jeudi 30 mai 2019

Moldavie, du vin, du soleil...on dirait le Sud !


Notre modeste expérience de voyageurs nous a montré que chaque pays, chaque peuple a sa personnalité. D’aucun sont distants, réservés, d’autres indifférents voir pour certains parfois envahissants, je dirais que les Moldaves sont avant tout curieux et bienveillants.
Pour être honnête, il n’y a pas si longtemps on m’aurait demandé où était la Moldavie j’aurai sans doute été incapable de répondre autre chose que « euh… en Europe l’Est ». J’en vois qui rigolent mais vont aussi sec sur google pour ne pas mourir idiots. Alors oui la Moldavie est une ancienne province roumaine avec une histoire si compliquée que je vous épargnerai ça. Mains on y parle le roumain qui est une langue aux racines latines et ça c’est déjà le bonheur ! Plus besoin de jongler entre les alphabets (ça réduit de 80% le temps de faire les courses et ça évite de passer 2 heures au resto juste pour décoder le menu). Avec un peu de pratique on arrive même à deviner ce qui est écrit sur les panneaux !  Et comble de bonheur pour nous qui venons de passer 10 mois dans des pays à bière et à vodka, en Moldavie : ils font du vin !!!! Ce pays a décidément un petit air de Sud carrément séduisant.


Mouai la criculation c'est un peu bordelique !


Les routes sont bordées de saules et d’acacias, il y a plein puits pour se rafraichir (et malheureusement aussi parce que dans les campagnes l’eau courante n’est pas présente dans tous les villages), des vergers partout (cerises, pêches, abricots…) de vastes étendues céréalières, et d’immenses champs de haricots verts.  En ce moment c’est la période où les moldaves prennent en main leur jardins et potagers. Sur les marchés on vend autant de fruits et légumes que de plaçons de tomate, haricot ou des boutures de rosier et de gros pots de géranium et pétunias. 




La chaleur est maintenant bien présente (entre 25 et 30°) mais les orages de l’après midi font que la terre est encore meuble. Tout le monde est dehors, qui avec sa débroussailleuse, qui avec la tondeuse, la binette ou encore la faux pour ramasser l’herbe pour les lapins. Poules et coqs occupent les bas-côtés des routes sans vraiment se soucier de la circulation. Après tout ils sont chez eux et à nous de faire attention. Quand aux vaches et chèvres, elles sont le plus souvent attachées à des piquets et le paysan vient les déplacer 2 fois dans la journée avant de les rentrer le soir. Bref vous l’aurez deviné la Moldavie est avant tout un pays agricole et plutôt luxuriant. Faire le marché est un plaisir.
Comme vous le saviez la dernière soirée en Ukraine fut un peu rude et nous avions donc décidé de nous arrêter à Briceni juste après un passage de frontière « finger in the nose » ! Environ 30mn … record homologué ! On se pose sur un grand parking au milieu du bourg et j’ouvre la porte vue la chaleur… en moins de 10 mn le défilé commence, les gens s’arrêtent, tapent à la porte, veulent visiter nous interrogent sur la Citrouille, une ambulance vient nous demander si nous sommes un véhicule sanitaire (euh…non pourquoi ?). Bon côté conversation c’est un peu léger car ils ne parlent quasiment pas anglais, nous pas plus le roumain mais certains (pas les plus jeunes on s’en doute) ont quelques réminiscences de français : bonjour, merci… En tous les cas si ce n’est pas la 1ère fois que nous éveillons la curiosité c’est la première fois depuis longtemps que les passants viennent spontanément au contact. Et la suite du voyage va nous montrer que e n’’est pas la dernière non plus !

Un peuple qui fait la sieste... ca sent le Sud !
Le lion à la source

Meme les vaches sont curieuses !
Les surprises continuent quand tranquillement posés à côté d’une source dans un village au bout du chemin c’est le défilé des locaux pour venir remplir leur bidons ou leur bouteille d’eau. Arrive alors un vieux monsieur qui demande au Lion d’où nous sommes en France. Quand il lui répond Marseille, l’autre affiche un sourire Ultrabright et nous explique qu’il connait bien la Provence et la Côte d’Azur, Nice, Cannes…mais aussi l’Espagne Barcelone, Madrid et que son fils habite Montreux en Suisse 😉 Trop gentil il offre à Xtian un gros bidon d’eau de source et nous explique que toutes les terres autours sont à lui et que nous pouvons y rester autant que nous voulons. Parfait, d’autant qu’il nous faut remettre en route la douchette extérieure, c’est-à-dire remonter le robinet qui avait cédé en Estonie. Et que comme d’hab rien ne se passe facilement. Il faut sortir toutes les caisses à outils et démonter la soute. Bon malgré tout on finit par y arriver.

Le bricolage quand ca commence... on sait pas où on va!

C'est quoi cette odeur dans mon champ ?
Même type de rencontre au sud du pays dans une station-service ou le vieux Monsieur derrière nous vient tailler une bavette dans un français approximatif mais tout à fait honorable pour me parler du Carnaval de Nice, de Cannes et d’Antibes. A croire que les Moldaves apprécient particulièrement la Côte d’Azur et sont tous allé à la Fête des Citrons de Menton. Ou alors la légende se transmet de bouche à oreilles…
En fait peut être qu’une partie de l’explication vient du fait que malgré ses 3 millions officiels d’habitants plus de la moitié vivent en fait à l’étranger… et ce chiffre là nous le tenons d’une autre rencontre encore plus déroutante. Un après midi le Lion nous déniche un bivouac tel que nous les affectionnons, loin de tout (du moins c’est ce que l’on croyait), au milieu de la verdure avec chevaux et vaches pour compagnie. Le soleil est au rendez vous et on installe les chaises dans la perspective d’un apéro dehors et d’une soirée en pente douce. C’est sans compter sur une voiture qui déboule juste à côté de nous avec au volant un local qui nous explique dans un anglais parfait qu’il dirige la mission Evangéliste Baptiste juste à côté (Blurps !), qu’il comprend que nous sommes français et que c’est avec plaisir qu’il nous invite à déménager dans sa mission… euh… comment dire non ! On résiste, on explique que le camping sauvage nous va très bien mais on ne peut pas résister bien longtemps à l’invitation pour partager son repas, à 19h précise. Il est 18h30, le temps de tout ranger et d’avaler un cht’i apéro parce qu’on se doute bien que ça va être frugal. Il nous restait encore, une rangée de calisson envoyés par maman, on finit par se résoudre à les prendre avec nous la mort dans l’âme :  un cadeau de France, c’est tout ce que l’on a et on ne sait pas trop à quoi s’attendre.
En fait la mission est une sorte de pensionnat avec une 40aine d’élèves filles et garçons. Tous sont formés soit à la mécanique soit à la couture et au design de mode. Bonjour les clichés ! En été il accueille des camps de vacances pour près de 200 gamins. C’est grand il y a un étang, des bâtiments dortoirs, des terrains de sport et un immense réfectoire… et c’est là que nous attend notre hôte qui dirige le lieu. 19h sonnerie et hop tout le monde à table, la prière et après quelques échanges sur la situation actuelle du pays, notre missionnaire entre dans le vif du sujet nous expliquant comment il a découvert Dieux, quitté sa vie de militaire d’avant pour accomplir sa mission. Il continue en nous racontant comment Dieu est Amour, comment Dieux vit en lui et le rend heureux. Je vous laisse juste imaginer notre tête. Euh… Le Lion finit par dire que pour lui c’est trop tard et moi sans doute plus diplomate je le relance en tentant d’évoquer tous les problèmes que les religions génèrent en notre monde. Remarques balayées d’un revers de main, c’est parce qu’ils ne vivent pas réellement avec Dieux en eux. Dieu est Amour mais il faut l’accueillir en soi ! Retour à la case départ ! Heureusement le repas est frugal : assiette de blé concassé avec une sauce blanche, du thé et une brioche à la cannelle. Xtian a espéré se resservir mais non, trop tard… ¾ d’heure plus tard, notre hôte a compris qu’il ne ferait pas 2 nouvelles recrues, mais nous en avons quand même profité pour demander à faire le plein des réservoirs d’eau. On se quitte à la sortie du réfectoire et nous regagnons notre Citrouille en vue d’un grignotage complémentaire. Ouf, il n’a pas sauvé notre âme mais nous on a sauvé notre soirée et c’est pas si mal !

Pas mal le bivouac, non ?
Monastère de Curchi

Monastère de Curchi
Visiter la Moldavie c’est top mais il ne faut pas s’attendre à un trip culture ou architecture, de ce côté-là tout repose sur la visite des Monastères, par ailleurs superbes mais bon… Par contre on n’est jamais au bout de ses surprises. En cherchant un peu nous sommes arrivés à Soroca capitale du peuple Rom de Moldavie, installé là depuis le XIV siècle, la « colline des Tsiganes » est un quartier qui regroupe tout un tas de maisons on devrait dire palais tous plus démesurés, grandiloquents et à coup sur du plus mauvais goût. Aucun n’est vraiment terminé, sans doute en attente de fonds en provenance de l’étranger mais derrière les portails les plus ostentatoires, le linge sèche sur d’interminables fils et les vieux fond la conversation sur le devant de leur porte. C’est la que réside Artur Cerari le « baro Rom » chef de la communauté.
C’est en repartant du Monastère de Orhei Vechi que nous avons décidé d’emprunter les pistes, et c’est en rejoignant la route principale que nous nous sommes fait arrêter par la police des frontières. Il a bien fallu une demi-heure pour comprendre ce qui arrivait et pourquoi ils nous demandaient de repasser par l’immigration et la Douane. Ben parce que on a débouché dans le no man’s land entre la Transnistrie et la Moldavie… Pour ceux qui l’ignorent il existe une province séparatiste (en tous les cas c’est ainsi que les moldaves la qualifie) à l’Est de la Moldavie, il s’agit de la République de Transnistrie dont la capitale est Tiraspol. En fait cette République dirigée par un Soviet Suprême n’est reconnue que par la Russie et le Venezuela ni l’ONU ni aucun autre pays n’y fait référence, elle vit encore à l’heure du communisme mais sert surtout de base avancée pour l’armée de Poutine et la mafia russe. Impossible d’y rentrer avec un véhicule étranger et les Moldaves n’aiment pas beaucoup que les étrangers s’y rendent. D’où leur méfiance jusqu’à ce qu’ils comprennent que nous ne venions pas de Transnistrie mais des chemins de traverses… Ouf ! Va falloir faire attention car les « border zones » sont particulièrement surveillées.

Monastère Orhei Vechi

Chez les Tsiganes, tout est dans la démesure


Souvent inachevé la nature reprend ses droits derrières les portails


Soroca, une copie de la Maison Blanche, rien que ça !
Dans la cours d'un palais une collection d'épaves de luxe russes
 


L'Arc de Triomphe
Notre passage dans la capitale fut plus que rapide, en fait il n’y a pas grand-chose à faire ou à voir dans Chicisnau et tout se concentre le long de l’immense boulevard Stefan Cel Mare( 4 km de long). Quand je dis tout : c’est le Théatre, le palais présidentiel, l’Arc de Triomphe, le parlement, la Cathédrale… bref tout ce que la ville compte de monuments. A part ça des parcs et de la verdure et un immense marché qui recouvre plusieurs patés de maisons et où on trouve de tout : un vrai bazar. On peut même y déjeuner pour 7€ à deux, 2 pintes de bières comprises !
La Cathédrale
7€ pour 2... 
Le palais présidentiel


Cathédrale Sf. Teodor Tiron

Un peu de Street art... on ne se refait pas !



Ancien Hotel National, le fleuron de l'hotellerie soviétique... maintenant en ruine

Il n'y a pas que du beau sur les Champs Elysées Moldave... encore a renover!

Mais comme évoqué au début du post, la Moldavie est un pays de vin. La cave la plus connue, mais pas la meilleure, est sans aucun doute Cricova, un domaine de 1000ha et une ville sous-terraine de plus de 120km qui abrite non seulement les chaix mais aussi une unité de fabrication de vin pétillant méthode traditionnelle champenoise. C’est à ce moment que la guide explique en te fusillant du regard que c’est du Champagne mais que bon seuls les Français ont le droit d’utiliser cette appellation. Grrr… qu’on se le dise ! Mais la cave est aussi renommée pour abriter une collection de vins anciens dont certains ont appartenus aux membres zélés du IIIème Reich, à De Gaulle ou à d’autre célébrités. La dégustation est à l’image de la cave : démesurée. 4 vins, un par couleur plus du « vin pétillant » que l’on nous ressert à volonté avec des noix, des crackers et autre « snacks ». Heureusement notre spot de biv n’est pas loin car après une telle « dégustation » tu n’es plus vraiment en état. Côté prix on reste à la mesure du pays les rouges sont entre 2,5€ et 5€ quand à leur champagne, le plus cher est à 18€ la bouteille (migraine incluse).

Inspection qualité du "Champagne", 

Le stockage des vins de collection

Les salons de degustation sont assez kitch

Ici Poutine a feté son anniversaire !

Heureusement, d’autres domaines se visitent et nous avons aussi pu nous arrêter au domaine Et Cetera, à quelques kilomètres de la frontière ukrainienne. Un lieu qui ne ferait pas tache dans le bordelais, restaurant, chambre d’hôtes, 15 et bientôt 25ha de vigne mais aussi des lavandes pour les huiles essentielles, des ruches et des vergers. Un havre de paix très glamour avec piscine où en prime vous pourrez déguster la meilleure Placintas du pays. Une tourte de pomme terre dans une sorte de pate filo aussi fine que transparente faite main par la mama : A tomber ! On en témoigne !

Ici vignes et céréales se cotoient


Bon ben c’est pas tout ça mais même si on a la vie devant nous il nous faut reprendre la route vers le pays de la vodka car Odessa, perle de la Mer Noire nous attend et surtout notre bateau le 31 pour la Géorgie !


Bisous bisous à tous !

2 commentaires:

  1. Toujours aussi bon de vous retrouver! Traverser la mer noir mais pour aller où? Bisous TCL

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  2. Merci Isa, c'est chouette de lire vos pérégrinations. Bise

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