jeudi 7 octobre 2021

Hongrie : bienvenue au pays du vin !


Après la République Tchèque et la Slovaquie plutôt tournées vers la production de bière nous sommes arrivés au pays du vin et de l’eau. Alors soyons clairs, le vin c’est pour le boire mais l’eau c’est pour se baigner car la Hongrie compte un nombre incalculable de spa et centres thermaux avec des sources chaudes. Plus de 333 dans tout le pays !

Nous avons franchi la frontière il y a un peu plus de 10 jours et on a déjà testé les 2, histoire de ne pas être en reste.

Coté viticulture, la Hongrie compte 22 régions viticoles sur 140000 Ha, c’est le 15eme exportateur mondial…

Mais la Hongrie est surtout connue pour son célèbre vin, le Tokaji. Ce vin blanc liquoreux efface par son prestige international les autres productions. Durant la période communiste, pour qui la culture manuelle sur les coteaux n’était pas très rentable, qualité et quantité produites ont connu une sérieuse baisse mais les investissements étrangers depuis la chute du rideau de fer ont de nouveau hissé la production vers une qualité reconnue. C’est ainsi que la plus prestigieuse cave de Tokaj que nous avons visité appartient à une Holding du Luxe français Michel Herbeys (ce Monsieur est l’ancien pdg de Justin Bridou et Cochonou reconvertit dans le business du luxe) qui a négocié avec l’Etat hongrois (propriétaire des terres) un bail d’exploitation emphytéotique.



C’est donc à Tokaj que nous faisons notre 1ère halte. Avec 5 500 hectares de vignes au nord-est de la Hongrie, le vin de Tokaj est issu de raisins touchés par la pourriture noble (comme le Sauterne). Six cépages sont autorisés dans les vins de Tokaj mais les stars sont le furmint et l’hárslevelű,



D’après la légende, au début du 17ème siècle, Zsuzsanna Lórántffy et son chef de vigne, ont décidé de reporter les vendanges en raison de l’invasion turque imminente. Quand ils ont enfin pu récolter les raisins, ils étaient devenus complètement flétris et, surtout, botrytisés (atteinte pas cette fameuse pourriture noble). Ils ont quand même décidé d’utiliser ces baies – appelées les baies « aszú » – pour faire du vin, le Tokaji est né.

La caractéristique essentielle du Tokay réside dans le fait que les raisins ne sont pas vinifiés immédiatement. Les grains botrytisés sont récoltés un à un par plusieurs passages successifs dans les vignes (jusqu'à 4 et jusqu’en novembre). Stockés à part, ils sont réincorporés à du vin sec récolté et élaboré plus tôt dans la saison. Ce mélange provoque une nouvelle fermentation. Le nombre de hottes (dites puttonyos) de grains aszus ajoutées à chaque fût détermine le degré de concentration et de qualité du vin : trois, quatre, cinq, six puttonyos. Un Tokaj dit « 6 puttonyos » contient 200g de sucre par litre de vin, mais avec un degré d’acidité proche de 11%, ce vin n’est ni sirupeux, ni écœurant, il mérite totalement la renommée que lui a donné Louis XIV : « le Roi des vins et le vin des rois ». Il faut dire qu’à cette époque-là le sucre était une denrée rare, alors un vin naturellement sucré… En ce qui nous concerne on a pleinement apprécié sa dégustation même si les prix sont les même que ceux que l’on a en France, aux alentours de 45€ la bouteille de 50cl.


Bref alors que nous avions quelques à priori sur ce pays pas vraiment démocratique et tendance extrême droite, le Tokaj a modéré nos ardeurs. Et pas que d’ailleurs car c’est aussi un pays qui vit comme dans l’ancien monde, celui d’avant COVID. Pas de masque nulle part, pas de contrôle… c’est étrange d’aller faire ses courses au supermarché sans son « respirator » FFP2, on n’est plus habitué mais franchement on s’y refait vite !





A part les vignes; il y a aussi des Citrouilles !

Après le vin (en tout cas la 1ere étape viticole, parce ce qu’il y en aura d’autre c’est promis) on se met dans le bain avec les thermes troglodytes de Miskolc. Que du bonheur ! 4 heures à barboter dans différentes piscines dont la température oscille entre 28 et 33°. Les éclairages et la mise en scène des bains sont des plus agréables et nous sommes plutôt contents d’avoir attendu le lundi pour éviter la foule du week-end. En Hongrie les spas et bains turcs n’ont rien d’une pratique luxueuse et les tarifs d’entrée sont plus que raisonnables, ici 6€ les 4 heures. Je ne sais pas combien nous allons en tester mais c’est sur Miskolc est le 1er mais pas le dernier comme le vin.


D’ailleurs dans un souci d’alternance et d’équité, nous partons sur Eger pour tester une autre région viticole productrice d’un vin rouge reconnu et apprécié dans tout le pays : le fameux « Egri Bikaver » traduction littérale de « sang de taureau ». Pour être sûr de parfaire notre dégustation direction la « Vallée des Belles Femmes » dans la périphérie d’Eger. Un quartier ou plutôt une place avec en son centre un joli jardin et tout autour les caves de domaines viticoles qui effectuent sur place la vinification de leur production et offrent des jolies terrasses pour déguster et acheter. Toutes ces caves sont souterraines et en ce moment c’est un ballet de tracteurs et remorques qui amènent les raisins vendangés devant chaque cave où ils sont égrappés et pressurés. Il plane partout une odeur de caractéristique de moût. En ce qui nous concerne, après avoir tester quelques productions locales nous resterons dormir sur le parking… en prévision d’une visite de la ville. Effectivement, Eger mérite une halte, c’est une jolie ville avec un centre piétonnier, des cafés avec leurs terrasses accueillantes, un château qui domine et un minaret qui est là pour rappeler l’occupation ottomane. La météo est toujours avec nous et même si le ciel se fait menaçant en fin de journée, les températures avoisinent les 25°. Ca nous change de l’automne des Hautes Tatras, et même si le feuillage des arbres a pris des couleurs jaunes et rouges nous avons ressortis « la garde-robe » d’été.








Direction Hollokö, un petit village hongrois à la frontière slovaque, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. En fait, il s’agit d’une sorte de musée en plein air avec 2 rues en tout et pour tout mais au moins 4 parkings autour (ça vous donne une idée de la fréquentation touristique, heureusement que l’on est tout début octobre). Les constructions, maisons et Eglise en bois sont typiques de la culture Palocze. En fait les Paloc sont un groupe ethnique local dont les origines demeurent encore mystérieuses. Ma foi, notre inexpertise en ethnologie locale ne nous permet sans doute pas de prendre la mesure de l’originalité du lieu… Il fait beau, la balade est agréable mais on a vite fait le tour en 2 heures max (et en prenant son temps) et comme on n’est pas fan des bivouacs sur les parkings on se met en quête d’un lieu plus isolé.




Octobre c'est le mois des sorcières !

Ce qui nous rapproche encore plus de la frontière slovaque où nous trouvons un petit lac entièrement bordé de baraques de pêcheurs super paisible. Tellement que l’on y reste 2 jours à buller… avant de se rapprocher de Szentendre et de la banlieue de Budapest. Et maintenant que l’on maitrise la cuisson des tartes et pizzas au four, Xtian en profite pour nous cuisiner une magnifique tarte aux pommes que l’on déguste au soleil avec un verre de vin blanc. Oui je sais c’est trop dur, mais il nous faut bien ça pour supporter l’épreuve qui nous attend : trouver un hôtel à Budapest… ce qui signifie passer quelques heures sur booking.com, scruter google maps à s’en faire mal aux yeux, envoyer des mails pour savoir si le parking prétendument associé à l’hôtel ciblé permet d’accueillir la Citrouille et croiser les doigts en attendant une providentielle réponse. Le tout bien évidemment dans un budget raisonnable (sinon c’est pas drôle) et pas à 6km du centre-ville parce que dans une capitale comme Budapest les prix sont proportionnels à la distance.



Zone VIP !

THE tarte aux pommes du Chef !


Coup de chance ! On a une réponse positive de l’Evergreen Budapest Guest House, on part donc du principe que ça va être ok et si pb… ben il y aura repli sur le camping de la ville dont les critiques ne sont pas top mais quand on en est au plan B, on ne fait pas la fine bouche.

En attendant il nous reste une étape à Szentendre ( Saint André en français dans le texte) dans la banlieue de Budapest. Szentendre n’a rien de très sexy au 1er abord, c’est sans doute pour cela que l’on est positivement surpris de la découverte de la vieille ville avec ses rues piétonnes pavées, ses galeries d’art et ses mille et une églises serbes othodoxes (si si c’était le siège de l’Evêque orthodoxe serbe ne Hongrie au XVeme siècle) Alors, on va pas se mentir, le coté pôle artistique du centre-ville avec ses décos, les bars sur les berges de la courbe du Danube, tout ça peut avoir un air un peu trop artificiellement idyllique mais pas plus que Saint Paul de Vence finalement. Donc on savoure… et en parlant de savourer on se lance même le défi de gouter la street food locale : un langos. C’est un large beignet salé, super moelleux (pour les marseillais on dirait un chichi, une référence quand même) cuit devant vous et servi nappé de fromage râpé ou de crème aigre voir des 2. Un vrai délice même s’il s’accompagne aussi une bonne dose de culpabilité diététique. Pas grave on ira faire une balade supplémentaire !



Au cas où vous auriez oublié le Hongrie c'est aussi ...le paprika !

Langos, cheese ou sour cream ?




A Szentendre c'est toujours le Danube : 2850km...

Après le Langos, faut éliminer !

Et comme vivre sur la route c’est aussi gérer les emmerdes du quotidien (ben voui on ne vit pas sur une planète magique), un des 2 feux de la gazinière ne fonctionne plus. Enfin il s’allume et s’éteint au bout de 5 minutes. Le lion a donc pris son courage à 2 mains cet après-midi et il s’est lancé dans le démontage en règle de la plaque et des brûleurs pour essayer de comprendre le pourquoi du comment et y remédier. Bon au stade actuel je ne peux vous dire ce qu’il en est… des vis, des rondelles, du W40 et des outils partout mais la patience du Lion résiste ! A suivre !

Breaking news: la plaque a gaz n'a rien voulu savoir... mais la panne a été identifiée c'est le thermo couple qui est mort. Va falloir essayer de trouver la pièce en Hongrie, encore un nouveau challenge. Si l'un d'entre vous connait le Narbonne Accessoire local ou le revendeur Dometic à Budapest et si en plus il sait dire "thermo couple" en hongrois, promis il sera inscrit au Panthéon de nos sauveurs.

Parfois la balade se finit sous la pluie !

Bisous à tous !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire