
Après l’Estonie nous avons enchainé sur la Lettonie et
maintenant la Lituanie… bref une plongée au cœur de ces « nouveaux »
pays Européens. En fait voyager à travers les pays baltes c’est osciller entre
parcs naturels, châteaux teutoniques, occupation soviétique et génocide. Un
mélange parfois un peu déroutant… Après la l’Estonie qui semblait avoir
clairement tiré profit de son intégration à l’Europe, tournant le dos à
l’occupation soviétique mais revalorisant son patrimoine hanséatique, la
Lettonie semble traîner encore un peu la patte. On apprend très vite à
identifier les routes principales car le réseau routier secondaire n’est pas
goudronné et en ces périodes de printemps humide et de dégel c’est rapidement
le bourbier. Nous en avons fait l’expérience dès le premier jour en tentant de
se poser au bord d’une rivière au cœur du Parc de la Gauja… le Lion nous a tiré
de ce mauvais pas mais repli stratégique sur un grand parking de départ de
randonnées bien goudronné ! Bon en cette saison pas de souci nous étions
seuls !
 |
| Et oui neige ou bourner il faut choisir ! |
De la Lettonie nous garderons 3 moments forts : la
visite de la base soviétique ultra secrète nom de code « La Pension »,
notre séjour à Riga et… notre 1ere descente en Bobsleigh !
 |
| Bar épicerie dans la base... |
Et oui en fait
visitant ces ex pays soviétiques on en apprend certainement plus sur cette
période communiste et sur la guerre froide qu’en visitant la Russie. Au cœur du
parc de la Gauja c’est-à-dire au milieu de nulle part, et c’est volontaire, se
trouve ce qui fut jusqu’en 1989 une base soviétique ultra secrète sensée
accueillir les 265 personnes indispensables à la conduite du pays en cas
d’attaque nucléaire. Son emplacement a figuré parmi les renseignements
confidentiels jusqu’en 2003 ! Un bunker de 2000m² à 9m sous terre dont 7 m
de béton plombés, caché sous un centre de rééducation, relié directement à
Moscou par le téléphone rouge et aux principales capitales de la zone. Cette
base devait permettre à ces 265 « happy few » de continuer à gérer le
pays pendant 3 mois après une attaque nucléaire. Les équipes se relayaient
toutes les 24h et logeaient dans des bâtiments construits tout à côté avec le
personnel soignant du sanatorium.
 |
| Allo Poutine ? |

Tout y est soigneusement conservé… dans son
jus ! Y compris les cartes accrochées aux murs représentants les zones
impactées et comment par d’hypothétiques bombes nucléaires, les slogans peints
aux murs pour rappeler au personnel de parler le minimum et de se méfier de
tout le monde. Même le réfectoire ou nous avons été invités à
« déguster » le menu typique : une assiette de raviolis russes
avec une cuillère de crème aigre et un verre de kvass, sorte de boisson fermentée
a base de pain noir et de levure ( pour les plus curieux la vrai recette ici :
https://www.youtube.com/watch?v=k1UTJKBMvgc)
aussi populaire dans cette partie de l’Europe que le coca de l’autre côté de
l’Atlantique mais dont nous n’avons toujours pas décodé le goût. Ce qui
m’interpellera toujours ce sont les dates : cette base a été construite en
74 et déclassée en 89 autant dire hier…pendant que je vivais une
adolescence insouciante et festive, que j’étudiais à la fac pas très loin de là
on vivait encore comme dans les années 50 et on se préparait à la guerre
nucléaire. Pourtant cette base était d’un point de vu technologique ce qu’il y
avait de mieux… mais de voir les sas de décontamination avec des douches plus
que rudimentaires, les collections de masques à gaz, les tenues de protection
qui semblent plus symboliques qu’efficaces, les salles de telex et les
commutateurs téléphoniques on a du mal à y croire. Ah oui, à noter une seule chambre et un seul
lit pour le Président de la Lettonie, les autres étaient censés dormir à leur
poste.
 |
| Cantine avec ticket repas... les même fleurs décorent les tables depuis 82 |
 |
| Au menu : Kvass et ravioli |
 |
| Musique d'époque... la guide est super fière de nous le faire écouter ! |
C’est aussi au cœur du Parc de Gauja, à Sigulda, que se
trouve une belle piste de bobsleigh de 1,2km construite pour l’entraînement de
l’équipe soviétique (encore et toujours…aujourd’hui l’équipe russe s’y entraine
encore…). Alors quoi de plus tentant que d’éprouver le grand frisson en défiant
les 16 virages à 80km/h ? Ben rien
alors il ne m’a pas fallu longtemps pour convaincre le Lion et hop en voiture
Simone… euh pardon et hop en bob le Lion ! Une minute et quelques
hurlements plus tard on arrive en bas presque surpris de ne pas avoir basculer
cul par-dessus tête à chaque virage. Jamais je n’aurais imaginé découvrir le
bobsleigh dans un pays où la plus haute colline s’élève à 312m ! C’est
chouette les sensations fortes !


Ensuite c’est cap sur Riga où nous avons décidé pour profiter
de la ville de délaisser la Citrouille et de dormir à l’hôtel. Seule condition…
avoir un parking pour que notre maison sur roues soit en sécurité. On oublie
donc les petites pensions de la vieille ville et ses rues pavées… après moultes
recherches, (merci Booking.com) on se retrouve chez Ibis… et la Citrouille sur
le parking du Mercure juste en face! Il faut dire que les tarifs hôteliers même
dans la capitale sont très abordables : 42€ la chambre par nuit avec petit
dej… on peut se faire plaisir ! Alors 3 jours à Riga c’est l’occasion de
se promener dans les ruelles pavées de la vieille cité médiévale, de
s’émerveiller devant la flamboyance des façades des immeubles du quartier Art
Nouveau, de visiter des galeries d’art contemporain, de plonger dans le
quotidien en faisant ses courses au marché central de Riga abrité dans 4
anciens hangars à Zepellin et qui accueille plus de 1200 marchands de produits
alimentaires mais pas que… C’est aussi le temps de déambuler dans le quartier
de la « petite moscou », le plus vieux quartier de Riga et au cœur de
l’ancien ghetto juif. Enfin c’est aussi le lieu idéal pour aller boire quelques
bières au Café Leningrad ou au Folksklub Ala Pagrabs et y écouter un peu de
musique live en se mêlant à la foule. Riga
est la plus grande des 3 capitales baltes et elle n’a rien à envier aux
capitales d’Europe de l’Ouest. Elle est vivante, vibrante et plus
« authentique » que Tallin. C’est dans tous les cas une ville très
agréable à vivre même si la saison ne nous a pas permis de profiter de toutes
les places, les terrasses et les espaces verts…
 |
| Les halles à Zeppelin qui abritent le marché |
 |
| Café Leningrad : je recommande ! |
 |
| Maison des Tètes Noires, la maison de la guilde des marchands allemands célibataires... |
 |
| Petite sélection de bières... |
 |
| Pour mes copines... il y a même des hotels gratuits pour les chats et une boîte à contribution sur le côté |
Direction Liepãja et la côte de la mer baltique. La
Courlande aujourd’hui paisible littoral désert et sablonneux est l’ancien
territoire des Chevaliers Porte Glaive vaincus par les assauts d’Ivan Le
Terrible au XVIème siècle. Il en demeure de nombreuses plages où quelques kite
surfers profitent du vent et d’une ville au premier abord assez quelconque mais
où peuvent se côtoyer des bâtiments industriels en briquettes rouges et un
salon de thé « La boulangerie » qui vend des éclairs au chocolat sur
fond d’Alain Souchon et Olivia Ruiz.
 |
| Certains ont du courage... |
Il y a aussi le surprenant quartier
Karosta : Une ancienne base navale russe, strictement interdite durant
l’occupation soviétique, qui occupe presque un tiers de la ville. Il en reste
des baraquements vétustes et des immeubles soviétiques en béton assez délabrés
mais pour la plupart encore occupés. En voyant les façades on se demande
comment est l’intérieur… ça fait peur !




Bon les villes c’est bien mais nous préférons nous éloigner
pour passer la nuit derrière les dunes…et découvrir les fumoirs à
poisson ! Dans ces cas-là, le Lion ne résiste pas à tenter d’engager la
conversation et va même taper au carreau. Bon sur ce coup-là c’est pas facile : leur anglais est quasi inexistant et notre
letton, comment vous dire, totalement inexistant… On repartira quand même après
avoir visiter le fumoir avec 6 poissons fumés en cadeaux ! Question du
jour : ça se mange comment ?
Réponse on les dépiaute et après avec des cornichonsà la russe version
XXL et des tranches d’oignons rouges. Pas mal du tout et on ne peut plus
local!
 |
| Miam ! |

Direction Lituanie et comme d’habitude maintenant c’est à
peine si on se rend compte que l’on passe la frontière. Les panneaux sont
discrets et les drapeaux ne flottent pas toujours. Il faut dire que nous ne
sommes pas sur une route principale mais quand même nous nous dirigeons droit
sur Klaipeda et l’Isthme de Courlande. Si on ne remarque pas le passage de
frontière, on se rend vite compte que quelque chose a changé… les immeubles et
maisons sont tout ce qu’il y a de plus moderne, et le développement de la côte
semble très touristique. Certes c’est un endroit très prisé par les touristes
lituaniens et allemands et cette longue bande de sable blanc partagé entre la
Lituanie et l’enclave russe de Kaliningrad est un parc naturel. Pour être honnête
nous avions parfois l’impression de nous trouver dans les Landes ou au Cap
Ferrat. Il y a plus de B&B et hôtels sur ces 50 km que de résidents
lituaniens. Il semble que plus 1,5 Million de visiteurs prennent le bac chaque
année pour y séjourner ou y passer la journée. Au mois de mars les plages sont
désertes, et bivouaquer au bord de l’eau ou derrière les dunes ne nous pose
aucun problème mais je n’ose imaginer en été. Cependant les lithuaniens font
bien les choses, ils font payer l’entrée dans le parc mais en contrepartie les
parkings sont nombreux et les équipements, poubelles et sanitaires aussi. Il y
a des dizaines de kilomètres de pistes cyclables et de chemins qui serpentent
dans les forêts de pins. Du haut des dunes nous pouvons observer les
« pêcheurs » d’ambre qui habillés de pied en cap viennent
« pitrougner » le sable en espérant y ramasser un peu « d’or de
la Baltique ». Bon je pense que j’ai plus de chance de trouver mon bonheur
en pitrougnant le sable de la plage de Gruissan pour trouver des tellines. L’ambre
de la baltique c’est un peu comme la charcuterie corse… toutes les boutiques en
propose « avec leur certificat d’authenticité » mais peu vient du
littoral lituanien. Certes il y en a et on peut en ramasser mais vu les
quantités proposées sur le marché il faudrait que les plages en soient
couvertes. A savoir que le plus gros pourvoyeur de cette résine
« mythique » est la Russie… Mais toujours est il que L’Isthme est
vraiment superbe bordée de dunes encore mouvantes et de pinèdes. Nous avons
aussi l’occasion de voir une incroyable colonie de Cormorans, plus de 6000
individus, qui squattent un morceau de pinède et consolident leur nid en un
balais incessant pour accueillir les nouveaux nés du mois de mai. Alors même si
la météo n’est pas au top, nous décidons de rester quelques jours et en
profitons pour faire des ballades et humer l’air marin.



 |
| Vue de notre bivoac...sur la lagune |
 |
| Le dialogue s'installe |
 |
| Vue de la dune du Parnidis, à Ninda |
Colline des Sorcières sur l'Isthme... une belle ballade au milieu de dizaines de sculptures en bois evocant les personnages du folklore lituanien.
La suite du voyage se poursuit en direction de Vilnius mais
avec quelques détours par le Parc National de Zemaitija où nous replongeons
dans le passé soviétique du pays avec la visite du Musée de la Guerre Froide
abrité dans une ancienne base de lancement de missile nucléaire. Construite
dans le plus grand secret dans les années 60 elle offrait la possibilité aux
Soviétique de réduire en cendres une grande partie de l’Europe. Une visite qui
commence par ce qui était l’entrepôt des têtes nucléaires et se termine par le
silo de lancement enfoui. Il y en avait 4 ! Ca fait froid dans le dos…
 |
| Landeau avec protection anti nucléaire.... on croit rêver ! |
 |
| Mise en scène top réaliste ! |

Dernière étape touristique avant Vilnius : la Colline
des Croix. Les lituaniens sont massivement chrétiens catholique, contrairement
à la Lettonie et l’Estonie majoritairement luthériens, et très pratiquants dons
il y a des oratoires à tous les coins de routes et des Eglises dans tous les
village. Et puis il y a la fameuse « Colline des Croix », un lieu de pèlerinage
que les lituaniens ont utlisé depuis le XIV eme siècle pour témoigner leur
attachement à leur religion, leur identité et leur racine. Il faut dire qu’à
mainte reprises la Lituanie a proprement été rayée de la carte. En fait de « colline »
il s’agit juste d’une tertre mais sur lequel on a dénombré plus de 200 000
croix et chapelets de toutes tailles, matières (du tuyau de plomberie en
cuivre, au marbre noir en passant par le bois ou même des circuits imprimés) et
provenance (Gabon, Chine, Etats Unis, France…) Tout au long de la journée des
cars déversent leurs touristes qui s’empressent d’acheter leur croix aux
marchands du temple à proximité et contribue donc à cet incroyable amoncellement.
Le samedi de nombreux couples viennent y faire leurs photos de mariage. Si la
Lituanie est parfois surnommée le pays de la croix on sait maintenant pourquoi.



En quittant la colline des Croix nous prenons la route de
Vilnius avec un stop au Centre de L’Europe. Il s’agit du centre géographique de
l’Europe. Un lieu symbolique savamment calculé par l’IGN et qui se situe à une 20aine
de kilomètres au nord de Vilnius.
La suite du voyage commence aussi à se dessiner, nous nous
rendrons à Varsovie pour la fin avril où nous retrouverons Anna et sa famille. Une
ancienne amie de Schneider qui non seulement nous accueille mais que nous
mettons à contribution pour organiser la révision de la Citrouille chez Iveco
et aussi pour organiser le changement des roues ! Suite à nos mésaventures
en Belgique et l’éclatement du pneu, nos avons décidé de changer de monture. Notre
citrouille va donc recevoir de nouvelles jantes (commandées en France et
livrées chez Anna) et de nouveaux pneus ( commandées par Anna aussi). Mais vous
en saurez plus le moment venu…ainsi que sur la suite de l’itinéraire, en attendant croisez les doigts avec nous pour
que toutes les pièces du puzzle se mettent en place correctement.
 |
| Elles sont arrivées en même temps que nous ! |
 |
| Fromage à la jelly ! Un must en Lituanie |
Bisous les p’tits loups !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire