jeudi 19 mai 2022

Code pays MNE… ça vous dit quelque chose ?



Comme je vous l’avais dit dans le précédent post c’est avec un vrai pincement au cœur que nous avons quitté l’Albanie pour rallier le… Monténégro ! Alors pour ceux qui ne sont pas au courant le Monténégro n’est pas plus grand qu’un département français et compte moins d’un million d’habitants. Pas plus de 200 km de la côte adriatique à la frontière serbe et tout autant d’Est en Ouest. Et ce petit pays des Balkans fait partie de l’Europe et même de la zone Euro. Ce qui signifie que les tarifs sont comme en France, que l'artisanat c'est du "local made in China" et que pour les courses c'est supermarché sinon rien. Autant vous dire que 17 jours sur place nous ont suffi à sillonner le pays depuis les montagnes du nord, aux villages fortifiés du bord de mer. Certes le Monténégro partait avec un handicap vu notre coup de cœur albanais mais du coup soyons honnête, ce pays ne nous marquera pas. Arrivés sous la pluie un 1er mai dans les montagnes du nord à Plav, le lac de montagne doit certainement avoir meilleure allure sous le soleil mais dans notre cas c’était bof d’autant plus que tout était fermé, pas seulement le 1er mais aussi le 2 et le 3 car dans cette région c’est l’Islam qui est la principale religion alors fin de Ramadan oblige, c’est férié et un peu tristoune. Mais heureusement pour nous il y a quand même un kiosque ouvert avec une vieille dame qui ne parle pas un mot d’anglais mais qui nous vendra notre carte SIM avec sans doute la meilleure offre existante : 500 giga pour 15€. Elle nous aidera aussi tant bien que mal à l’activer, ce qui n’est pas évident car même si l’offre s’appelle le « tourist package » toutes les instructions sont en monténégrin… c’est-à-dire en serbo-croate. Et oui ce pays est indépendant depuis 2006, mais la langue a beau s’appeler le monténégrin, elle ne date pas de ce moment-là… On retrouve aussi un mix entre alphabet romain et alphabet cyrillique bien que ce dernier ait tendance à disparaitre… tourisme de masse et intégration à l’Europe oblige. 




Bref, on attaque notre séjour par les montagnes, les parcs nationaux et une succession de belles balades autours de lacs. Le Monténégro a tout compris au tourisme et l’entrée de tous les Parcs Nationaux est payante. Comme ces parcs sont très étendus (il y en a 5) il n’y a pas d’entrée partout mais vous pouvez vous faire contrôler à tout moment, et devoir régler votre dû à un ranger. Après la forêt primaire de Biogradska, en route pour le Parc Durmitor, en remontant la rivière Tara et son spectaculaire canyon. 
C’est le 2eme canyon le plus profond au monde après le Grand Canyon mais la partie la plus spectaculaire est encore inaccessible avec notre monture. Pas grave, comme tous les touristes nous faisons halte au pont qui traverse la rivière bordée d’échoppes à Raki et qui propose de tester des descentes en tyrolienne. Très peu pour nous, on continue donc la route pour retrouver nos copains Elodie, Djeg et Maloa que nous avions rencontré en Albanie. L’occasion de se faire un bel apéro et de profiter ensemble de quelques bivouacs, bien que pour eux ce ne soit pas aussi facile, car Robert Grognon le Camion fait 12m de long et 19 tonnes. On oublie donc les prairies d’herbe fraîche et les petites routes sinueuses. Nous nous séparerons à côté de Zabljak au bord du Vrazje Jezero (Le Lac du Diable) car nous prévoyons de traverser le Parc Durmitor par une toute petite route que nos amis n’envisagent pas de tenter avec leur PL. 

Dans la forêt primaire de Biogradska :


il y a un tapis d'ail des ours...


Toujours un truc à réparer...

Le Canyon de la Tara River :



Balade dans le Parc de Durmitor :









Et voici Robert Grognon le camion



1er névé...
Il s’avèrera que notre initiative va s’arrêter plus rapidement que prévu à cause de la neige…et de la route fermée. En fait ça, tu t’en aperçois quand tu arrives sur ton 1er névé et qu’il y en a plein d’autres derrière. Dommage mais on ne s’avoue pas vaincu aussi facilement et puisqu’il parait qu’à l’autre bout de la route on accède quasiment en haut du col et que c’est super beau (dixit un motard français croisé par hasard) on va tenter l’aventure. Hop, on contourne le massif pour attaquer la montée côté Pluzine. Je crois que le Lion a vraiment pris sur lui et sur son vertige pour nous conduire jusqu’au plateau d’altitude via une route à flanc de montagne sans barrière de sécurité. Asphaltée, certes, mais à une seule voie sur plus de 20 kilomètres. Au sommet un immense plateau avec 2 petits villages quasiment coupés du monde mais qui se préparent à accueillir les touristes estivaux. Nous ne rencontrerons que des bergers et leurs moutons au milieu d’une immensité montagneuse. Les orages seront aussi de la partie pour rajouter une touche dramatique à ce magnifique cadre encore désertique… plus pour longtemps sans doute, vu le développement des infrastructures touristiques. Bref on prend notre temps et on goute au calme car pour la suite ce sera direction le sud et la Côte méditerranéenne. 
Canyon sur la Piva river







Au secours ! on est envahi !!!

Notre petite route...


Sur la route on fera un stop au Monastère d’Ostrog, un monastère du XVIIème siècle littéralement incrusté dans la falaise et haut lieu de pèlerinage dédié à Saint Basile d’Ostrog. C’est le monastère le plus visité du Monténégro et pourtant ça se mérite si on se gare au parking d’en bas… une bavante tout en escaliers de guingois de 250 m de dénivelé sur 1,2 km. Arrivée en haut totalement exténuée… on comprend mieux pourquoi les visiteurs prennent un taxi (en saison il y a des navettes) qui les dépose devant l’entrée. 






Normalement 75 km de bonne route nous séparent de la Côte, mais on est toujours à la recherche de chemins un peu hors sentiers battus alors en cherchant bien on a trouvé une jolie route secondaire qui traverse les massifs montagneux et nous conduit droit sur le Parc de Lovcen et Cetinje, capitale historique de pays souvent appelée capitale de trône. Alors ne vous y trompez pas c’est une petite ville d’à peine 16 000 habitants que l’on traverse sans même y faire attention. Par contre ce fut pour nous l’occasion de tomber sur le chantier pharaonique de la fameuse autoroute censée désenclaver le pays mais signe surtout son aliénation à la Chine. En effet en 2015 le Monténégro a emprunté 1 milliard à la Chine pour financer cette autoroute qui devrait relier Bar, plus grand port industriel de Balkans à l’Europe Centrale. C’est aussi une société sous mainmise chinoise qui est chargée du chantier. Six ans plus tard seulement 40 kilomètres sont en construction et pour les avoir vu, on vous garanti qu’ils sont au milieu de nulle part et ne relient rien à rien. Bref pour terminer le parcours de 170 km (dont 40 ponts et 90 tunnels) l’Etat du Monténégro va devoir mettre la main à la poche faute de quoi il devra céder ses terres à la Chine en dédommagement. Corruption et scandales sont au cœur de ce chantier initié par Milo Djukanovic, Premier Ministre ou Président depuis 3 décennies et qui bien évidemment appelle l’Europe à son secours alors même que Banque Européenne et FMI avaient refusé de le financer en 2014. Bref, petit pays mais grosse dette franchement foireuse et pour avoir vu le chantier c’est pas demain que ce sera terminé, sans parler des dommages écologiques évidents. 

Petite jeu du avant / après sur la P15 :




En ce qui nous concerne l’arrivée sur Budva, nous laisse bouche bée. On quitte la solitude des montagnes pour le tourisme de masse. La côte monténégrine n’a rien à voir avec les grandes plages italiennes, on est plutôt sur une côte très découpée avec de petites plages mais chacune d’entre elle accueillent ses rangées de parasols. Heureusement pour nous, la saison n’a pas encore commencé et on pourra se poser tranquillement sur le parking d’une petite crique au bord de l’eau et se baigner (enfin moi seulement parce que le Lion va se mouiller les pattes mais pas plus). 



Sur la plage... à l'ombre du muret 

Sans mentir l'eau est très bonne !

Bel effort !


Puis nous nous dirigerons vers les très renommées Bouches de Kotor. Comment ça ne vous dit rien ? Mais comment se fait-il ? Bon alors j’arrête parce que nous aussi avant de s’intéresser de plus près à notre parcours j’ignorais l’existence de ce haut lieu touristique. Et quand je dis haut lieu, c’est un euphémisme… le petit port de Kotor accueille quotidiennement un paquebot de croisière qui déverse son contingent de visiteurs le matin pour les réembarquer en fin de journée afin de naviguer de nuit jusqu’au prochain stop. Et quand on se réveille le matin un autre paquebot a jeté l’ancre. Alors soyons honnête, le paysage est juste magnifique, un fjord ensoleillé ourlé de montagnes, ponctué de petites îles avec des chapelles et bordé de villages médiévaux fortifiés. Nous trouvons un petit parking pas trop excentré et relativement au calme pour nous poser. Chance, c’est le seul à être encore gratuit car dans la ville le tarif c’est 50€ les 24h. Je dis chance car durant le week-end ils sont venus installer une guérite de péage avec tarifs de saison. Ouf on passe entre les mailles. Nous nous laisserons séduire par une sortie en bateau (un minuscule speedboat avec 6 passagers) qui nous permettra de découvrir les paysages depuis la mer et visiter la Blue Cave qui n’est accessible qu’en bateau. Ils sont des dizaines sur le port à haranguer les badauds et à proposer la même balade de 3 heures, c’est même carrément flippant mais l’envie est trop forte alors on en choisit un au hasard et coup de bol, il est très sympa. Ce sera aussi l’occasion de découvrir que le Monténégro ne semble pas accorder trop d’importance aux pressions économiques sur la Russie. En effet un oligarque russe vient de racheter l’île de Mamula dans les Bouches. Dessus un fort du XIX ème siècle qui a servi de camp de concentration aux italiens pendant la seconde guerre mondiale. Et bien à partir de la fin de l’année vous pourrez, moyennant quelques milliers d’euros, dormir dans une cellule transformée en hôtel 4 étoiles Luxe. 

On ne se sent pas seul !

Puisqu'on est en ville... ne pas se laisser abattre


Lady of the rocks : 20mn d'arret tout le monde descend !

Tunnel pour cacher les bateaux et sous marins pendant la 2nde guerre mondiale, ils ont été terminés 2 semaines avant la fin de la guerre, donc n'ont jamais servi.


Ile de Mamula, 10 000$/nuit pour dormir en cellule...

Blue Cave, il parait que l'eau est à 22° tout le temps...



Propriété de Lionel Messi (foot) à Rose



Kotor, la ville un mini Dubrovnik :




Quand il n'y en a plus... il y en a encore !

Bon, on a notre dose de tourisme de masse alors on quitte Kotor en moins de 48 heures et on va se poser plus au calme devant l’île aux fleurs au pied d’un monastère. 




Dernière étape avant notre passage en Bosnie, Herceg Novi un autre village fortifié construit à flanc de colline. Nos mollets ne nous disent pas merci car si la vue du parking où l’on se pose est magnifique, les 350 marches d’escaliers pour la visite du village ne sont pas faciles faciles. Mais quand on aime…on y va ! Et comme en plus c’est notre dernière étape monténégrine, on s’offre le luxe d’une 2eme descente en soirée pour aller boire un verre à la terrasse d’un café sur une superbe place bien nommée : Belavista ! 



Dernier repas monténégrin... un classique !


Dernier copain monténégrin... un grand classique, ils sont les rois partout !

Hier nous avons donc quitté le Monténégro, un pays avec des paysages magnifiques qui méritent d’être découverts mais un pays extrêmement tourné vers le tourisme de masse et auquel il manque ce supplément d’âme que nous recherchons. En route pour la suite de nos aventures…Impatients de vous raconter notre virée en Bosnie Herzegovine…

Bisous à tous !


1 commentaire:

  1. Je mets des posts mais je ne sais toujours pas si vous les recevez...
    En tout cas "reportage" toujours aussi passionnant. Bravo !
    Jean

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