Jeudi 25, après 4 jours de pause au Tbilissi Yard Hostel, un
lieu et un quartier où l’on se sent un peu comme à la maison on finit par
s’arracher « définitivement ». Enfin, on ne sait jamais mais à priori
on ne devrait pas y revenir. En route pour le garage afin de remplacer le
ressort de suspension cassé par celui que Georgi a reçu pendant notre absence. Il s’agit d’un
gros garage DAF mais on doit faire pitié car ils nous trouvent un créneau et
s’attellent à la tache illico avec le Lion. Environ 2 heures après c’est
bouclé, la citrouille est à nouveau sur 4 pattes et ne balance plus à gauche.
Oouf ! Coût de l’opération 15€… on ne s’en sort pas trop mal.
Allez quelques photos de Tbilissi avant le départ :
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| History Georgia Memorial... |
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| La plage de Tbilissi Sea, un grand lac en banlieue de la capitale |
Avant de nous diriger vers l’Armenie on décide de visiter le
Monastère de David Garedji qui se situe sur la frontière avec l’Azerbaïdjan. Ce
Monastère bâti par un des 13 Pères Evangélisateurs partis de la Syrie pour christianiser
le monde est constitué de plusieurs chapelles et cellules troglodytes répartis
sur les 2 Etats. Il a longtemps fait l’objet de discussions car le bâtiment
principal est en Géorgie et les chapelles sont réparties sur la crète de
l’autre côté de la frontière. La vue 360° sur le désert alentour est
époustouflante. On arrive le soir est on se pose sur le parking désert comme il
se doit pour faire la ballade dès le matin et ainsi éviter les cars de
touristes qui n’arrive de Tbilissi qu’en fin de matinée.


Le lendemain réveil tôt et départ avec un vent à décorner
les bœufs. Pas bon signe… le sentier pour accéder à la crête est une sacré
bavante et je me dis que je suis contente que la ballade soit une boucle et
donc ne pas avoir à le redescendre. Après 1 heure de grimpette et en vue du
sommet nous sommes arrêtés par une patrouille de militaires géorgiens qui nous
annonce que le sentier est fermé : impossible d’accéder à la crête et aux
chapelles. On a beau discuter, ils nous montrent les patrouilles azéries au
sommet et confirment ainsi que nous n’irons pas plus loin. Impossible de savoir
pourquoi mais on est quitte pour redescendre. Grrr !



Direction la frontière donc à 60 km de là. En route nous
sommes sollicités par des camionneurs qui s’agitent comme des beaux diables sur
le bord de la route. Ils se sont enlisés dans un étang et nous demandent de les
aider à sortir. On n’est franchement pas chauds mais on décide d’aller voir et
on s’engage sur le chemin. 1ère flaque, on passe à droite et… on s’enlise
complètement dans la boue. Le gars nous dit alors qu’il fallait passer à gauche
car c’est du gravier. J’ai cru que le Lion allait le manger… tu crois qu’il
nous l’aurait dit avant ? On est
bon pour tomber les chaussures et descendre dans le bourbier pieds nus.
Impossible de sortir de là, même en se mettant à pousser devant à 4, on dégonfle
donc les pneus. Pendant ce temps le chauffeur se remet sur la route mais, pas
con, aucun autre camion ne s’arrête.
Désespérés on se dit qu’il va falloir sortir les plaques à sable ce qui
ne nous enchante pas du tout vu les conditions. Au dernier moment, le chauffeur
du camion demande à Xtian s’il peut essayer de conduire. Tout le monde devant
et on pousse. Au miracle, il accélère à fond, gansaille le volant dans tous les
sens, un coup marche avant, un coup marche arrière et au miracle il arrive à sortir
la Citrouille de son merdier dans une grande gerbe de boue. Le Lion reprend le
volant et finit par sortir le camionneur de son étang. Eclats de joie,
effusions, remerciements et pfiuu, les voilà qui disparaissent comme des
voleurs. Nous, il nous faudra encore plus d’une heure pour tout remettre en
état. C’est-à-dire nettoyer la sangle, le poste de conduite, les roues, nos
jambes, regonfler les pneus…et tout ranger. On les maudit encore !

Mais comme une journée de m…. est une journée de m….. et
bien les galères n’en finissent pas et on se prend un PV à Roustaveli pour
avoir franchi une ligne blanche en tournant à gauche. Quand on sait comment les
géorgiens conduisent on hésite entre hurler et pleurer. Mais face à la police…
pas beaucoup de marge de manœuvre. Résultat 50 Gel à payer à la banque… qui est
en face. En Géorgie tu peux tout faire à partir de bornes automatiques :
payer tes impôts, tes factures de tout, recharger ton tel… et payer tes
amandes. Ca c’est fait, soit 15€.
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| Roustaveli... sympa comme ville, non ? |
Enfin on arrive à la frontière, tout se passe super cool
(heureusement) mais il nous faut prendre une assurance pour la voiture et là
c’est arnaque totale. Tu es pieds et poings liés alors te faire payer 75€ pour
un mois… même pas peur, sans parler des 20€ de taxe écologique (si si vous avez
bien lu…). Tu as beau râler, c’est la même.
Bon on se calme et on décide d’aller se poser dans les
montagnes, vers le Monastère de Goshavank. Nuit calme… qui nous fait du bien.
Le lendemain c’est visite de notre 1er Monastère arménien… un début parce
que d’après ce que l’on a vu si tu aimes ça tu peux en voir des centaines. Il y
en a partout des plus ou moins connus, plus ou moins réputés pour leur Saint,
plus ou moins actifs, avec une plus ou moins belle vue alentours, bref le
tourisme religieux est un incontournable. En ce qui nous concerne on n’a pas
prévu de tous les faire et notre principal critère de choix repose sur le décor
alentours ou la route qui y mène.
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| Je sais pas qui c'est mais il fait peur... |
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| Monastère de Goshavank |
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| Eglise de Sevanavank |
Alors hop en voiture Simone et direction le Lac Sevan une
sorte de mer intérieure immense qui ressemble en cette saison à Palavas Les
Flots du moins du côté de la ville de Sevan. Et comme on a perdu le sens des
semaines, non seulement c’est la saison estivale mais en plus c’est dimanche. C’est
une immersion directe dans le tourisme de masse arménien. Des centaines de
familles, groupes d’amis s’agglutinent sur de minuscules plages autours de
tables de pique-nique aménagées avec des bâches bleues pour protéger du soleil
et des barbecues. Leurs voitures regorgent de victuailles et une fois vides le
coffre sert aussi à faire la sieste. Difficile de décrire le bordel ambiant
avec des dizaines de voitures qui crusent le long de la plage sur des chemins
pas plus larges de chemins de halages. Un joyeux concert de klaxon semble
réguler la circulation. Dans l’eau, à 2m du bord, se côtoient pédalos,
baigneurs, jet ski, bateaux… et sur
terre tout ce beau monde rit et papote dans un nuage de fumée saveur kebab. Sur
les barbecues grillent de gigantesques brochettes de viande et des tas
d’aubergines, poivrons, tomates et autres légumes. Le tout arrosé de bière
locale si ce n’est de vodka… En fait il est même difficile de trouver un
« vrai » restaurant car la plupart des établissements ne font que
louer ces emplacements de pique-nique à la journée. Pas un n’est libre… Après
avoir réussi quand même à boire une bière et manger une brochette on décide
d’essayer de trouver un emplacement plus calme pour bivouaquer. On n’est pas
franchement optimiste et on se prépare à un pis-aller mais que neni en
s’éloignant de l’agglomération et surtout de la nationale qui relie le Lac à
Yerevan on trouvera une sorte de presqu’île bien moins fréquentée et sur
laquelle nous serons les seuls à partir de 6 h du soir. Le bonheur…


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| Préparation des brochettes... c'est du sérieux |
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| vous avez dit "embouteillage"? |
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| Ouf! Le calme de fin de journée |
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| Avec en prime un magnifique coucher de soleil |
Nous continuons de suivre la rive du Lac en nous arrêtant ça
et là pour une visite touristique comme une chapelle qui surplombe les eaux ou
le cimetière de Noradouz, réputé pour sa collection de Katshkars, ces stèles
funéraires ciselées dans la pierre comme de la dentelle, caractéristiques de
l’Arménie. Ici les plus anciennes remontent au IX siècle et une légende raconte
que pour faire face à une attaque du guerrier turco-mongole Tamerlan, au XIVème
siècle, les habitants du village ont posé sur chaque stèle un casque et une
épée. De loin l’ennemi a cru avoir à faire à une armée bien organisées et a
décampé aussitôt.
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| Hayravank Monastery |
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| Et toujours les eaux turquoises du lac Sevan |
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| Katshkars du cimetière de Noradouz |
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| Quand tu gardes les moutons dans le cimetière à l'ombre des Katshkars |
Quand vient le moment de faire quelques courses, on s’aperçoit
que les épiceries de campagne ne sont pas aussi bien achalandées qu’en Géorgie
et il nous faut en faire 5 pour arriver à trouver ce dont nous avons besoin. Le
plus dur étant un litre de lait. La vision des brochettes de la veille a
réveillé en nous une envie de viande et grâce à Google trad nous tentons de
trouver une boucherie. Je ne peux vérifier l’exactitude de la traduction en
arménien de ma demande (où puis je acheter de la viande ?) mais mes
interlocuteurs dans la rue rient beaucoup en lisant mon téléphone. Cependant
ils nous dirigent tous dans la même direction… on finira par trouver l’estancot
du boucher (oui oui un estancot) qui nous accueille tout sourire devant son
vieux billot de bois et son quartier de bœuf.
Le temps que l’on comprenne que l’on n’a pas le choix et que l’on se
décide, on se retrouve avec 2 shots de vodka en main en train de trinquer et
hop cul sec. Erreur, pour nous faire patienter le temps de nous servir, 2ème
tournée. Il nous prépare ensuite 2 petites cotes de bœuf soit 1 kilo de viande
pour la somme de 4€. Et comme il est très content de servir des français, il
nous fait gouter son « domo vino », c’est-à-dire un petit verre de
vin rouge qu’il fait lui-même un peu sucré. Xtian lui dit qu’il est très bon,
du coup il nous fourgue le reste de la bouteille dans le sac. Il est 14h30 et
moi je vous le dis c’est pas facile le quotidien en Arménie. Si tu ne fais pas
gaffe c’est un truc à finir alcoolo.
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| Bouteilles d'eau de vie au supermarché... |
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| Cascade de Jarmuk |
Pour la suite nous allons continuer à nous diriger vers le
Haut Karabagh, cette République auto-proclamée de Transcaucasie depuis 1991 et
majoritairement peuplée d’Arméniens. Seuls 3 Etats dans une situation
identiques la reconnaissent : La Transnistrie (en rupture avec la
Moldavie), l’Ossétie du Sud (en rupture avec la Géorgie), et l’Abkhazie (en
rupture avec la Géorgie).En fait c’est une terre historiquement arménienne mais
durant l’occupation soviétique, Staline a décidé de la donner à l’Azerbaïdjan.
Depuis la population n’a cessé de réclamer son indépendance ou son rattachement
à l’Arménie. Le Haut Karabagh est la source du conflit armé entre les 2 états
même si une trêve a été signé en 1994. Inutile d’essayer d’entrer en
Azerbaïdjan si vous avez été au Haut Karabagh auparavant. Donc en se dirigeant
vers la frontière iranienne, on est en fait dans une sorte de corridor coincé
entre le Haut Karabagh et le Nakhitchevan qui est une enclave d’Azerbaïdjan
entre Arménie et Turquie. Bon vous me suiviez ? Parce que je reconnais que
dans la région la situation politique n’est pas simple… et les passages de
frontières parfois compliqués. De fait, nous avons dû revenir en Géorgie depuis
l’Azerbaïdjan pour passer en Arménie et nous devrons revenir en Géorgie à
nouveau pour passer en Turquie. Entre temps nous allons faire un aller-retour
vers le sud de l’Arménie.



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| Site de Zorats Karer, le Stonehedge arménien |
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| Cascade de Shaki |
Les paysages sont uniques faits de chaînes
montagneuses brulées par le soleil et percées de profonds canyons où s’étirent
de longues coulées vertes sur les berges des rivières. De loin en loin des
monastères affleurent sur les contreforts. Les villages sont rares, assez
pauvres, mais la beauté des lieux est remarquable. La température en journée
dépasse les 40° mais heureusement la nuit on retrouve une relative fraîcheur
due à l’altitude et parfois à des orages.
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| Monastère de Vorotnavank |
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| Melik Tangi Bridge à Vorotan |
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| Les montagnes de basaltes font de bien étranges dessins |
Ce jour nous venons de rallier le Monastère de Khor Virap à
la frontière turque avec une magnifique vue sur le Mont Ararat même s’il a la
tête dans les nuages. Nous ne sommes pas installés depuis 2 heures sur une
colline proche du village que nous avons eu la visite de Adelina et de son
maître. Une superbe chienne husky de 2 ans avec 2 de ses "petits" de l’an
dernier. On a passé un bon moment à « échanger » avec leur maître
qui après nous avoir indiqué où il habite au cas où nous aurions besoin de quoi
que ce soit, est revenu nous offrir de pots de confitures maison et nous
présenter Panda, le dernier né de Adelina. Super bébé husky de 40 jours. Il
n’est pas aussitôt reparti qu’une autre voiture est arrivé avec l’entraineur de
foot des enfants du village venu nous « parler » de Platini, Zidane
et Griezmann. Ca nous change parce que depuis notre arrivée en Arménie des que
l’on met un pied dans un resto, on a droit à l’intégrale de Charles Aznavour.
Je n’ai jamais autant écouté La Bohème de ma vie. A part ça comme un arménien
ne sait pas venir les mains vides il nous a porté une pastèque (au moins 5 kg)
et un melon (environ 2 kg), j’ai réussi à lui faire comprendre que nous avions
de quoi boire parce que sinon il revenait avec des bonbonnes d’eau et du vin.
Bon je crois que l’on ne va pas manquer de fruits pour les jours à venir… reste
que ce qui manque le plus c’est la place dans le frigo.
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| Monastère de Khor Virap |
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| Bivouac du jour avec vue sur le Mont Ararat ( debout à 6h15 du mat pour qu'il soit dégagé: dur dur) |
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| Les champions du foot! |
Tant de gentillesse
spontanée et de générosité sont vraiment touchantes alors même que l’on ne peut
échanger que quelques mots. C’est ça la richesse des voyages, autant de beautés
naturelles que de beautés humaines.
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| Voici Panda, 40 jours... |
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| Et sa maman Adelina |
Allez les amis, on va maintenant profiter d’une fin après
midi calme pour faire quelques essais de sangles.
Bises à tous et à bientôt !!
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| Bisous ! |
j'aime bien les photos où Xtian s'essaye à jouer la coccinelle de Gotlib. Bisous. TCL
RépondreSupprimerLEs paysages sont magiques, merci du partage.
RépondreSupprimerExtra! On vous embrasse les amis.
RépondreSupprimerAnne et Brice