Après la Riviera, les lagunes et Tirana nous avons décidé
d’aller explorer le nord de l’Albanie. Mais avant tout dernier passage au bord de mer à la lagune de Patok... toujours pas de pélicans en vue mais du soleil et un beau décor. |
| La lagune de Patok |
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| On ne s'en lasse pas. |
Puis changement radical de décor car nous
arrivons dans les Alpes albanaises (en vrai ce sont les Alpes Dinariques)…
décidemment, la Riviera et les Alpes ce pays ne craint pas la comparaison.
Objectif Valbonë, tout au nord, dans le Parc National du
même nom. Pour cela direction Koman pour prendre le ferry (sur le lac Koman) jusqu’à
Fierze et nous ferons le retour par la route des crêtes. On varie les plaisirs.

Mais d’abord nous faisons halte dans l’Agroturizme Mrizi Zanave. Il s’agit
d’une ferme auberge recommandée par nos amis belges Gert et Dora et qui est
sans doute devenu un lieu incontournable pour de nombreux albanais ou touristes
qui visitent le pays. Indispensable de réserver même en semaine au mois d’avril
et pourtant c’est pas la place qui manque. Ici, des lors que l’on a réservé au
restaurant, on peut dormir gratuitement sur les emplacements pour camping-car à
l’ombre des tonnelles couvertes de framboisiers (en saison) et équipés
d’arrivées d’eau et électricité. Ils ont tout compris ! Menu unique selon
la tradition albanaise avec tout un assortiment d’entrées puis une viande (
mouton ou canard) puis en dessert fruits de la ferme. Pour ce qui est des
fruits on reconnait que l’on a tout testé mais pas tout reconnu. Il y avait de
la grenade, de succulents jujubes, des cerises de cornouiller et d’autres baies
qui resteront un mystère. Tout est fait sur place et l’ensemble des produits
utilisés provient de la ferme ou des fermes environnantes. Il est d’ailleurs
super intéressant de visiter la ferme, on y rencontre les chèvres avides de
gratouilles, les oies, nourries aux épluchures du resto, qui comme celles du
Capitole ne cessent de glousser (même la nuit). On aperçoit les vaches, on
traverse les rangées de brocoli, les vignes pour accéder aux chaix mais aussi
aux ateliers de fabrication et vieillissement des fromages, des confitures et
même au fumoir où sèchent tranquillement saucisses et filets de porcs. De quoi se mettre en appétit et saliver par
avance de ce que l’on trouvera dans notre assiette le soir. On n’oublie pas un petit tour par la boutique
avant de partir histoire de garder souvenir de leur saucisse sèche, de leur
tome au piment et de leur superbe vin rouge (voilà bien longtemps que l’on
avait bu un tel vin). Et le bonheur c’est que question prix on est toujours en
Albanie donc à 2 avec apéritif et vin c’est 40€. 
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| Des gratouilles ! |
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| Sirop de pommes de pin en préparation |
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| La ricotta locale... un délice ! |
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| Le fumoir |
Vue sur la campagne albanaise.




Bon c’est pas tout mais à nous la route jusqu’au ferry… 50
km de ce qui va se révéler être une expédition et pas de tout repos. Cette
route jusqu’au village de Koman est un cul de sac qui ne mène que jusqu’à
l’embarcadère du ferry qui 2h30 plus tard nous dépose à Fierzë. Ce bateau ne
circule qu’à partir du 9 avril et on comprend aisément pourquoi car la route
(ou devrais-je dire ce qui fut une route) est sans aucun doute impraticable en
hiver. Entre trous abyssaux, éboulements et affaissements il nous faut 2 heures
pour faire les 30 derniers kilomètres. On s’attend à tout moment à devoir
sortir les sangles pour virer un bloc du passage. Mais non, finalement on
arrivera à bon port seulement franchement épuisés nerveusement. Heureusement
que l’on n’a pas imaginé faire les 50km le jour du départ. Arrivés à Koman on
trouve un spot pour dormir au bord du lac qui ressemble en tous point à une
rivière et on se réserve les 3 derniers kilomètres pour le matin du départ.  |
| Ouf ! Arrivés |
Debout
tôt et on petit déjeunera sur le bateau. A la sortie du village il y a un
tunnel à une seule voie avec un gardien qui s’assure qu’il n’y a qu’un seul
véhicule qui s’engage. En hauteur on passe à peine. J’avais bien écrit au ferry
pour m’assurer que le bateau pouvait embarquer un véhicule de 6t mais je ne me
doutais pas que le risque était au niveau du tunnel. A la sortie on tombe sur
un embarcadère microscopique bondé de voitures, minibus, locaux avec chèvres et
bagages. On en est à se demander comment finir de sortir du tunnel et dégager
l’accès (ben oui on est coincé au milieu) quand un employé du ferry vient à
notre secours et décide de guider Xtian dans la manœuvre. Il parle un parfait
anglais (comme la plupart des albanais) et nous explique qu’il va falloir faire
un demi-tour dans ce mouchoir de poche tout en devers pour embarquer en marche
arrière. Comment vous dire… à 8h30 du matin et sans café. Que du bonheur. Le
Lion se laisse guider et réussit à manœuvrer en multipliant les marches avant,
marche arrière quasiment sur place. Nous voilà enfin sur le ferry bien calé sur
le côté et tous les autres véhicules de l’autre côté pour faire contre poids.
Pas grave on y est et comme la météo est superbe tout va bien.
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| A y est ! On est à bord ! |
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| Tout le monde embarque même les chèvres. |
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| Quand tu n'as pas de véhicule tu prends le bus ! |
La remontée du
lac sera très paisible, la traversée des gorges sur une eau turquoise est plus
qu’impressionnante, on a le sentiment de remonter un fjord. Cependant, compte
tenu de la route d’accès on ne peut s’empêcher d’être un peu inquiet sur les 30
km qui séparent l’arrivée du ferry de Valbonë notre destination finale au fin
fond de la vallée. Contre toute attente, la route entre Fierzë et Valbonë est
étroite mais en super état. On sent que la zone est touristique mais à priori
les touristes doivent venir par la grande route pas en bateau…
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| Lac Koman... pas un fjord ! |
Dans ce parc naturel on retrouve vraiment les paysages
alpins même si les sommets culminent rarement au-dessus de 2500m. Pas mal de
randos sont balisées dont la plus connue va de Valbonë à Thet, un village de
l’autre côté de la montagne : 8h de marche en aller simple qui attire
chaque année de très nombreux randonneurs. Beaucoup rejoignent Fierze par le
ferry puis une navette jusqu’à l’une des innombrables chambres d’hôte de
Valbonë (à vrai dire il n’y a que ça) A l’arrivée à Thet re-chambre d’hôtes et
retour à Shkodër par le bus. Les agences touristiques proposent en option du
rafting ou du VTT, mais tout ça bien entendu, ce n’est pas en avril… à cette
période nous sommes seuls au monde au milieu des montagnes.



Pour le retour on a
choisi de prendre la route SH22 qui se révèle être, comme la plupart des routes
albanaises étroites, mais en relatif bon état. Celle-ci est particulièrement
sinueuse et nous mettrons plus de 5 heures pour faire les 191 kilomètres qui
nous séparent de Shkodër notre destination finale. Cette route serpente à flanc
de montagnes, laisse apercevoir de minuscules villages en contre bas ou
quelques maison encore plus isolées et dont nous nous demandons comment les
habitants se ravitaillent. Mieux vaut avoir son potager, ses vaches, ses
moutons et savoir faire son pain. Je n’imagine même pas ce que ça doit être
l’hiver avec la neige.
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| On chemine doucement ! |



C’est un plaisir des yeux, mais nous sommes cependant ravis
de rallier Shkodër… la seule vrai ville dans les parages au bord du lac du même
nom. Généralement les touristes y font halte avant de passer la frontière vers
le Monténégro, nous y resterons 48h, le temps pour le Lion de racheter un téléphone
car le sien a décidé de rendre l’âme dans les montagnes. Alors partir à la
découverte d’une ville en cherchant les boutiques de cell phone n’est pas une
mauvaise idée sauf qu’elles sont toutes regroupées autour d’un même pâté de
maison ( ça limite la découverte…). Et pourtant il y en a une bonne dizaine.
Peu importe on les écume les unes après les autres pour voir leur offre avant
de se décider… ce sera un POCO X4 pro ! Vous ne connaissez pas cette
marque ? Et bien nous non plus avant l’Albanie mais le produit nous semble
bien et les 2 jeunes vendeurs sont particulièrement sympas. Pour eux la France c’est Paris, et le
français la langue des amoureux… comme quoi les clichés ont la vie dure ! Notre
promenade continue pour découvrir un centre-ville assez déconcertant avec sa
rue piétonne bordée de cafés et de marchands de « gélatis » et
surtout ses vélos. Il semble que dans cette ville les Scodriens de tout âge
défilent autour de nous sur leurs bicyclettes, les posent où cela les arrange
et ne les attachent que rarement. Jusqu’ici il nous fallait faire attention aux
voitures mais là on va en plus prêter une attention particulière aux 2 roues.
Nous sommes garés derrière le stade, juste à côté du marché au cœur d’un quartier
grouillant de vie, de magasins de balais ou de byreks, de Mercedes fatiguées garées
sous les platanes, mais toujours autant de vélos. Ici en plus des épiceries et
autres Furre Bukë (boulangeries) les habitants viennent vendre sur le trottoir
une partie de leur récolte : Quelques herbes, des courgettes et des sacs
de patates. Comme toujours nous prenons un vrai plaisir à faire nos courses
dans ces conditions. Les fruits et légumes sont succulents en Albanie, sans
doute parce qu’ils ne parcourent pas des centaines de kilomètres ni ne
patientent des semaines dans les frigos des supermarchés. 

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| marché aux chaussures ! |
Shkoder sera aussi notre dernière étape en Albanie car nous
allons prendre la route pour aller passer la frontière avec le Monténégro tout
au nord à Vermosh. L’occasion de suivre une nouvelle « Serpentine
Road » qui comme son nom le laisse deviner navigue entre les
montagnes. Nous enchainons les virages
en épingles à cheveux et les vues plongeante sur le canyon de Cerni. Les
villages se font de plus en plus rares et dépouillés à tel point que nous ne
trouvons pas un seul endroit pour boire un café ou dépenser les quelques Lekë
albanaises que nous avions gardés pour ce dernier jour. Le plus surprenant
c’est que la frontière ne se situe pas au col mais bien de l’autre côté au pied
de la montagne là où se trouvent encore quelques maisons coupées du reste du
pays par ces hauts sommets qui ne doivent pas être franchissables en hiver. De
quoi se sentir vraiment à part… car il est pour eux plus simple d’aller acheter
du pain au Monténégro que dans le plus proche Fure Bukë albanais.


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| vous avez dit Serpentine road ? |
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| Tout le reste du pays est derrière ces montagnes |
C’est là que nous franchirons avec un pincement au cœur la
frontière. L’Albanie et ses habitants nous ont totalement conquis par leur
gentillesse, leur hospitalité et par la facilité à vivre dans ce pays. De la
mer turquoise, aux montagnes enneigées en passant par les terrasses des café
peuplés à toute heure du jour, nous nous y sommes sentis sereins et bienvenus.
Merci à vous les Albanais, ne changez rien, on reviendra !
Bisous à tous !
Whaou moi je veux y aller en Albanie vous m'avez fait envie ! Gros bisous à vous 2 et bonne route
RépondreSupprimerMerci Anonyme ! Mais c'est qui ?
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