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| Le mojito c'est pas zambien mais c'est bien quand même. |
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| Brochette de crocodile, pas mal du tout ! |
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| Panneau à l'entrée de la ferme, un "dung beetle" c'est un bousier ! |
Direction Lusaka, la capitale dont la réputation question trafic routier fait le tour du pays. A Livingstone les locaux nous disent partir au milieu de la nuit pour être sûr de pouvoir la traverser avant 6h du matin. Ophélie et Bruce avaient mis 3 heures pour passer du sud au nord avec 2 barrages de police en sus. Comme nous ne sommes pas pressés et que le gros problème ce sont les énormes camions sur la route, on décide de ne pas se précipiter et de passer la ville un dimanche matin. Grand bien nous fait on met 20mn pour traverser la ville et stopper au centre commercial pour un plein de courses. Puis on attaque la dernière ligne droite jusqu’à Chipata. Enfin quand je dis dernière ligne droite on met quand même 3 jours… vue que les paysages sont superbes, verts et vallonnés, on fait des stops. Par contre il y a des villages partout ce qui ne nous facilite pas la tache pour trouver des spots où se poser la nuit. Si jamais tu es en vue, il y a toutes les chances que tu sois gentiment assailli par les villageois surtout s’il y a des enfants. Et puis comme ils n’ont que très peu de voitures il y a quasiment aucune piste qui s’enfonce dans le bush, seulement des sentiers pédestres ou des sentiers à vache. Or, la citrouille a du mal à se faufiler sur 2 pattes entres les buissons. Mais soyons honnêtes on trouve des coins sympas quand même et arrivés à Chipata nous avons trouvés une guest-house car dormir en ville dans le camion c’est dur.
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| Vente de charbon de bois sur la route, de quoi faire quelques BBQ |
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| La meilleure place du village : à l'ombre et face à la route. |
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| Un frigo à transporter, pas de problème ca rentre ! |
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| Taxi moto avec parasol intégré ! |
C’est en faisant les grands pleins avant passage de frontière (oui le carburant est largement moins cher en Zambie qu’au Malawi) que le lion découvre la nouvelle m…. du jour : la durite qui relie le bouchon de remplissage au réservoir auxiliaire est sortie et ça coule à côté. Grrrr… on va devoir se garer et faire une réparation de fortune pour s’y coller paisiblement. On sort donc les caisses à outils et c’est parti ! Un quart d’heure plus tard le plein est fait et on avance vers la frontière. Avec nos e-visa en poche les formalités de l’immigration sont rapides. Quant à la douane comme d’habitude c’est pas la foudre qui les anime. Le calcul de la carbon tax se base sur la cylindrée du moteur du véhicule… seulement voilà cette donnée ne figure nulle part sur la carte grise. On a beau leur dire que c’est un 2.9l ils trouvent ça petit pour le camion… heureusement il me reste des datas sur le forfait internet et une fois de plus Google me sauve la mise pour leur montrer qu’on ne dit pas des conneries. Résultat 11500 kwashas malawiens (1€ = 2000 kwashas environ) c’est pas la ruine. A payer en monnaie locale ce qui n’est pas facile quand tu n’es pas encore dans le pays. Heureusement un jeune mec nous dépanne et Xtian le rembourse un peu plus tard. Vient la Road Tax… et là c’est pas la même. En Zambie on a eu du bol ils nous ont considéré comme un véhicule léger et on a payé un minimum, mais là on va devoir s’acquitter de 65 US$. Impossible de connaître le barème mais c’est comme ça et ta seule consolation c’est que tu as une facture en bonne et due forme. Là par contre c’est à payer en billets verts récents et sans défauts. Heureusement qu’on a notre réserve soigneusement protégée parce que les billets usagés, ils n’en veulent pas. Bon ne soyons pas mauvaises langues en 1h30 tout est fait et on reprend la route direction Lilongwe la capitale du Malawi.
Alors le Malawi est un petit pays de 20 millions d’habitants avec les montagnes du Grand rift à l’Ouest et un immense lac de près de 600km de long à L’Est. C’est ce lac que nous allons remonter pour rejoindre la Tanzanie. On visitera la partie sud du pays quand nous serons sur le retour de notre boucle africaine. C’est un pays calme avec un réputation très pacifique, ici pas de problème de sécurité connu. Bon il n’empêche qu’il faut quand même être un tant soit peu prudent parce que c’est quand même un pays très pauvre qui ne peut compter que sur l’agriculture et le développement du tourisme. Aucune richesse naturelle. Le lac est un atout majeur et ses eaux cristallines en font un lieu privilégie pour la plongée et la plaisance. Mais en même temps c’est aussi un lac avec les parasites de la bilharziose dont il vaut mieux être très prudent. A priori pas partout mais quand tu es touriste difficile de savoir où…sachant que les locaux te disent tous que chez eux il n’y en a pas. Ce qui est sûr c’est que les bords du Lac Malawi ne ressemblent en rien à l’image que l’on se fait de l’Afrique : végétation tropicale, plages de sable doré et eau à perte de vue. On a vraiment l’impression d’être au bord d’une mer tropicale.
Mais en arrivant à Lilongwe ce n’est pas vraiment cette carte postale que nous rencontrons mais plutôt celle d’un immense chantier en construction. Ils font des autoroutes qui traversent la ville en tous sens et ce sont des kilomètres de bouchons de véhicules. On a d’abord prévu de passer à la clinique dentaire que nous a recommandé Adrien, un jeune pilote mauricien et francophone qui vit à Lilongwe et avec lequel notre ami sud africain Bo nous a mis en relation. Les amis de mes amis sont mes amis et tout va bien. Le Lion doit se faire soigner une dent. Mieux vaut anticiper mais ici encore c’est pas comme en France. La clinique est nickel avec parking et la secrétaire n’a pas de place mais en discutant avec le dentiste on nous dit de revenir le lendemain matin un peut avant 9h, le dentiste nous recevra avant ses rendez-vous. Reste à trouver la guest-house que j’ai réservée sur booking car je n’avais pas trouvé le camping. Là c’est pas triste car elle se trouve au fin fond de la banlieue dans un quartier très populaire où les gens nous regardent en se demandant encore ce que l’on fait là. La guest-house quant à elle est ce qu’elle est, le jeune homme qui nous accueille est très gentil et il y a bien le parking pour garer la citrouille. C’est important, c’est même mon premier critère de choix. Alors nous on va crever de chaud dans une piaule qui donne sur une cour intérieure mais la citrouille dort en sécurité. Quand au lendemain matin le jeune homme a dû avoir peur que l’on soit en retard à notre rendez-vous, il vient taper à la porte à 6h45 pour le petit déjeuner. C’est brutal de se retrouver devant une assiette merguez et œufs au plat à 7 du mat. Au moins on ne sera pas en retard et tout se passe bien rdv à l’heure, soin effectué et on repasse en début d’après-midi pour que la réparation de la prothèse soit terminée. Franchement quand je pense qu’à Narbonne il fallait 15 jours pour que le labo du prothésiste fasse le moindre travail et 2 mois pour un rendez-vous. Le soir même on se posera dans un super camping au centre-ville dans un parc. Il a en plus le mérite d’avoir un excellent restaurant indien que nous a aussi recommandé Adrien. Tout roule, on est maintenant prêt à farnienter au bord du lac.
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| Malawi 2063 : une vision long-terme... |
Direction Senga ! La route est goudronnée, étroite et pleine de trous mais surtout elle est totalement encombrée de piétons et de vélos. Ici les vélos sont les 1ers véhicules de livraison et de taxis. Chargés de passagers, de bois, des sacs de charbon de bois ou même de piles de canettes de sodas, les cyclistes se suivent et appuient sur les pédales voire poussent leur monture quand la route monte trop. Les camions les frôlent mais ça n’a pas l’air de les effrayer. Moi si ! A chaque croisement de camion il faut quasiment s’arrêter et se mettre sur le bas-côté. Je précise que nous ne sommes pas sur des pistes mais sur la M5, route principale du pays.
Quand je disais climat tropical, cela signifie aussi qu’on a l’impression que tout pousse. De chaque côté de la route ce ne sont que lopins de terre cultivés de maïs, de canne a sucre, de manioc, de rizières, de bananiers, de tabac voire sans doute de tomates, d’avocats et d’ananas vu qu’il y a des centaines de femmes qui en vendent partout.
Mais à part ça on est quand même loin des standards que l’on a pu voir jusqu’à présent même en Zambie. Il n’y a de supermarché que dans les 3 villes principales du pays et encore il ne faut pas s’attendre à des miracles. Mais on s’adapte même si on en a un peu marre de manger toujours la même chose à savoir du chou, des tomates, des œufs, de la saucisse sous vide et des patates. Depuis la Zambie, la viande n’est franchement pas terrible, du moins l’odeur du rayon viande au supermarché a tendance à nous soulever un peu le cœur, et le poulet surgelé (un grand classique ici) est vendu par sac de 2kg. Je rappelle que nous sommes que 2 et que le mini compartiment freezer du frigo a du mal à accueillir un bac à glace. Je ne vous raconte pas le sac de poulet. Même les pates ne sont pas bonnes… fades et collantes.
On a un espoir de trouver du poisson au bord du lac.
Effectivement la pêche est une des activités principales sur le lac. Vers 17h les grosses barques avec un équipage de 10 hommes quittent le port et ils vont pêcher toute la nuit. De retour le matin les filets remplis de butterfishs, de poisson chats et de fritures. Quand tu vois une horde de femme sur la plage c’est qu’un bateau arrive. Les gros clients viennent de loin pour ramener le poisson en ville et il n’est pas rare de croiser un minibus avec quelques poissons attachés sur la calandre (ça limite l’odeur dedans sans doute). Sinon le produit de la pêche est aussitôt mis à sécher sur d’immenses nattes posées sur des tréteaux. La friture notamment est vendu séchée en sachet.
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| Opération démêlage des filets |
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| Séchoir à poissons ! |
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| Brochettes de chèvre et bananes vertes |
Dans les micro village que l’on traverse au-delà de la foule de motos taxi et de vélo taxi il y a quelques vendeurs de « take away » qui propose petits poissons frits ou brochette de chèvre. J’ai testé la brochette de chèvre accompagnée de bananes verte. Verdict : autant dire que ça n’est pas franchement de la haute gastronomie et mieux vaut avoir des mâchoires musclées.
Mis à part ces quelques désagrément culinaires le Lac Malawi nous offre des paysages inattendus. Des plages dorées, une végétation luxuriante, et une eau chaude… mais il est cependant quasi impossible de trouver des accès au lac pour y bivouaquer, une fois de plus les locaux n’ont que très peu de véhicules donc pas ou peu de piste. Par contre on trouve une grande quantité de campsites et lodges à tous les prix et avec des niveaux de conforts tout aussi variables.
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| Faute de gastronomie locale, les crèpes de la chandeleur une valeur sure ! |
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| Station de taxis |
A Senga ce fut grande plage accessible à la journée aussi moyennant finance. Du coup plein de familles de locaux qui viennent passer le week-end. L’ambiance est bon enfant et le « supervisor » vient nous voir 2 fois par jour pour s’assurer que l’on ne manque de rien et que l’on se sent comme à la maison. Oui tout va bien sauf quand on se fait réveiller à 6h du mat par des singes qui font la bamboula sur le toit du camion.
Dans nos plans initiaux nous avions prévu de faire un tour vers la Ntchisi Primary Forest mais si le temps est au beau fixe au bord de l’eau les montagnes sont couvertes d’une épaisse couche de nuages. Et renseignements pris, la Foret primaire n’est pas verte sans raison. Pluie et pistes boueuses assurées pour cette région en ce moment. Nous décidons de rester sur la « Côte » ( Arghh, trop dur !) et suivons la M5. Route goudronnée même si j’ai toujours l’impression que des animaux bizarres ont grignotés le goudron sur les bas-côtés. A Nkhotakota nous trouvons carrément un « hôtel » avec piscine au bord du lac qui pour 11€ nous propose une chambre avec salle de bain et 1 petit déjeuner. C’est un mystère ici mais c’est courant que les chambres double incluent dans leur tarif un seul petit dej. Bon c’est pas bien grave car le petit dej supplémentaire te coute 1€50.
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| Plage familiale le dimanche ! |
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| Ici les bikers roulent en Kinglion |
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| Si tu veux de l'alcool va au bottle store local ! |
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| Arrivage de poissons ! |
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| 2ème ligne d'acheteurs... |
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| En plein effort ! |
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| Petit dej local ! |
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| Quand le nettoyeur de piscine trouve qu'il a trop chaud pour travailler |
Nouvelle pause de 2 jours…avant de reprendre la M5 et d’arriver au Mazuki Lodge 150km plus haut. Etape suivante on a prévu de faire 212km, un vrai challenge surtout que l’on quitte la côte pour faire un stop ravitaillement à Mzuzu. La seule ville du nord qui possède un supermarché. En parallèle les nouvelles des copains Ophélie et Bruce en Tanzanie nous poussent à faire quelques réserves de produits de base. Alors 212 km, une longue étape je vois d’ici vos sourire narquois. Et bien on a mis 2h pour faire les 112 premiers kilomètres et 4h30 pour les 100 derniers. Un vrai cauchemar que l’on a fini de nuit. Cette route a éclipsé et de loin tous les records de routes merdiques que nous avions expérimenté jusqu’à présent. Il n’y a pas 50m de goudrons qui ne soit creusé de baignoires. Et comme il y a beaucoup de circulation de camions, je vous laisse calculé la moyenne. C’est d’autant plus dommage que cette route traverse les montagnes et que les paysages sont superbes. Si j’avais envisagé de prendre les pistes de traverses pour aller dans les montagnes cette route nous en a coupé l’envie. Heureusement le camping ciblé et juste en bas du col et nous sommes accueilli par Alburt et Este des sud-africains qui s’en occupent depuis 7 ans. Vu qu’il fait nuit noire et que Xtian a déjà failli se prendre les branches basses d’un arbre, on se pose sans réfléchir là où il nous le recommande, on branche l’électricité et on va prendre une bonne douche chaude. Nous sommes les seuls clients mais Alburt a mis le boiler en route dès notre arrivée. La bonne surprise c’est ce matin quand on réalise que nous sommes installés sur une magnifique pelouse verte en bordure de plage à l’ombre de grands arbres. Je cois que ça va être très dur…
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| Des rizières... |
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| Transport de bois |
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| Velo taxi avec porte bagages/passager rembouré |
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| Balade familiale |
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| Drôle de nom pour un bateau |
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| Trop dur ! |
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| La Citrouille apprécie sa place. |
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| Eau 30°, air 32° moi je vote pour ! |
Breaking News : le Lion a craqué. Marre de la bouffe africaine !? (Ca je vous l’avais dit) Donc aux grands maux les grands remèdes, il a décidé de faire une fondue malawienne dans le camion. Je précise qu’il fait toujours 33° et que le soir encore plus car il n’y a plus d’air. Même pas grave, à Mzuzu il a acheté 2kg de cheddar rapé ( ben oui soyons fou, il n’y a pas plus petit), un bouteille de vin blanc sud africain et un gros pain de mie qu’il a consciencieusement coupé en morceaux et fait séché dehors. Résultat, c‘était très bon ! Alors les grenoblois et autres puristes savoyards je vous entend d’ici, on sait il faut 3 fromages et le cheddar n’en a jamais fait partie, mais franchement parfois improviser ça a du bon. Et même qu’on n’avait pas de gnôle ni de kirsch mais une (grosse) goutte de gin malawien ca fait l’affaire aussi. Et en plus dans la recette c’est le moins cher : 5€ la bouteille et il est très très bon. Et pour digérer un bain de minuit tranquille dans une eau à 30°, ça en Savoie c’est même pas en rêve!
Sur ce les amis le lac m’attend pour mon bain de midi ! Big bisous a tous !
Hmmmmm une fondue au cheddar... un peu anglais à la wallace et gromit mais y'a une idée là....faut creuser l'truc
RépondreSupprimerSuperbe récit et belle étape...
RépondreSupprimerWaouh la fondue au cheddar pourquoi pas mais sous 33°, vous êtes vraiment en manque! Bisous les copains!
RépondreSupprimerla vraie vie ... et la fondue on fait avec les moyens du bord.. on est dans le meme bateau. Plein de bisous et merci pour le dépaysement.
RépondreSupprimerYoplà les baroudeurs !
RépondreSupprimerCa profite ça profite, cool !
Si tu peux donner un peu d'infos pratiques dans ton texte ou en fin de chapitre (nom du camping ou localisation gps, nom de la route défoncée...) ça servira !
Au plaisir de continuer à vous suivre et espérons le de se croiser ;-)
c'était moi ;-)
RépondreSupprimerTOP commentaires. Ca donne envie. Ca me rappelle '"Exploration du monde" le siècle passé...
RépondreSupprimerL'anomyme du 14/02 à 16:51, c'est moi. Le Belge. Def 50ème.
RépondreSupprimerLa fondue au cheddar a l'air vraiment bonne ! Content de voir que vous allez bien et que le périple continue. Portez vous bien et profitez bien !
RépondreSupprimerOhlala j'ai du retard de lecture à rattraper, depuis le temps vous avez dû au moins faire 300 km 😄
RépondreSupprimerMerci encore d'écrire de si beaux billets, c'est toujours un plaisir de te lire ISA! Vos aventures sont inspirantes. .
La fondue .... Je valide, très bonne initiative !!!
Continuez bien, j'espère, et gros bisous !!!