!!! Grand moment de « discussion » entre le Lion et Francis. Un qui s’énerve grave en disant mais c’est pas possible que vous ne vérifiez rien (sachant que ce point là avait déjà fait l’objet de vérifications) et l’autre qui dit mais ne t’inquiète pas on fera ta maison comme tu le veux. Ca nous parait un minimum mais apparemment le kikuyu local aurait tendance à laisser faire le constructeur. Raté, pas nous ! Au final ils vont devoir couler une seconde poutre sur un coté de la maison pour la rehausser … 50cm !

Fort de ce moment de stress, on reprend l’ensemble des mesures au sol et nouvelle surprise un mur du salon encastré (en contre bas par rapport à la pièce) n’est pas au bon endroit… normal le « structural engineer » a mis les murs de soutènement à la mauvaise place mais Xtian avait corrigé et refait le plan. Sauf que personne dans ce pays ne lit les plans. Il semble que ce soit une pure formalité pour obtenir le permis. 2ème « discussion » pour s’entendre dire ne t’inquiète pas on va refaire un muret à la bonne place et s’est reparti !

S’en suivent 2 jours avec l’électricien et le plombier pour qu’ils posent leurs tuyaux et conduits avant de couler le béton. Un grand moment surtout qu’il n’y a pas de plan de plomberie, mais on a anticipé en annotant nos plans avec les mesures pour les robinets, les toilettes et autres douches. A nouveau marquage au sol des murs intérieurs à la poudre de craie et tu pries pour qu’il n’y ait pas d’orage durant la nuit. On te dit que les conduits c’est pour les prises et que les interrupteurs seront alimentés par le plafond. Là, tu rappelles que tu as des murs qui ne vont pas jusqu’au plafond… c’est écrit sur le plan. Donc des fils qui pendent c’est pas une bonne idée. Alors oui je vous entends : faire des murs qui s’arrêtent à mi hauteur c’est chercher la merde. Mais bon ils sont censés avoir lu le plan… Donc rajout de conduits dans la dalle pour les interrupteurs. Chaque fois que tu t’inquiètes de « l’à peu près » de la mesure on te répond : « pas d’inquiétude » on affinera avec les murs les tuyaux sont souples. Blurps !

Marquage des murs interieurs à la craie... si tu te trompes tu effaces.



Précis l'emplacement de l'îlot central !



Briefing !
Arrive le jour J celui où on coule la dalle. Francis nous dit qu’il va y avoir beaucoup de monde ( il veut tout faire dans la journée) et du bruit… pas de souci c’est un mercredi jour où je donne mon cours de français et où donc nous ne sommes là que le matin.  Ce fameux matin, beaucoup de monde effectivement mais on entend au ton de Francis que tout ne va pas bien. Même si on ne parle pas kikuyu… puis une phrase fatidique « it’s clear and simple and if you don’t agree, the gate is wide open » (traduction : c’est clair et simple et si vous n’êtes pas d’accord le portail est grand ouvert) et là on voit passer devant nous 1, puis 2, puis 3…. Puis 11 gars qui se barrent à pieds.  Euh je suis blême, on essaie de comprendre ce qui se passe mais Francis regarde son équipe (16 ouvriers) et distribue les rôles. En un temps record la bétonnière se met en marche et c’est parti ! On ne saura jamais trop le fin mot de l’histoire on intuite que ce sont les journaliers embauchés au village voisin qui voulaient être plus payé. Mais on ne met pas la pression sur le chef aussi facilement… pas content ? Ouste ! Du coup Xtian décide de rester toute la journée et je prends un taxi pour aller à l’école. Fin de journée la dalle est finie à l’arrache à18h, les ouvriers sont morts de fatigue et le degré de finition s’en ressent. Mais pas de catastrophe elle est « brute » mais plate !  Alors il faut savoir que les ouvriers qui ont charrié les brouettes pleines de béton toute la journée ont été payés 14€. Je précise 14€ la journée pas l’heure… Ca laisse pensif.




Le lendemain petite équipe juste là pour peaufiner les rebords et arroser. Et oui pour sécher correctement une dalle doit être mouillée tout le temps et ce pendant 2 semaines.

Prochaine étape le montage des murs… et revoilà le mètre ruban à l’œuvre. Moya ( le supervisor) dit à haute voix que le couloir est 1m70 de large. Xtian sursaute : Non c’est pas 1m70 c’est 1m40. Situation d’urgence d’où viennent ces 30 cm ? Ben de la pièce d’à coté qui ne fait plus 3m30 mais 3 m. Non non non… mais « c’est pas grave on mettra le mur à la bonne place, ne vous inquiétez pas ». Sauf que si et nous voilà repartit avec le mètre pour comprendre pourquoi il y a une erreur possible comme ça. On perce rapidement le mystère : le bord de la dalle (et donc le futur mur extérieur) n’est pas droit et il manque 30 cm à une extrémité de la maison. On ne rit pas !!!! Tout est réparable, les ouvriers sur place vont donc creuser le long de la dalle pour faire de la place afin de percer des trous dans la dalle à l’horizontale tous les 20cm et y mettre du ferraillage, refaire un coffrage et couler un complément de dalle. Même pas peur !


3 jours se passent à arroser la dalle mais c’est tout, puis arrive le grand moment celui où on passe à l’étape 2 du projet : monter les murs et le toit. Alors les murs sont en pierre de Meru (une ville située à une heure au nord Nanyuki) et ces pierres font 20cm de largeur sur 35/37/38 cm de long. Pour plus de précision… pas possible. En façade elles seront apparentes et à l’intérieur il y aura plâtre et peinture. Comme d’hab on voit arriver les camions de pierres et je vois aussi se mettre en place une cuve au pied du camion. Chaque pierre doit être lavée avant d’être posée. Il y a donc une équipe qui plonge les pierres une à une dans l’eau et les frotte avec un sac en fibre pour enlever la poussière. Sans ça le ciment adhère à la poussière et pas à la pierre. On aura une maison toute propre !

La lessive avec le sourire !

Team lavage des pierres !

L’équipe de maçons commence à monter les murs et notre gentil supervisor fait les marquages des murs intérieurs avec la poussière de craie comme d’hab. La confiance règne, de notre coté on reprend notre mètre ruban et on y va pour refaire les mêmes mesures que la semaine précédente… et bien croyez nous ou pas elles ne sont pas bonnes d’un côté de la maison. Notre aile a rétréci de 8cm. Je suis juste furieuse car je ne vois pas comment ils vont rattraper ça. Mais une fois de plus Francis reste calme prend son mètre et recommence à mesurer depuis le côté opposé de la maison. On a bien 8 cm en moins mais ils sont sur la terrasse. Tout va bien, on va les récupérer… Grrr ! A cette occasion, on découvre aussi un truc qu’on n’avait pas réalisé : quand nous avions demandé à l’archi l’épaisseur des murs elle nous avait dit 20 cm. On s’est donc basé la-dessus pour les dimensions. Erreur ! 20 cm c’est l’épaisseur de la pierre et il faut rajouter 2,5 cm de ragréage et de plâtre. C’est ballot !



Alors quand tu dis au constructeur que sur le plan il y a écrit 5m en dimension intérieure et pas 4m95 il te dit oui mais il y a aussi écrit 5m40 en dimension extérieure et ça c’est bon. Ils ne tiennent compte que des mesures extérieures dans leur calcul et ce que tu écris une fois de plus ils s’en foutent !

On est quitte pour passer en revue les pièces et quand c’est possible on met des pierres de 15 cm d’épaisseur au lieu de 20 pour regagner ces 5 cm de ragréage. Bon ça c’est quand tu as fait comprendre au maçon que si tu mets une pierre plus fine c’est pour gagner des centimètres à l’intérieur de la pièce et donc s’il décale le mur pour combler les centimètres perdus avec l’épaisseur de la pierre on ne gagne rien… à refaire !

Déjà 4 rangs de pierre !

Voilà voilà, ceci n’est qu’un florilège de ce que l’on découvre tous les jours. On vous passe les ouvertures de fenêtres pas bonnes, la dalle qui déborde légèrement alors pour l’aligner avec le mur : marteau + burin et huile de coude. Entre 2 séances de débroussaillage (ce qui nous occupe aussi pas mal ) Xtian passe son temps à anticiper la prochaine connerie. Il y réussit pas mal quoi qu’il manque un peu d’imagination sur ce coup-là. Et surtout c’est pas parce que tu anticipes et avertit qu’ils percutent.

Admirez le manche de la scie... Systeme D kenyan, incassable !

Pas le temps de s’ennuyer et on comprend pourquoi les copains nous avaient dit que vivre sur le chantier c’est bien pour éviter les conneries mais c’est mauvais pour le cœur et les nerfs.  On l’aura notre maison, et on pourra dire qu’on la connait sur le bout des doigts, au centimètre près.

Vue de la future chambre

Bon parce qu’il ne faut pas pour autant tout oublier et surtout pourquoi on est au Kenya, on est allé passer 2 jours au bord du Lac Naivasha avec des amis. Histoire de souffler, de s’aérer et de voir quelques zèbres, bulls et waterbucks.












Version vacances !

Bisou les copains rendez-vous pour le toit !

Version journée bricolage pour réparer le compresseur


lundi 21 avril 2025

C'est parti pour...12 mois de travaux !

 

C'est là ! (0°05'40"N 37°03'41"E)

Ok maintenant on est en octobre 2024,on a notre terrain en vue et on a fait notre demande de permis résident. Que l’aventure commence !

Pour la maison, le vendeur du terrain nous recommande une architecte locale et on lui confie notre projet. On a vu pas mal de maisons locales, on aime beaucoup certaines caractéristiques architecturales comme les immenses fenêtres métalliques à petits carreaux, les grandes hauteurs sous plafond en makuti (du jonc ou du papyrus) et on sait aussi ce que l’on ne veut pas comme les maisons kikuyus avec des dizaines de petits toits dans tous les sens, des pièces biscornues et des micros fenêtres. Notre projet de maison est quasiment ficelé car Xtian a repris en main son bon vieux logiciel de design technique et après de longues soirées à faire des ébauches on arrive à un projet qui tient la route et qui nous tient à coeur. Seul point critique que l’on ne sait pas vraiment gérer : les toitures et charpentes qui vont avec. Comment s’imbriquent les toits d’une maison en U. Ca nous parait simple à gérer pour un archi : elle nous fait les plans définitifs, quelques élévations en 3D, les plans électriques et fait la demande de permis de construire auprès des autorités. Ouaf, 3 mois plus tard et quelques touffes de cheveux en moins, on voit enfin le bout du tunnel mais le lion ne lui parle plus et moi je puise dans mes réserves pour ne pas hurler à chaque plan. Il y a des erreurs partout, comme un gamin qui ne sait même pas recopier.  A croire qu’elle s’en fout de passer 3 fois plus de temps que prévu sur un projet. 3 heures de rendez-vous à passer en revue le plan électrique mais 4 aller-retours pour lui faire corriger ses erreurs. Bon en même temps quand on lui parlait elle prenait des notes en pates de mouche sur un bout de plan pas à jour… tout va bien on reste zen ! Christian me dit depuis le début c’est pas possible qu’elle soit archi… il n’avait pas tord on a découvert dernièrement en lui demandant sa licence d’architecte pour faire enregistrer le projet officiellement que la licence n’est pas à son nom, ni à aucune personne travaillant avec elle. Tout va bien… tu vis au Kenya où tout est possible même avoir un cabinet d’architecte avec pignon sur rue sans en être une. Par contre sur son devis figure des "facilitation fees" soit en clair le montant des dessous de table à payer au county pour avoir le permis. On a finalement eu le permis mi janvier mais il n’y a aucun plan de plomberie… va falloir travailler directement avec le constructeur sur place. Ca promet !



Viens ensuite le choix du constructeur, notre vendeur (à nouveau) nous conseille celui qui a fait sa maison, que nous avons vu et qui est très chouette. Le gars est de Nanyuki et y construit des maisons depuis plus de 30 ans. Il a aussi construit la piscine chauffée des copains qui nous le recommande. Tu le rencontres, il te parait bien mais tu comprends que pour avoir un devis il faut passer par un QS (Quantity Surveyor) c’est-à-dire un métreur parce que lui, estimer les quantités à partir du plan il ne sait pas faire. Va pour le QS sauf que le gars il ne nous a jamais rencontré et il part sur un plan d’archi ( pas à jour) sans savoir le type des matériaux, ni degré de finition, ni ce qu’on veut. Bref 1er chiffrage c’est du grand n’importe quoi et quand Christian se penche de près sur le travail il découvre des énormités avec des erreurs sur les surfaces, des chiffrages de porte en acajous… bref là encore quelques journées bien occupées, 4 passes et Christian qui confie tous ses fichiers excel d’analyse détaillée au constructeur. Pour finalement réaliser qu’il n’y comprend rien et ne sait pas les lire, ni même les ouvrir. Ca va pas être facile cette histoire.

Kirimi teste le terrain
En parallèle tu cherches à comprendre pourquoi les fondations de la maison sont si préoccupantes… et bien parce que le terrain est sur une zone de Black Cotton Soil, comme une grande partie de la région, et ce sol ben… c’est une calamité pour construire mais idéal pour la culture du coton (d'ou son nom). Ce sol est fait de particules argileuses noires très très fines qui retiennent l’eau gonflent et se rétractent. Le genre de truc où en camion tu t’enfonces et on te retrouve à la saison sèche. Bref sans fondations adaptées la maison craquelle. Ici tout le monde connait des maisons avec des « cracks » plus ou moins réparables…  Face à ça il y des solutions comme les dalles flottantes, l’excavation ou encore la maison sur pilotis. Bref ça sent pas bon donc on prend un gars qui pendant 2 jours va faire des trous (genre 1 m² avec un piquet et une pelle à manche court) sur le terrain pour savoir ce qu’il en est. Bilan: 3m d’épaisseur de black cotton soil. Blurps ! Compte tenu de l’augmentation de la facture on décide de retourner voir le vendeur du terrain pour négocier… parce que la solution retenue c’est de creuser sur 3 m pour enlever cette terre, de faire des murs de soutènement et de reremplir avec du « marram » une sorte de tout-venant avec des cailloux. A partir de là on creuse un mètre de plus pour les piliers que l’on relie avec une première poutre en béton à la limite des 3 mètres et on monte avec une 2 ème poutre pour relier les piliers (il y en a 28 en tout) au niveau de la dalle. Vous n’avez plus qu’à imaginer qu’on creuse l’équivalent d’une maison souterraine mais sans cave parce que je vous rappelle que ça bouge et que ça craque. Seul bénéfice c’est que sous la terrasse on va faire un réservoir d’eau de 90 000l qui récoltera les eaux de pluie et celle du forage qui nous alimentera. Voilà voilà, au passage on en apprend tous les jours sur les noms des pierres de construction, des sources d’approvisionnement, des risques associés comme les scieries qui ne sèchent pas leur bois correctement ou ne le traitent pas correctement. A savoir il y a des termites au Kenya.




Là encore pendant que je cherche sur internet les équipements et les finitions à mettre dans la maison (genre plomberie, peinture, sols…) Christian passe tout en revue sur les aspects techniques comme le système solaire car la maison est 100% off grid, les biodigesters ( pas de tout-à-l’égout ici), les systèmes de traitement d’eau… moi je vous le dis ça occupe. Surtout qu’il faut trouver les bonnes sources d’info parce que le fundi (technicien) local si tu l’écoutes il sait tout faire mais si tu lui poses une question la réponse est parfois surréaliste. Et si tu lui poses la question 2 fois, tu auras 2 réponses très différentes mais tout aussi surréalistes.

Et à la fin quand tu penses avoir trouvé une bonne solution tu la soumets au jugement de tes copains « mzungus » (blancs) qui sont nés au Kenya ( autrement appelés les KC où Kenyan Cow boy) ou qui y vivent depuis très longtemps. Le verdict tombe… bonne idée ou tu oublies ça va partir en couille. Et vu leur expérience… ça compte.


Bref, les travaux ont fini par commencer il y a 1 mois (ouf !) et c’est un peu le contre la montre pour avancer au maximum les travaux avant les pluies. Non seulement difficile de travailler aux fondations sous des trombes d’eau mais surtout plus aucun camion de ne peut accéder au terrain sans prendre le risque de rester tanquer. Bref, chaque jour qui passe on croise les doigts. A ce jour on a eu quelques beaux orages tropicaux qui ont nécessité de remblayer le chemin d'accès avec des caillasses que 2 ouviers se sont empressés de concassés à la masse.

Fin mars nous avons quitté la jolie maison en location depuis Aout pour retourner vivre dans le camion sur le terrain pendant la durée du chantier parce que s’il y a un point sur lequel TOUT le monde est d’accord : tu dois être sur place tous les jours et tout le temps si tu veux éviter les mauvaises surprises. Vu que tout se fait « à l’africaine »… ca peut vite déraper Un exemple ? Il y a un mois, le constructeur (Françis) nous dit « j’ai fait le marquage de la maison selon le plan venez voir ». Alors à savoir que l’archi n’est jamais venu sur le terrain qui est couvert de bush, donc implanter la maison on a fait ça nous même et un peu comme on pouvait  ( merci Google earth) puisqu’à moins d’être un dik-dik ( antilope naine) tu ne passes pas dans les massifs d’acacias. Christian avait marqué l’emplacement de la maison sur un plan avec des repères en x;y par rapport à la clôture…mort de rire quand on arrive c’était pas bon vu que le constructeur ne sait pas ce que c’est qu’un point positionné en abscisse et ordonnée. Première visite du chantier…. Le lion crise, mais nous sommes là pour rattraper alors on se refait toutes les mesures avec un mètre ruban de 50m dans les broussailles. A chaque angle il y a un ouvrier qui nous court derrière et plante un gros piquet avec une masse. Puis le constructeur nous dit qu’il va commencer le chantier par faire le chemin d’accès entre le portail et l’emplacement de la maison pour que l’excavatrice et les camions qui vont évacuer la terre tassent le tout-venant et ne détruise pas tout. Sur le fond d’accord sauf que 3 jours auparavant il nous avait dit le contraire et nous avait convaincu qu’il vallait mieux aller au plus court. En 30 minutes le lion a dû sortir l’ordinateur et calculer le tracé du chemin, qui bien évidemment fait des courbes, et donner des points de repère pour faire les mesures et planter d’autres piquets. Puis saupoudrer généreusement le tout avec de la poudre de craie sur ce qui est censé être les bords de chemin. Au final, 48 heures après on a un beau chemin avec un rond-point devant la « future » maison pour déposer les courses (hi hi hi ca fait réver non ?). La pelleteuse n’a rien cassé et il a fallu 12 camions de 30 tonnes de cailloux pour déblayer le black cotton soil enlevé. 




Non ca n'est pas la piscine !


Depuis tous les matins on a une armada d’ouvriers qui débarquent vers 7h30. Après avoir creusé, les voilà en train de construire les murs de soutènement en pierre de Kinganjo. Ce sont des pierres très très dures taillées à la main. On en est à 4 camions de 40 t et  c’est pas fini ! Et pour la maison il est prévu 600 sacs de ciment. On a aussi 2 jeunes femmes qui sont là tous les jours pour préparer de quoi nourrir tout ce petit monde. A 10h pause thé et chapati et à 13h pause déjeuner avec le plus souvent une belle assiette de choux, pommes de terre, carottes ou de l’ugali (sorte de polenta de mais blanc) ou d’un mélange haricots rouges, maïs, patate. N’oublions pas que le moral est dans la gamelle et vu le boulot il vaut mieux qu’ils soient bien nourris. 



Echaffaudage fait main pour que celui d'en haut aligne le pilier avec un fil à plomb


A la chaîne pour apporter le béton dans le coffrage !




C'est juste la maison souterraine !


Il cassent les cailloux sous le réservoir d'eau !

Technique locale pour bloquer les coffrages...

Pour Pâques, Francis a offert un repas de fête aux ouvriers: de la chèvre ! Et nous on offrait les sodas. Ce que je ne savais pas c'est que cette pauvre bête arriverait sur le terrain vivante le matin et serait égorgé sur place... puis bouillie et grillée. Autant vous dire qu'on a laissé notre part et on les a laissé déjeuner entre eux.

Patricia la cuisto à l'oeuvre!


On n’en est qu’au tout début… et c’est une nouvelle aventure qui commence. En parallèle on a commencé à nettoyer le terrain à grands coups de sécateurs et de débroussailleuse. Christian a des courbatures dans les mains et le dos et à force de me planter des épines partout je bosse avec des manches longues même si je meurs de chaud. C’est pas triste car il y a des buissons d’acacias partout et des épineux de toutes sortes.

Côté construction on en apprend tous les jours… à suivre !





Et pour finir on laisse nos copains avoir le dernier mot ! Bisous à tous !