mercredi 13 septembre 2023

Des étoiles et des baleines !

 


1200 kilomètres en 14 jours, C’est confirmé nous sommes définitivement des adeptes du slow travel. Pas trop vite, pas trop loin… 2 jours dans le Parc National du Grand Karoo, avec le secret espoir de croiser un lion ou une lionne, mais sans succès. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir arpenté les pistes de 7h30 le matin à 17h le soir, jusqu’à en (re)casser la galerie. Ben oui, les points de soudures et le bricolage du Lion (le mien pas ceux du Grand Karoo) n’ont pas résisté à la tôle ondulée et aux nids d’autruche. Un calvaire pour le dos et les suspensions du camion. 






Au final de notre traque, quelques springboks, deux ou 3 Gemboks, quelques zèbres, un ou deux Oryx et un long détour de 20 km pour contourner un arbre trop bas qui nous barre la piste. Pffiu !! Dès le lendemain c’est reparti pour la quête du carrossier (le fameux panel Beater) de Beaufort West car impossible de continuer sans risquer d’arracher la galerie et donc le toit du camion. Dans notre malheur on a de la chance on trouve la perle rare qui va nous faire une super soudure MIG en moins de temps qu’il nous faut pour souffler. 




A 3m4 c'est sur on ne passe pas !

Les pros de la soudure !

Quand le Lion a faim, c'est au Hungry Lion qu'il s'arrête.

C’est reparti pour se mettre la tête dans les étoiles à Sutherland. Une petite ville (moins de 3000 habitants) perdue dans le désert du Kalahari à 1550 m d’altitude mais réputée dans tout le pays pour son magnifique ciel, sa voie lactée et pour être aussi le coin le plus froid du pays. C’est d’ailleurs là que se trouve le SALT (Southern African Largest Telescope), un énorme dome constitué de 91 miroirs hexagonaux de 1m. Nous, on se contentera du télescope 14’’ de Jurg au Sterland Gazering camping. Jurg est passionné d’astronomie et nous fera partager sa passion pendant presque 1heure 30, il nous fera découvrir des constellations invisibles dans l’Hémisphère Nord, nous apprendra à trouver le sud « réel » grâce à la constellation de la Croix du Sud, nous montrera Saturne et ses anneaux, on repèrera aussi la constellation du Scorpion et d’autres merveilles de la nature bien emmitouflés dans nos anoraks avec gants et bonnet. Vous ne verrez pas de photos de ce ciel magique traversé par la voie lactée si lumineuse, tel un arc en ciel nocturne. Il nous est impossible de rendre hommage à tant de beauté avec nos appareils sans pied. Un moment unique, qui clôture notre traversée du Grand Karoo. 

1er BBQ, des cotes d'agneau du Karoo.

Le SALT

Peu de risque de pollution lumineuse ici.

Direction le sud maintenant et plus précisément le Cap des Aiguilles (Agulhas cape). C’est le point le plus au sud du continent africain et c’est aussi là ligne de séparation entre Océan Indien et Océan Atlantique. Tout un symbole… C’est aussi là que nous verrons notre première baleine. Mais comme il ne se passe pas une journée sans quelques rebondissements, en route nous croisons un camion qui projette un (gros) caillou et bang ! Un pare-brise… un !  Après le carrossier nous voilà à la recherche d’un pare-brise. Premier réflex, contacter Iveco Cape Town qui ne possède pas de pare-brise mais nous propose d’en faire venir un de Johannesburg pour la modique somme de 20 000 ZAR ( ~1000€) et un délai de 8 jours. Mais comme je raconte notre malheur à un « ami » virtuel de FB résident à Johanneburg, il entreprend de nous aider et se lance dans des recherches de son côté. Une option se fait jour à Hermanus (ça tombe bien c’est notre destination suivante) avec un Car Glass local qui fait un devis à 6500 ZAR (on est déjà au tiers du prix) mais au final quand on arrive ça ne marchera pas. Il n’a pas le pare-brise et contacte Iveco pour le trouver, lequel lui répond qu’il n’y en a pas et qu’il faut l’importer. Délai 3 semaines. Ben voyons… 


Du côté de Montagu, on commence a découvrir les vignobles



Argh... un pare-brise brisé

Le phare du Cap des aiguilles

Entre les 2 mon coeur balance




Sur la côte il n'y a pas que de jolis maisons: il y a aussi des townships


On a toujours la solution Iveco officiel et Bo (mon ami sudafricain) reprend ses investigations. Pendant ce temps on va se poser à Hermanus, le haut lieu de rassemblement des baleines qui viennent dans ces eaux calmes pour mettre bas et prendre soin de leurs petits (enfin tout est relatif) en attendant de reprendre la direction de l’Antarctique au printemps. Cette année est exceptionnelle, plus de 1000 spécimens ont été recensés sur moins de 200 km de côte. Ce sont des Southern Right Baleines, de gentils monstres de 18m de long et de près de 40 tonnes, qui se nourrissent en Antarctique de près de 1,5 tonnes par jour de planctons et autre crevettes durant tout l’été et qui vont quasiment jeuner et allaiter leurs petits (entre 4 et 6m de long à la naissance quand même) en hiver. La gestation dure 12 mois, donc elles se reproduisent et viennent mettre au monde leur petit au même endroit à 1 an d’écart.

La baie d'Hermanus


Alors eux, on ne connait pas leur noms mais ils sont partout et pas sauvages

Grotto Beach, là où nous étions posés


Comme elles sont protégées et qu’elles sont largement visibles depuis la côte vue qu’elles sont très près, elles ne sont pas dérangées par les bateaux et les touristes. On a passé des heures à les regarder barboter à la limite de la surface, recracher leur souffle en forme de V (le jet peut atteindre plus de 3m de haut), plonger et se prélasser. Elles ne sont pas très actives vu qu’elles sont toutes accompagnées de leur progéniture mais nous sommes nombreux à arpenter la corniche pour guetter leurs faits et gestes avec appareils photo et jumelles. On entend à intervalle réguliers la clameur des curieux quand ils en repèrent une qui plonge en nous montrant sa grande queue ou une autre qui part en sautant hors de l’eau. La ville est par ailleurs super agréable, il y a des bars avec de larges terrasses, une bonne boulangerie, une immense plage au bord de laquelle nous avons posé la Citrouille et une micro brasserie qui fait de la bonne bière, de super pizzas et qui retransmet l’intégrale de la Coupe du Monde de Rugby. Que demander de plus ? On est bien. 




Prêts pour France Nouvelles Zelande...

On va donc y rester 5 jours… jusqu’à ce que notre ami Bo nous dise qu’il a trouver un autre Car Glass local à Cape Town qui aurait notre pare-brise. Après quelques échanges on convient d’y aller des le lundi matin pour vérifier que c’est la bonne pièce. Je dois avouer que c’est avec un pincement au cœur que nous levons le camp. Mais heureusement c’est pour la bonne cause puisqu’en arrivant on constate que oui le pare-brique (heuu brise) que Bo a réservé est le bon et qu’en plus inutile de revenir pour le monter, ils peuvent le faire sur le champ. Et ce sera fait par une femme autour de la soixantaine accompagnée de son fils en moins de 2 heures. En fait BSG Auto Glass est un fabricant… donc ce n’est pas de la pièce d’origine mais jusqu’ici tout va bien surtout quand on nous présente la facture 2200 ZAR (150€) soit plus de 10 fois moins cher que chez Iveco (main d’œuvre comprise). Merci Bo, de nous avoir trouver cette pépite !



Tout va mieux avec un pare-brise neuf et on reprend la route sereinement vers le Cap de Bonne Espérance. S’il n’est pas le point le plus au sud du Continent africain il a une haute portée symbolique car en le contournant on ne navigue plus vers le Sud mais vers l’Orient et c’était un point super important pour les portugais qui régnaient en maître sur le commerce maritime au XV siècle. Aujourd’hui ce Parc National est un haut lieu touristique si l’on en croit le nombre de bus et de véhicules de sur la route. Comme nous arrivons pendant le load-shedding le funiculaire qui permet d’accéder au phare ne fonctionne pas. Ce sera donc l’occasion d’une belle montée…sous le soleil ! Et comme le monde est petit sur le parking nous nous faisons accoster par un jeune français marocain supporter de l’OM ( eh oui nous sommes immatriculer 13) qui nous racontera sa passion pour l’Afrique du Sud.


Les pingouins de boulders beach


On ne sait jamais...

C'est bien connu !



On y est !

L'envers du décors: la queue pour le selfie devant la plaque du Cap




Les seals du Cap : restez groupé !

Voilà nous sommes donc au point le plus au sud de notre périple posés au bord de la plage de Scarborough, où nous discutons avec plein de locaux curieux de nous voir là et qui viennent promener leur chien, ou admirer le magnifique coucher de soleil.


Demain on devrait remonter sur Cape Town la ville et par la suite entamer la dernière partie de notre périple sudafricain vers la Namibie. Nos 90 jours en Afrique du sud arrivent à leur fin le 19 octobre… va falloir qu’on accélère un peu.


Bisous les P’tits loups !

7 commentaires:

  1. Trop bien les baleines 😍 et tout le reste aussi.
    Au cap de bonne espérance et au cap nord, c'est la même foule pour le selfie... Dernière terre avant le pôle !

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  2. Ah ben Hermanus j'aime bcp aussi🤩, du coup ça reste pour l'instant mon étape préféré de ce que tu ns a montré jusqu'à présent 😁 les baleines juste waouh 💙...Bisous à vous deux et léchouilles de Dondon🐾😘
    PS: les petits mammifères ds les rochers sont des Daman du Cap ou Daman des rochers (merci Google Lens)😉

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  3. Merci pour récit si joliment imagé et cette parenthèse dépaysante très appréciée depuis les Corbières (qui peuvent être aussi très dépaysantes!).
    Que les dieux de la route vous protègent! ;)
    Des bisous, Martine

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  4. Merci Capitaine pour votre capacité de rédaction et gardeez le cap !

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  5. l'anonyme c'était Cargol ;-)

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  6. Continuez comme ça ! C'est vraiment beau et la lecture de vos histoire nous évade. Fin octobre on va aller faire un peu de sable en Tunisie. Bises à tous les 2 !

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  7. Nous vous avons croisé à Sesriem au changement de roue ... bonne route à vous et profitez bien et prenez soin de vous...
    Nous sommes de Cuges les Pins
    https://instagram.com/rglidr?igshid=OGQ5ZDc2ODk2ZA==

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