samedi 2 mars 2019

Tallinn



Choisir la compagnie estonienne pour rallier Tallinn depuis Helsinki c’est commencer son voyage façon « La croisière s’amuse ». Discours de bienvenue du Capitaine, chanteuse de bar avec son pianiste et spectacle de magie, tout y est même la bande sonore… pour les ignares de moins de 40 ans, "La croisière s’amuse" est une série culte qui a bercé notre enfance et les après midi de nos grand-mères et qui se passait à bord d’un paquebot de croisière. Intrigues à l’eau de rose, amours contrariées et happy end le cocktail parfait des années 70.

Vue des remparts
Nous n’avions pas vraiment d’idée de ce qui nous attendait en Estonie si ce n’est que ce pays au passé tourmenté n’est sorti de l’emprise soviétique que depuis 1991 (Hitler avait donné l’Estonie à Staline en 1940). Autant dire hier…mais en un peu moins de 30 ans Tallinn est devenue une capitale particulièrement séduisante. Si j’animais un blog de voyage je dirais que c’est la capitale parfaite pour un city break alliant le charme médiéval de la vieille ville fortifiée à une modernité ultra dynamique. 



Ici on passe en quelques minutes des rues pavées et façades colorées au quartier hypster avec micro-brasseries branchées dans entrepôts reconvertis. Du magasin de souvenir rempli de matriochka et autres mugs « I love Tallinn », au barber shop top tendance et son magasin de produits de beauté « organic » vendu dans des emballages design recyclés. Tout y est : les remparts, les Eglises, les galeries et un musée d’art absolument top, les restaurants gastro et les cafés historiques et même quelques ruines de béton de l’ère soviétique dont la municipalité ne sait vraisemblablement pas quoi faire… Bon il ne faut pas croire pour autant que les barres HLM de l’époque stalinienne ont disparues, elles sont toujours là de même que les marchés russes où vous pouvez acheter des chaussettes tricotées main, des cornichons à l’ail et des culottes façon gaines comme on en fait plus (ah messieurs de quoi vous faire rêver ! ).

On trouve de tout... dans les brocantes
Notez le rapprochement des personnages...



 


Plus de 3 heures à decouvrir l'art contemporain estonnien



Nous avons pu aussi visiter, les restes du siège du KGB dont les cellules et les enregistrements des survivants sont là pour témoigner du lourd tribu du peuple estonien. Des milliers de familles déportées en Sibérie, une oppression sans limite et ceci bien au-delà de la fin de la 2nd guerre mondiale. Un magnifique et terriblement impressionnant monument en mémoire des victimes du communisme a été construit le long de la corniche. Y sont gravés les 22 000 noms des victimes de la déportation qui ont été identifiés mais des milliers de noms manquent encore car en quittant le pays en 1991 les soviétiques ont aussi détruit ou emporté toutes leurs archives.

En mémoire aux victimes du communisme...

Plus de 22000 noms gravés sur ces murs..

Pas mal comme vue depuis le bivouac, non ?
Nous sommes restés 4 jours à Tallinn et le Lion n’a pas pu tenir le compte du nombre du Porsche, Tesla, BMW et autres voitures de luxe…un indice qui montre bien que dans la capitale du moins, la croissance économique fait des heureux. Mais la citrouille ne fait aucun complexe et nous avons pu nous poser en centre-ville sans problème. Il y a encore à côté du port quelques terrains vagues et de multiples parkings à 3€ les 24h. Seul souci trouver la machine où payer. L’Estonie est à la pointe de la modernité en matière de nouvelles technos : lls ont inventé la e-résidence, le créateur de Skype est estonien et les parkings se payent par SMS…à condition d’avoir une carte SIM estonienne. Il existe même une app avec géolocalisation où le paiement se déclenche automatiquement. Mais quand tu es touriste… et bien il te faut trouver la machine qui va bien et placer le bon vieux ticket derrière ton pare-brise. Finalement la tradition, il n’y a que ça de vrai !

 

Derrière ces murs, les dernières tendances hipster vous attendent !

Et bien sur du street art...partout !



En conclusion si vous recherchez une destination pour un long week-end :  allez à Tallinn, plus vivante et plus dynamique qu’Helsinki. Mais évitez les mois de juillet et Aout… au risque d’être pris au piège dans une foule compacte de touristes. Tallinn en plein été c’est un peu comme Saint Malo ou le Mont Saint Michel : de la folie pure !


Bon c’est pas tout mais après Tallinn, il est temps de voir le reste du pays et comme d’habitude notre regard s’est naturellement tourné vers la côte Ouest et les îles… on ne se refait pas la mer nous attire toujours comme un aimant. Alors avant de partir on fait le plein de GPL (ouf ! on va pouvoir se lâcher car depuis Alta en Norvège on surveillait le niveau de près: pas de GPL dans le nord de la Norvège ni en Finlande) et le plein d’eau ! Et oui depuis le temps que nous fonctionnons avec 2 jerricans Le Lion a scruté la météo et pas de grand froid en perspective.  On va retrouver un peu de confort, fini de faire chauffer l’eau à la casserole et de rincer la vaisselle à la bouteille. Bon par prudence on ne remplit qu’un seul réservoir, et on tente la remise en marche des pompes… suspens...taa dam !!!! Ca ne marche pas ! Et pire que ça le robinet qui est dans la soute et qui doit nous servir pour les douches extérieures (ça c’est encore un rêve) n’a pas aimé le froid. Il a cassé et pendant que Le Lion tente de vidanger l’air du circuit dans la cellule et tente de comprendre pourquoi ça ne marche pas (je ne vous fais pas un dessin sur l’humeur du Lion et le florilège d’expressions imagées qui sort pas la fenêtre) l’eau s’écoule tranquillement dans la soute ! Arghh !!!! On arête tout, on vide la soute on éponge et…on s’interroge sur la suite. Mais ce jour-là, la chance est avec nous car la station-service est en face d’un magasin de bricolage où nous trouvons des bouchons pour fermer les arrivées d’eau du robinet une fois démonté mais pas de robinet de rechange qui corresponde, ni de mécanisme de rechange ( et oui Xtian a démonté le robinet lui-même pour sortir la pièce cassée : Mc Gyver a encore frappé) mais les vendeuse du magasin de bricolage nous indique un magasin de plomberie un km plus loin. Piece de rechange trouvée ! Bilan de la réparation 2 heures de temps et 5€ de pièces. Comme quoi on peut avoir du bol parfois !

Alors on reprend la route direction l’île de Hiiumaa, le temps de vérifier les horaires du ferry et de prendre les e-billets. Là encore pas de guichet, personne au port mais un panneau qui indique la procédure et le QR code pour télécharger l’app qui va bien. 10 mn et 20€ plus tard on a les billets sur le smart phone. Plus qu’à trouver un coin de biv pour passer la nuit, ce qui en mars et dans la campagne estonienne n’est pas vraiment un souci… vous vous en doutez !

Sur les murs de la prison...




3 commentaires:

  1. Cool de vous lire ! On sent qu'après avoir beaucoup bossé dans des conditions bien hard, vous avez besoin de faire les touristes ! Et franchement, ça fait plaisir pour vous ! Bisous !

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  2. Encore beaucoup d'inconnues dans nos programmes, mais j'espère bien y aller en 2020 ! Bravo à vous deux, continuez !

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  3. Je continue à vous suivre ,c'est sympa ! et tellement bien raconté , meme les details se laissent lire avec le sourire .A plus .Bisous a vous 2 .

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