Après plus d’un an à sillonner l’Europe ou plutôt les pays
de la communauté européenne, il était temps pour nous d’aller voir un peu plus
loin. C’est donc plein d’enthousiasme que nous avons quitté la Pologne pour
passer la frontière avec l’Ukraine. Bon, dans le doute nous sommes quand même
passé par la case supermarché avant le départ histoire de faire provision de
trucs qui nous tiennent le palais en joie comme les yogourts Jogobella ou les
yaourts à la grecque, de la bonne huile d’olive… bref l’Ukraine même si elle a
élu un comique à la tête de son gouvernement n’a quand même pas l’image de
l’opulence.
Quand à notre dernier « vrai » passage en douane,
il remontait au dernier tour du monde… autant dire une éternité mais nous
n’avons rien oublié des quelques règles de bases : garder le sourire, ne
jamais s’énerver et savoir faire l’imbécile à bon escient quand on n’a pas
envie de répondre positivement à une demande (hein ? quoi ? Euh…
comprend pas !).
Arrivés à un kilomètre de la frontière on a quand même un
pincement au cœur en voyant la file des camions et celles des camionnettes. Si
on doit suivre cette queue c’est sûr on va y passer la journée et la nuit.
Heureusement les ukrainiens nous font signe de remonter la file et nous
arrivons rapidement en vue du poste frontière. 1ère étape la sortie
de Pologne où le flic inspecte la Citrouille à grand coup de lampe torche un
peu comme un sabre laser. Pas de souci… étape suivante la frontière
ukrainienne. Curieux : dans les 2 cas les douaniers sont des douanières et
les policiers des policières sans doute un moyen de désamorcer les potentielles
montées de testostérones des camionneurs.
Là nous voyons surgir 5 « officiels » de leur
estancot qui se jettent sur nos passeports et les papiers du camion. Nous
lisons dans leur regard que quelque chose les tracasse et rapidement on
comprend que la vraie question est de savoir s’ils ont à faire à un camion ou à
un camping-car. Quelle case doivent-ils cocher dans leur système
informatique ? Le débat fait rage car les indications en français sur une
carte grise française ne semblent pas les convaincre. Ouf au bout de 10mn ils
se mettent daccord sur le fait que la citrouille est un « passenger
car » ! On avance d’un cran, ils se relaient maintenant pour faire une
visite de courtoisies plus que pour fouiller quoi que ce soit. Jusqu’à ce que
l’un d’entre eux finisse par me demander si j’ai des médicaments. Euh…
difficile de dire non et je sors alors ma boîte à pharmacie de base, celle
pleine d’aspirine, antibiotiques et autres pastilles anti chiasse. Satisfait de
son inspection de chaque plaquette à laquelle il ne comprend rien (normal on a
enlevé les boîtes…) je peux tout ranger. Ouf ! suis assez contente de
ranger les stylos d’insulines ailleurs, moi…
Bilan de l’opération environ 90 mn, et nous voilà sur les
routes Ukrainiennes ! Chouette ! Enfin presque parce que nous
découvrons aussi l’état du réseau routier ukrainien. Le calvaire ne fait que
commencer ! Ce ne sont plus des
nids de poules mais des nids d’autruche, en fait le goudron est parti par
plaque et la circulation incessante des gros camions a créé des ornières d’une
profondeur incongrue. J’ai l’impression que le camion va se disloquer de même
que mon squelette. Mais à ce moment là je suis encore optimiste et je me dis que
c’est parce que nous sommes sur une route « très » secondaire.

Arrivés à Leopol (Lviv) en fin d’après midi c’est la bonne
surprise. Le parking Park4night et juste parfait : une enclave en plein
centre-ville, avec un accueil fort sympathique du gardien qui montre très
fièrement à Christian les caméras et ses écrans de contrôle. Le tout dans une
cahute en bois qui tient debout parce que c’est la mode. Bon je pense que ses
écrans lui servent plus à regarder les matchs de foot mais ça rassure le client,
surtout le camping-cariste (autrement surnommé beurkbeurk) qui aime dormir sous
les réverbères parce qu’au moins c’est plus sûr. D’ailleurs nous ne sommes pas seuls, 2 vans de
hollandais et un PL allemand sont aussi nicher là. Jusqu’à ce jour j’ignorais jusqu’à
l’existence de cette ville à 70km de la frontière polonaise et pourtant… c’est
là qu’est nait le pote au Marquis de Sade, Leopold Von Sacher-Masoch père du
masochisme. Une référence quand même, non ? Il y a sa statue dans une rue et
un bar lui est dédié… mais on vous le dit tout de suite, on n’a pas
testé ! C’est aussi là que vécu le fils de Mozart et c’est dans la
Cathédrale Saint Georges que le père joua son Requiem. Cette ville, fondée par
un prince ruthène (Ukraine) Daniel de Galicie, a été tour à tour ukrainienne,
polonaise, austro-hongroise, polonaise sous occupation nazie puis ukrainienne
soviétique, pour enfin être tout simplement ukrainienne à nouveau. Mais au fil
du temps et particulièrement sous l’empire austro-hongrois la ville s’est enrichie
de belles demeures, d’un opéra, d’un tramway, d’une université. Café, musée et théâtres
font la joie des habitants de Lemberg (ancien nom de Lviv) et c’est là que fut
publié le 1er journal au monde en Yiddish. Miraculeusement épargnée
par les guerres, Lviv est parfois comparée à Florence mais bon même si le
centre historique est splendide, mêlant les styles baroque, gothique et même
rococo point trop n’en faut ! En tout cas, au-delà d’être le berceau de
l’identité ukrainienne c’est une ville pleine de vie où bars et restos sont
légions et à un tarif défiant toute concurrence. Alors après une vraie journée
de marche dans la ville entre château, cathédrale, et même cimetière… le
réconfort s’impose. Au bout de tant de mois en Europe du nord, on se demande
comment il est possible de manger à 2 dans un vrai resto avec bière, plat de
viande et accompagnement pour 20€ à 2… alors on ne se prive pas surtout que
l’on a découvert un endroit bien sympa ou ils servent la spécialité ukrainienne :
le brandy ! Si si, ils ne servent que ça et un monde fou vient se presser
au bar pour passer commande et déguster son verre sur la place principale
debout autours de tables hautes que l’on partage. Ce qui donne forcement
l’occasion d’échanger avec ses voisins. Et puis pour les amateurs, Lviv est
aussi connu pour ses cafés et ses pâtisseries.


Cathédrale Saint Georges... dehors et toutes le dorures dedans ! Il y a pleins de petits chiffons car les orthodoxes embrassent toutes les icônes et essuient ensuites les traces... bizarre !
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| Pas mal comme architecture |
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| Resto de ribs... découvert par hasard parce qu'il y avait la queue dehors et un mec qui criait des noms dans un haut parleur ! Celui des clients ! |
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| Ils ont de l'humour... |
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| et de l'appétit ! |
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| Si si on fait la Une ! |
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| Quand le Lion tente de socialisé avec la locale ! |
Je vous dis, on y serait presque
resté mais bon on ne se refait pas et l’attrait de la route nous fait prendre
la direction des Carpates ukrainiennes. Le lion a identifié le
« Courchevel » ukrainien (Bokevel) et n’a de cesse que de m’y
conduire. Comme on a bien aimé les Carpates polonaises, c’est par la montagne
que nous irons.
Mais c’est sans compter sur la météo
« printanière » qui alterne des matinées ensoleillées avec des
trombes d’eau dans l’après-midi. Nous avons droit à des orages de malades et
même à la grêle. Moment d’angoisse pour les panneaux solaires. Les routes
étaient déjà catastrophiques mais là c’est le pompon car les trous sont remplis
d’eau et de boue de sorte que l’on ne peut même plus juger de leur profondeur.
On rebondit de cahot en cahot avec une vitesse de croisière qui ne dépasse pas
les 25km/h. Faire plus de 100km dans une journée est une gageure : le Lion
a les bras qui se détachent et le dos en miettes. Record à battre 5 heures pour
100km !
Dans chaque village il y au moins une « vrai »
épicerie, de celle qui vend de TOUT et où tu fais la queue pour que l’on te
serve. Un vrai bonheur, que nous évitons autant que possible car passer
commande quand tu ne parles pas un mot, que tu sais à peine ce que tu veux et
que tu as 10 mamas qui attendent derrière toi… ça met la pression. Même si
depuis que nous avons découvert comment zapper du clavier cyrillique au clavier
romain sur le téléphone notre vie est largement plus facile : on peut
enfin traduire le menu des « restaurants ».
Trouver des coins pour se poser n’est pas non plus de tout
repos car tous les chemins de traverse, au-delà d’être en piteux état,
ressemblent à des bains de boue dans lesquels nous redoutons de rester tanquer.
Si on peut éviter d’avoir à se faire tirer par le tracteur soviétique… c’est
pas plus mal. Ainsi nous passerons des nuits face à l’épicerie du village (vu que
le pont qui mène au point de biv du Monastère est limité à 2t5, c’est ballot
non ?) ou à côté de la gare, dernier train 22 :44 ! Le lion
regrette encore de ne pas avoir tenter le passage à gué de la rivière mais les seuls
véhicules que nous avons vu traverser sont d’énormes camions forestiers chargés
à bloc. Entre eux et nous… ben on sait pas si ça passe !

Mais il y a aussi
de belle surprise quand nous arrivons pour visiter la Forteresse de
Kamaniets-Poodilskyiraion ( si si ça se prononce) et que la vieille ville est
en fête. Manèges, barbapapa, orchestre et un monde fou… le tout plongée dans
une épaisse fumée parfum saucisse. Village touristique ? Certes mais 100%
local. Le temps est magnifique, la forteresse aussi surtout quand elle
s’illumine le soir et tout le monde profite de la fête. Nous avons trouvé à
nous garer sur le parking de la place en bordure du parc… juste à côté des
containers de poubelles ! On s’est dit c’est dimanche, fin du week-end les
gens vont repartir tôt et on se déplacera un peu plus tard en rentrant ! Quand aux poubelles, on n'a compris qu'il n'y avait pas de ramassage organisé dans le pays et les orudres s'entassent de manière sauvage à la sortie des villages, ou dans les cours d'eau. Mais là, Ha Ha Ha… nous sommes naïfs, l’Ukrainien profite de la fête et de l’alcool
jusqu’au bout, même s’il bosse le lendemain. Résultat en rentrant vers 23h on
arrive juste à se déplacer de quelques mètres. Bien nous en a pris car dès que les
derniers fêtards quittent la place (nous dirons joyeusement), les équipes de
nettoyage rentrent en piste et les camions se relaient pour vider les
tombereaux de poubelles, démonter stands et autres chalets de souvenir, virer
la scène de la fanfare et tout remettre en parfait état. J’ai bien cru que nous
étions au centre de l’arène. Quand un camion part un autre prend le relais,
puis une bande de joyeux drille décident de s’extasier devant le camion, et
enfin les ouvriers du chantier voisin attaquent leur début de semaine. Il est
6:30, on a l’impression d’avoir fait une nuit blanche… et on a prévu de passer
la frontière avec la Moldavie dans la journée. Je sens que la journée va être
longue !
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| Forteresse de Kamaniets |
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| Bisous à vous tous ! On vous aime ! |
Allez rendez vous en Moldavie avant la 2ème partie de l'étape Ukrainienne ! Bateau réservé à Odessa le 31 mai pour Batoumi !
Quelle conteuse !!!Merci Isa
RépondreSupprimerTu as de la chance, Christian de l'avoir à coté.....
Bonne route et à bientôt
Plein de bisouxxxx
Salut Isa, merci pour ce partage,on a un peu l'impression de vous accompagner :-) Profitez bien. Nous aussi on vous aime
RépondreSupprimerBonne route les amis ! Et merci de continuer à nous faire partager votre voyage !
RépondreSupprimerAvec tous les oeufs de Paques que tu montres comment veux tu qu'il n'y ai pas de nids d'autruches!
RépondreSupprimerSympa la photo du Lion avec son maitre barbu!
Magnifiques souvenirs que vous vous constituez...
RépondreSupprimerMerci de nous faire partager cela.
Impatients de découvrir la suite.
Michel et Claire